Le combat pour en finir avec la dictature de Bachar al-Assad est totalement légitime

jeudi 3 octobre 2013
par  HB
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Émancipation porte à la connaissance des collègues les positions défendues dans les instances syndicales sur la question syrienne.

La motion ci-dessous, défendue lors du Conseil National de la FSU des 24 et 25 septembre 2013 est la position la position d’Émancipation sur la Syrie, adoptée lors du Collège national des 21-22 septembre.

Intervention au Conseil national de la FSU  :

Ce CDFN se tient alors qu’en Syrie l’armée d’Assad continue à bombarder les villages, les quartiers, à Damas et dans d’autres villes.

La responsabilité de ce CDFN de la FSU, c’est de dire et d’affirmer que cette insurrection est légitime, que le combat du peuple syrien pour en finir avec la dictature de Bachar el-Assad est totalement légitime depuis le début.

Cette insurrection se trouve confrontée depuis le début à une répression policière et militaire d’une brutalité inouïe : la situation, ce n’est pas seulement les armes chimiques, c’est le meurtre systématique de la population civile.

Depuis 30 mois, cette résistance est restée isolée, abandonnée par le mouvement ouvrier, par le mouvement syndical, alors même qu’elle se trouve confrontée à la politique de différents impérialismes :
- d’un côté l’impérialisme russe soutien et arme encore aujourd’hui le régime de Bachar el-Assad ;
- de l’autre, les impérialismes américains et français notamment, proposent aux insurgés de négocier pour un plan de règlement politique ce qui revient à demander aux insurgés de négocier avec leurs bourreaux. Et si des bombardements sont envisagés, ce n’est pas pour chasser Bachar el-Assad, mais pour obtenir les négociations qu’ils exigent ;
- à cela s’ajoutent les manœuvres du Qatar et de l’Arabie Saoudite qui équipent des groupes ultra réactionnaires lesquels frappent dans le dos des insurgés davantage qu’ils ne luttent contre Bachar el-Assad.

Cette situation est le produit de l’isolement dans lequel est laissée depuis des mois l’insurrection syrienne.

La FSU doit condamner avec force toutes les formes d’intervention, aussi bien des bombardements que les pressions politiques exercées sur les insurgés.

Elle doit condamne les interventions de toutes les forces impérialisme, aussi bien celles de la Russie que de la France et des États-Unis ou d’autres.

Elle doit affirmer sa solidarité avec la revendication principale des insurgés d’en finir avec le régime de Bachar el Assad.

Elle doit affirmer légitime la demande des insurgés d’obtenir non pas des bombardements, mais une aide matérielle (argent soutien médical, etc) nécessaire à leur résistance.

Et par conséquent, elle doit prendre contact avec les forces laïques qui luttent en Syrie, engager une campagne de solidarité avec les insurgés et contre toutes les formes d’intervention impérialiste.


NB. La motion d’Émancipation ci-dessous n’a pas été adoptée. La direction Unité et action / École Émancipée a opposé à ce texte une position qui refuse un clair soutien à l’insurrection syrienne, à sa revendication légitime : en finir avec le régime d’Assad).

Émancipation continuera à défendre ces positions dans le syndicat et partout où cela est possible.

Motion Émancipation sur la Syrie

La FSU réaffirme que le combat mené par le peuple syrien pour en finir avec la dictature sanguinaire de Bachar el Assad est totalement légitime : la chute de ce régime est une condition pour le retour à la paix. Cette insurrection s’est développée dans le mouvement des « révolutions arabes », où les peuples se sont mobilisés contre les dictatures, pour la dignité, la démocratie, la justice sociale, contre les dictatures, la corruption et la répression.

Les interventions des principales puissances impérialistes impliquées (Etats-Unis, Russie, France…) et de leurs satellites comme l’Arabie saoudite ou le Qatar (des Etats capitalistes, féodaux, patriarcaux et esclavagistes) n’ont pas pour but de défendre les droits et la souveraineté du peuple syrien, mais de faire progresser leurs propres intérêts et les intérêts de classe du capitalisme qui n’ont rien à voir avec les aspirations portées par les révolutions arabes, dont ces puissances voudraient bien tourner la page.

Elles préfèrent toutes le maintien d’une dictature, avec Bachar el Assad ou avec des forces religieuses, plutôt qu’une révolution qu’elles ne contrôleraient pas.

La FSU s’oppose à toute intervention militaire – avec ou sans mandat de l’ONU -, notamment celle du gouvernement français. Elle s’oppose également à toutes les formes d’intervention et de pression qui visent à imposer aux insurgés un accord politique avec le régime au pouvoir, ce dont les insurgés, aujourd’hui, ne veulent pas. Elle dénonce aussi l’hypocrite accord sur les armes chimiques conclu entre les Etats-Unis et la Russie, présenté par les medias comme un grand pas alors qu’il s’accommode de la poursuite d’une guerre sanglante - avec ou sans armes chimiques - et fait l’impasse sur l’utilisation des armes dites « non conventionnelles » par ces puissances dès qu’elles défendent leurs intérêts par la guerre (comme en Irak, en Tchétchénie, ou récemment par l’impérialisme français au Mali).

L’Etat français, grand marchand d’armes et ancienne puissance coloniale y compris en Syrie, se targue de défendre la démocratie alors même qu’il poursuit une politique impérialiste et néo-coloniale particulièrement en Afrique (souvenons-nous des complicités françaises dans le génocide rwandais), qu’il ferme sa porte aux réfugiés syriens, qu’il maintient une xénophobie d’Etat contre les immigrés…

la FSU n’est pas dupe du discours gouvernemental qui vise surtout à organiser une union sacrée pour mieux éviter les contestations de sa politique. En conséquence la FSU se prononce pour une réponse syndicale, ce qui ne signifie aucunement soutenir l’hypocrisie russo-américaine couverte ou pas par l’ONU et soutenue par Hollande, mais un réel soutien politique du mouvement syndical et ouvrier international direct aux forces laïques et démocratiques qui luttent en Syrie :

  • en prenant contact avec elles pour examiner quelles actions de solidarité seraient possibles
  • en engageant sans attendre une campagne de solidarité avec les insurgés, et contre toutes les formes d’interventions impérialistes.

Une motion du même type a été défendue à la CA académique du SNES de Lyon, le 5 septembre 2013 :

Motion : La CA du SNES se prononce contre toute intervention militaire impérialiste en Syrie. Elle se prononce également contre les pressions impérialistes visant à imposer au peuple syrien des choix dont il ne veut pas, en particulier un dialogue avec son bourreau Bachar el Assad.

La CA réaffirme que le combat mené par le peuple syrien pour en finir avec la dictature de Bachar el Assad est totalement légitime. La poursuite des massacres de masse depuis plus de deux ans, la place (relative) acquise par des groupes armés obscurantistes sont corrélatives à l’isolement dans lequel le mouvement ouvrier international, en France notamment, a abandonné la résistance du peuple syrien.

Le mouvement ouvrier ne peut rester inactif face aux appels répétés des insurgés non à des bombardements mais à une aide sous toutes ses formes. Pour la CA du SNES, une mesure élémentaire consiste à impulser une campagne unitaire pour organiser un soutien financier à cette mobilisation populaire et à ses nombreux comités de résistance locaux.

La CA se prononce pour l’accueil sur le territoire français de tous les réfugiés syriens qui en font la demande.

La direction académique U&A a voté contre ce texte ; l’École Émancipée ne l’a pas voté.