Congrès FSU du Rhône 22-23 janvier 2013

vendredi 25 janvier 2013
par  HB
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Le congrès FSU du Rhône s’est tenu les 22 et 23 janvier 2013. Une soixantaine de participants (six collègues dans la délégation Émancipation).

Ce congrès se tenait alors qu’à Paris, la mobilisation contre le décret sur les rythmes scolaires était massive. Mais pour la direction UetA (de même que l’EE) le mot “retrait” est tabou. Pas question de demander le "retrait" du décret sur les rythmes (ni des projets de lois Peillon, Fioraso et de décentralisation). Pas question non plus de combattre pour “l’abrogation” des lois UMP. Une responsable UA déclarait : “nous préférons rester dans la concertation, nous ne sommes pas contre ce projet [sur les rythmes scolaires], mais pour un report”.

Nos arguments sont souvent restés sans réponses de la part de la direction UetA, alors que nos interventions centrées sur la défense des revendications étaient écoutées.

Nous publions l’intervention générale d’Émancipation, et en pièces jointes les amendements et motions présentés.

Intervention d’Émancipation introductive aux débats du congrès

La défaite de Sarkozy, une défaite en continuité avec les mobilisations antérieures (LRU, retraites…)

Un premier bilan s’impose de notre activité durant la dernière période, en particulier depuis que Sarkozy et l’UMP ont été chassés du pouvoir.

Cette défaite de Sarkozy est importante pour nous parce qu’elle a résulté d’une volonté largement exprimée par les salariés d’en finir avec Sarkozy et sa politique. Il y avait, on s’en souvient, une aspiration profonde à le dégager. Et elle est importante parce qu’elle s’inscrit, sur le terrain électoral, dans la continuité des mobilisations importantes qui ont eu lieu contre les réformes sarkozystes, en particulier à l’université pour l’abrogation de la LRU et, dans tout le pays, par des manifestations gigantesques, contre la réforme des retraites

Il en est résulté l’élection de François Hollande et d’une majorité de députés PS, et la mise en place d’un gouvernement du PS avec les Verts et le PRG .Ce gouvernement Ayrault poursuit, dans ses grandes lignes, la politique menée par Sarkozy. Sa politique vis-à-vis des immigrés sans papiers est emblématique de sa politique d’ensemble.

Contradiction entre le sens d’un vote et la politique de l’actuel gouvernement…

En chassant Sarkozy, ce que la majorité des électeurs, l’immense majorité des salariés a exprimé, c’est la volonté d’en finir avec toutes les mesures et lois réactionnaires décidées par Sarkozy, avec toute la politique de l’UMP. La politique du gouvernement est donc contradictoire avec ce qu’exprime la défaite infligée à Sarkozy.

Mais le problème n’est pas de discuter sur le thème : “il n’y avait rien à attendre du PS, on vous l’avait bien dit…”. Il n’est pas davantage de se lamenter, comme le fait l’École Émancipée dans son intervention, en disant : “il y avait un petit espoir. Le bilan est amer”. D’abord parce que si l’on dit que “le bilan est amer”, c’est qu’il y avait à l’évidence pour l’École Émancipée un grand espoir en la politique de Hollande. Ensuite parce que le programme de Hollande était connu, et qu’il le met en œuvre.

Et, dans leur majorité, les salariés n’attendaient rien ou pas grand-chose de Hollande et du Parti socialiste.

L’attente vis-à-vis des syndicats :

Par contre, les salariés étaient en droit d’attendre autre chose de leurs syndicats. Les directions de ces syndicats, au cours des mobilisations de 2010 notamment, avaient refusé de reprendre à leur compte le mot d’ordre “Sarkozy, dégages !”. Ils avaient considéré qu’il fallait attendre “les échéances électorales”.

Les travailleurs ont donc attendu, et ils ont fait le job : ils ont dégagé Sarkozy en utilisant les élections.

