Unité contre la mise en place de la rentrée Peillon : rupture des concertations, défense des revendications !

vendredi 17 mai 2013
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Les décrets et circulaires publiés par le gouvernement anticipent sur le vote des lois Peillon et Fioraso et de la loi de décentralisation. Ainsi, la circulaire du 4/04/2013 prépare la rentrée 2013. Loin d’annuler les lois et mesures Sarkozy-UMP, ces textes se situent dans la continuité de l’offensive menée depuis des années contre l’Enseignement public, les personnels, le droit aux études.

Des résistances paralysées

Les lois Peillon, Fioraso et de décentralisation – de même que la loi dite de “sécurisation de l’emploi”- ont été préparées par le dialogue social. La “conférence sociale” de juillet en donnait l’axe général:le “redressement productif”. Parmi “les objectifs partagés” (sic) : soumission de “la formation initiale et continue” (redéfinie en termes de “compétences”) aux besoins des entreprises, adaptation “en permanence des compétences aux besoins de "l’emploi" (du patronat).

Après des mois de “concertations” avec Peillon, Fioraso, etc, ce “dialogue social” associe maintenant les directions syndicales à la mise en œuvre de ces lois. Ainsi, alors que des AG se tiennent à l’université contre le projet Fioraso, les directions syndicales participent aux concertations sur les référentiels de compétences professionnelles, les maquettes des concours, les Écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) et les masters “Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation” (MEEF). Alors qu’enseignants et parents se sont mobilisés contre le décret sur les rythmes scolaires, syndicats et associations (collectif des associations partenaires de l’école publique, CAPE) participent au comité de suivi de “mise en place de la réforme”.

Chaque décret et circulaire se fondent "sur les principes de la loi Peillon" et "les grandes orientations de la loi Fioraso"et donne lieu à "concertation". Toutes les directions syndicales participent d’une façon ou d’une autre. Le gouvernement peut ainsi tranquillement publier et faire appliquer ses textes avant même la promulgation des lois ! Et maintenant, avec la même méthode, pour s’attaquer aux retraites, le gouvernement prépare une 2è conférence sociale des 20 et 21 juin.

Rupture des concertations, défense des revendications

Le rôle du syndicat n’est pas de collaborer à la mise en œuvre d’un programme gouvernemental au service du MEDEF. La défense des revendications implique de rompre avec toutes les structures de “dialogue social”, de boycotter cette nouvelle conférence de juin et de réaliser l’unité sur les revendications. Dans l’Enseignement, ces revendications sont claires :
- le droit à un enseignement disciplinaire de qualité et gratuit débouchant sur un diplôme national, droit à la formation professionnelle initiale conduisant à une qualification, droit (et non devoir) à la formation continue payées par l’employeur.
- la défense des acquis statutaires, des qualifications garanties par les conventions et statuts collectifs.
- l’abrogation du LPC, de tous les “référentiels de compétences”, de tous les textes organisant la soumission des élèves, des étudiants et des personnels aux besoins du patronat.

Retrait de la circulaire de rentrée, abrogation du décret sur les rythmes, retrait du projet de loi Peillon, des projets Fioraso et de décentralisation.

Combattre pour l’unité sur cette orientation, c’est créer les conditions de la mobilisation d’ensemble nécessaire pour arracher les revendications.

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“Titulaires” de plus en plus précaires, dès la rentrée



Qu’en est-il du recrutement et de la “formation” de nouveaux profs ?

- session 2013 : les admis seront stagiaires avec un service de 12-15h dans les classes.

- session 2014 : les 18 000 admissibles en juin 2013 enseigneront comme contractuels pour 854€ brut(service de 6 heures en second degré, de 3 demi-journées en primaire) et prépareront un M2 et l’oral du concours en juin 2014 !

- EAP, emplois d’avenir : 18000 étudiants sous contrat privé (service de 9 heures pour 402€/mois, cumulable avec la bourse) ! Pour “accueillir” tous les contractuels et les stagiaires, des milliers de postes sont bloqués !

Cela aura un impact sur tous les services : services modifiés et compléments de services imposés aux titulaires en poste en septembre ; affectations fin août des TZR sur des postes plus éloignés (les résultats de l’admissibilité seront publiés en août).

Nouvelle “concertation” ?

Ou défense du bac ?

Alors que le ministre annonce une nouvelle concertation sur le lycée,

- l’offensive contre le bac se poursuit : épreuves disparates, organisation locale... Avec l’individualisation des “parcours”, la redéfinition annoncée du bac en compétences conduira à des bacs locaux/maison.
- en bac pro (déjà en CCF), la diminution de 25% des heures de formation aboutit à la baisse des résultats. Et les IPR sont diligentés sur le terrain pour contraindre les profs à évaluer autrement sous couvert de “simplification des modalités de certification” (sic).