À partir de ce moment là, il appartenait aux directions syndicales de reprendre l’initiative, en commençant par affirmer à l’égard du nouveau gouvernement les revendications fondamentales des salariés, et, pour la FSU, les revendications particulières des personnels de l’enseignement public et de la recherche : l’abrogation de toutes les mesures Sarkozy, à commencer par l’abrogation de la loi d’autonomie des universités, la LRU, l’abrogation de la réforme des retraites, et des mesures élémentaires comme la suppression de base –élève, la suppression du livret de compétences, le rétablissement immédiat de tous les RASED, etc.

Le programme de Hollande était connu : maintien des réformes (LRU, retraites) et développement du dialogue social pour de nouvelles attaques.

Cette nécessité de réagir immédiatement était d’autant plus grande que le programme de François Hollande était parfaitement connu, en particulier sa volonté de maintenir quasi intégralement toutes les réformes antérieures des retraites, la volonté de maintenir la LRU, et sa volonté de préparer de nouvelles lois correspondant aux demandes du patronat et du MEDEF.

De même était connu son projet de développer le dialogue social, avec une grande conférence en juillet, pour préparer sa politique et neutraliser toute résistance des travailleurs. Car le gouvernement pouvait craindre que la défaite de Sarkozy n’ouvre la voie à des mobilisations incontrôlées, au lendemain de l’élection ou au début de l’automne.

Dans ces conditions, la responsabilité de la FSU, en mai juin, était de dire : voilà nos revendications qui sont un préalable à toute discussion. Pas question de discuter sans abroger d’abord la réforme des retraites, sans abroger la LRU, et pas question de toute façon de discuter des projets du patronat. Une telle position de principe aurait été un encouragement aux mobilisations.

Des mois de discussion avec Peillon, Fioraso, le Medef

À l’inverse, toutes les directions syndicales ont oublié les revendications qui avaient été au cœur des mobilisations de 2007 et 2009 contre la LRU, au cœur des mobilisations pour le retrait de la réforme des retraites en 2010. Et toutes, sans exception, ont plongé dans le dialogue social avec le gouvernement consacré des mois entiers à discuter avec les ministres et avec le MEDEF, laissant croire aux salariés qu’ils pouvaient obtenir ainsi de bonnes choses du gouvernement.

On peut faire aujourd’hui un premier bilan : Hollande a fait ce qu’il avait annoncé : la conférence sociale a eu lieu, les concertations ont été incessantes avec Peillon, avec Fioraso, et les confédérations avec le Medef.

Janvier 2013, bilan : projets de loi Peillon, Fioraso

Et en janvier 2013, les premiers résultats sont sur la table : le projet de loi Peillon est prêt, en discussion avec les syndicats avant même d’être présenté au conseil des ministres. Ce projet maintient la politique antérieure et prépare de nouveaux coups contre le droit à un enseignement public et national, et de nouveaux coups contre nos statuts. Il en est de même du décret sur les rythmes scolaires contre lequel se mobilisent aujourd’hui les enseignants du primaire.

Le projet de loi Fioraso est prêt, qui préserve la LRU.

Et l’accord entre plusieurs syndicats avec le patronat débouche sur des attaques brutales contre le code du travail et les contrats en CDI, qu’une loi va conforter.

Tous ont cautionné, qu’ils signent ou non

Et peu importe que certains dirigeants ne signent pas : l’essentiel, pour le gouvernement, était que tous acceptent de discuter, donc de cautionner ce projet. C’est ainsi une victoire offerte sur un plateau au patronat et à Hollande.

De ce point de vue, il faut être attentif aux explications que vient de donner Bruno Julliard dans une interview à l’Express . On se souvient que Bruno Julliard avait joué un rôle décisif, comme dirigeant de l’Unef, pour aider Sarkozy, en juillet 2007, à faire passer la réforme des universités qui instaure l’autonomie. Depuis la mise en place du nouveau gouvernement, il était un conseiller dans le cabinet de Vincent Peillon, dont il vient de démissionner pour poursuivre ailleurs sa petite carrière. Mais dans cette interview, outre le mépris qu’il exprime pour les enseignants et leurs syndicats, dénonçant avec hargne leur “corporatisme”, il exprime clairement le rôle attribué à la concertation et au dialogue social : faire cautionner par les syndicats et faire adopter par l’opinion publique des réformes qui étaient de toutes façons déjà décidées : “Quand Vincent m’a proposé d’entrer dans son cabinet, nous savions déjà ce que nous voulions mettre dans la loi, mais la consultation de l’été a beaucoup servi à asseoir dans l’opinion l’intérêt de certaines réformes, sur les rythmes, la formation des enseignants, le premier degré notamment. Il s’agissait de pousser au maximum notre avantage sur certains sujets”.