Assez de “concertations”, une seule exigence : rétablissement des épreuves disciplinaires, les même pour tous, en examen national terminal.

“Rénover” le premier degré


La circulaire sur les maternelles “réforme” la scolarité des 2-3 ans dès la rentrée : un “partenariat avec la mairie” offrira "du temps scolaire (sic) dans les dispositifs conçus localement", le projet d’école sera adapté aux “ressources locales”. Des postes à profil, un temps scolaire variable “défini de façon locale”, et l’implantation de classes hors d’une école sont prévus. Et aucune norme précise d’effectif, ni d’encadrement sont définis. Cela amorce la “réforme” de toute la maternelle annoncée pour 2014, ouvre la voie à la municipalisation… et favorise les écoles privées !

La réforme des rythmes permet d’imposer les projets territoriaux (PEDT), confondant, au nom d’un “parcours éducatif cohérent”, temps scolaire et temps périscolaire (et donc enseignement et animation). Cela annonce le désengagement de l’État au profit des collectivités territoriales, voire de “partenaires divers”. Les nouveaux moyens doivent servir à adapter les “pratiques professionnelles” et la “pédagogique” au “socle.

Conseils écoles-collège


Dès la rentrée les “conseils écoles-collège” sont mis en place : la création de postes spécifiques CM2-6è annonce la casse du statut (PE, certifié).

Et le ministre annonce la partition du temps scolaire des collégiens : un tronc commun, des enseignements complémentaires différenciés et des “activités” de renforcement (soutien tutorat, aide personnalisée, non comptabilisées comme une heure de cours).

Le “socle” doit devenir “le principe organisateur de l’enseignement obligatoire” (loi Peillon). Programmes, évaluations, DNB (et le bac) seront redéfinis par compétences. D’où le rôle du LPC “rénové”.

“Métiers du professorat” et compétences …

La circulaire de rentrée donne priorité aux ESPE ; elle se réfère aux “métiers du professorat” et nie le statut de PE, certifiés, agrégés...

Ces “métiers” sont définis par deux référentiels (“personnels” et “métiers du professorat”) qui listent plus de cent compétences : transmettre l’idéal laïque et républicain, respecter et faire respecter le règlement intérieur, identifier les comportements à risque, partager une culture commune incluant le socle, prendre part à l’élaboration du projet d’établissement, à des démarches d’innovation pédagogique, collaborer avec les partenaires de l’école, connaitre le marché du travail, utiliser les ressources numériques, etc. Ces référentiels s’appliqueront à tous les titulaires.

Les maquettes des nouveaux concours vont en ce sens:les connaissances disciplinaires sont marginalisées au profit des “compétences professionnelles” à acquérir au “cours du parcours universitaire” ! (sic). La circulaire de rentrée indique que “l’ensemble des équipes pédagogiques” doit se mobiliser pour “accueillir” les EAP et tous les “futurs professeurs”.

…pour casser le métier et le statut

Dans la continuité de Sarkozy, c’est le management qui devrait s’imposer à l’école :évaluation des compétences, rémunération de la performance, etc. La soumission des enseignants aux “projets d’établissements”, aux “projets territoriaux” aux collectivités territoriales est déjà clairement affirmée dans la circulaire interministérielle sur les parcours artistiques. Tout cela prépare la mise en cause des garanties statutaires : la “révision” des décrets de 1950 est annoncée pour l’automne 2013.

Morale laïque



Préparant l’enseignement de morale laïque évaluée au bac, la circulaire de rentrée veut une “école lieu de vie”. Le rapport pour un “enseignement laïque de la morale” (21/04) annonce, dès 2014, des modules et un référentiel de compétences interdisciplinaires : “compétences interrelationnelles” (ex:capacité à “résoudre les conflits”), “compétences de type procédural” (“prendre un peu du recul” !) ; “compétences d’interprétation” (“faire servir sa sensibilité à l’intelligence du texte”)...

Autant d’exemples qui attestent de l’entreprise de formatage de la jeunesse et des enseignants alors que s’approfondissent les atteintes à la laïcité : nouveaux fonds publics aux écoles privées (maternelles), épreuves de bac dans des locaux privés “ornés” de crucifix. Sans compter l’intervention des entreprises privées dans les établissements avec la mise en place du nouveau service d’orientation…


Documents joints

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