On le voit, l’enjeu était pour lui que se tiennent de telles réunions. Et en ce qui concerne l’emploi, l’essentiel était que toutes les confédérations participent au dialogue avec le Medef.

Vers une nouvelle conférence, et la prochaine réforme des retraites

Et Hollande est tellement content qu’il vient aussitôt d’annoncer deux choses : une nouvelle grande conférence sociale pour préparer la suite des réformes, et une nouvelle réforme des retraite. L’objectif fixé par le Conseil d’orientation des retraites vient d’ailleurs d’être annoncé par cet organe de dialogue social : une nouvelle “économie” de 20 milliards d’euros au détriment des retraités..?

Pour préparer une réelle action de masse : des revendications claires et le refus du dialogue social

Dans ces conditions, la nécessité d’une véritable action se pose : une mobilisation de l’ampleur de celles qui ont eu lieu contre la LRU ou contre le CPE en 2006. Mais Il ne s’agit pas pour le syndicat d’attendre qui survienne une mobilisation spontanée, sinon à quoi servirait le syndicat ? Il s’agit aux contraires de préparer de telles mobilisations. Et pour cela, il y a deux conditions immédiates assez simple à réaliser. La première est de mettre en avant de mots d’ordre clairs. Par exemple, le projet de loi de Peillon est maintenant connu. Il faut le caractériser. Si on explique, comme l’a fait le rapport introductif présenté par Unité et action, que “la loi sur l’écolereste en de ça de ce qui est nécessaire”, on dissimule le fait que ce projet est une véritable machine de guerre contre l’école et les personnels, et l’on décourage les collègues de se mobiliser contre ce projet réactionnaire. Il faut donc le caractériser comme tel, expliquer tous ses dangers, et en exiger le retrait.

De même pour le projet Fioraso concernant l’université, qui maintient la LRU et l’autonomie ; ce projet ne le corrige qu’à la marge, mais accentue au contraire l’emprise des patrons sur l’université. Cela implique d’exiger son retrait pur et simple, et l’abrogation de la LRU.

Sur cette base, il n’y a donc rien à discuter. C’est la seconde condition : ce projets ne sont ni négociables ni amendables, ils doivent être retirés.

Il en est de même pour toutes les réformes de Sarkozy, toujours en place. Dont par exemple les fichiers base élève et le livret de compétences. Il faut donc cesser immédiatement la politique du dialogue social. On, ne “dialogue” pas sur la base des plans destructeurs, on ne négocie pas un projet de loi réactionnaire, ce qui n’est pas pareil que de négocier sur la base exclusives de nos revendications, si de puissantes mobilisations se développent.

Une dernière remarque. Il est juste, comme vient de l’expliquer l’École Émancipée, qu’il faut inscrire notre combat dans une perspective. Mais quelle est la perspective proposée ? On nous répond : “un meilleur partage des richesses”, c’est-à-dire un meilleur partage entre travail et capital.

Mais pourquoi faudrait-il partager avec les patrons ? Les richesses ne sont elles pas crées exclusivement par les salariés ? Au nom de quoi faudrait-il partager ?

Aujourd’hui, si les salariés, par leur salaire, ne récupèrent qu’une partie de la richesse qu’ils ont créée, c’est uniquement pour des raisons de rapport de force. Mais avec le patronat, nous ne sommes pas des partageux... Et notre perspective doit être d’en finir avec le capitalisme et avec le patronat.

Aussi nous proposer, comme perspective, un “meilleur partage” c’est, dans le meilleur des cas, une perspective réformiste.

Ce n’est pas la perspective que propose Émancipation .


Documents joints

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