En défense de l’Enseignement public : abrogation du décret sur les rythmes, retrait du projet de loi Peillon, retrait des projets de loi du Supérieur et de décentralisation

mercredi 30 janvier 2013
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En défense de l’enseignement public :

- abrogation du décret sur les rythmes

- retrait du projet de loi Peillon

- retrait des projets de loi sur le Supérieur et de décentralisation

À la grève historique des enseignants de Paris (90% de grévistes) du 22 janvier et aux rassemblements du 23, jour où était adopté en conseil des ministres le projet de loi d’orientation, Peillon a répondu en publiant son décret sur les rythmes scolaires au journal officiel.

Or ces deux textes, qui sont totalement liés, ne répondent en rien aux revendications des personnels. Ils font partie, avec le projet de loi sur le Supérieur et celui engageant l’acte III de la décentralisation, d’un tout cohérent qui est corrélé à la “Modernisation de l’action publique”. Aucune des “contre-réformes” UMP ne sont abrogées. Et, ce dispositif de “refondation” poursuit la soumission de l’école aux exigences du patronat et l’entreprise de destruction de l’Enseignement public :

- avec la modification des rythmes scolaires qui va se traduire par l’allongeant du temps passé en garderie (et une diminution du taux d’encadrement), quel gain pour les élèves ?
- avec la territorialisation, c’est la casse programmée du cadre national de l’Enseignement public : projet éducatifs territoriaux et contrats d’objectifs tripartites soumettront les établissements aux besoins locaux (ceux du patronat), à une organisation locale (emprise des collectivités territoriales).
- avec le transfert aux régions de la carte des formations professionnelles et technologiques (CAP, Bac pro, BTS…) toutes les formations seront soumises aux besoins du patronat local ; et l’apprentissage sera développé, y compris à l’université.
- avec l’individualisation des parcours, les enseignements “à la carte”, les évaluations locales de “compétences” individuelles, s’annoncent une différentiation des programmes, des diplômes selon les territoires… et l’explosion des grilles de qualifications et de classifications reconnues nationalement dans les conventions collectives et statuts.
- avec la soumission aux besoins de la “compétitivité de l’économie” (sic) de l’école, de l’université, de la recherche, s’annonce une logique de privatisation rampante.
-  avec les nouveaux concours et l’élaboration de référentiels de compétences, se met en place un dispositif de casse de nos métiers et du statut…

Alors que le vote du printemps traduisait l’aspiration à voir abrogées toutes les mesures de l’UMP et de Sarkozy, le nouveau gouvernement s’est appuyé sur le dialogue social auquel les directions syndicales se sont prêtées durant des mois. Il en est résulté une série de lois et de projets de lois qui organisent de nouvelles attaques, entre autres : un accord sur l’emploi qui ne profite qu’au patronat, des projets de loi destructeurs pour l’enseignement (projet Peillon, projet Fioraso…) qui continuent à être discutés avec les syndicats.

Il faut cesser de cautionner, par le dialogue social, des textes réactionnaires décidés par le gouvernement depuis juillet.

Sur cette base, doit être organisée une mobilisation unitaire (et non des actions disloquées) sur des mots d’ordre clairs :

grève et manifestation, dans l’unité, pour imposer le RETRAIT de ces textes, l’abrogation des mesures sarkozystes et la satisfaction des revendications.

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Territorialisation

Ø Lyon, “Métropole d’intérêt européen” : G. Collomb s’est mis d’accord avec M. Mercier pour casser le département du Rhône anticipant l’acte III de décentralisation. Il s’agit non seulement de faire des économies, mais de disloquer un peu plus un certain nombre de services publics.

Ø Activités péri-scolaires payantes. Les nouvelles activités péri-scolaires issues de la réforme des rythmes ne seront pas obligatoires ; leur caractère gratuit ou payant dépendra des collectivités locales. Dans bien des cas, à partir de 15h30, les familles devront récupérer leur enfant ou payer. C’est une brèche inacceptable dans le principe de gratuité de l’école publique, la même pour tous.

Quant au maire de Lyon, il demande que ces activités soient en partie financées par la Caisse d’allocations familiales, c’est à dire par l’argent prévu pour les prestations familiales et/ou par les familles elles-mêmes. À Villeurbanne, la coordination des parents d’élèves FCPE se mobilise contre l’application de cette réforme à la rentrée 2013. Un rassemblement devant la Mairie de Villeurbanne est prévu pour le 6 février.

Casse du statut

Ø Les nouveaux concours et la nouvelle “formation” des enseignants dans les ESPE sont le moyen pour le gouvernement de redéfinir le métier et d’avancer dans la casse du statut.

Ces concours n’auront pas pour but d’évaluer la maîtrise des connaissances disciplinaires nécessaires aux enseignants mais “les aptitudes au métier”. La nature des épreuves est profondément modifiée. Elles devront vérifier les compétences dites “pédagogiques” et “professionnelles” (présenter une situation professionnelle, une “argumentation pédagogique”, des “procédés didactiques”, passer un “entretien professionnel”…). Or, à ce moment là, les candidats n’auront ni expérience, ni véritable formation professionnelle. Ils ne pourront que réciter le discours convenu, attendu. Ces épreuves ressemblent à de véritables entretiens d’embauche (une des épreuves orales portera sur un dossier dont tout ou partie sera fourni par le jury. Ce dossier servira à mener un entretien sur un projet professionnel).

Ø Des référentiels de compétences sont en cours d’élaboration : ils “modifieront en profondeur les modalités de l’évaluation des personnels mais aussi leurs missions” et “l’entretien professionnel” contre lequel le personnels se sont mobilisés l’an dernier “refait surface” (site du SNES). Voilà un autre sujet de “concertation” que Peillon mène avec les directions syndicales…

Quelques aspects du projet de loi sur l’Enseignement supérieur

L’Enseignement supérieur devra “prendre en compte les besoins des secteurs économiques”, contribuer à “la compétitivité de l’économie”, à “l’attractivité du territoire national”. La mise en œuvre de schémas régionaux d’enseignement supérieur et de recherche soumettra davantage les établissements du Supérieur aux exécutifs régionaux et aux entreprises.

Le texte prévoit le regroupement d’universités publiques et privées au sein de “communautés d’universités”. Une procédure d’accréditation permettrait d’autoriser les universités privées à délivrer des diplômes nationaux. On accentue ainsi les atteintes à l’indépendance scientifique et au monopole des universités publiques dans la collation des grades et titres universitaires.

Enfin, par le biais de “conventions” aux contenus et aux modalités “locales”, le projet veut favoriser de véritables partenariats lycées-universités. Cela ouvre la porte à la balkanisation des STS et des classes prépa (dont les horaires, les programmes, les examens ou concours sont nationaux de même que les mutations des enseignants) et à la mutualisation d’enseignements. Au lieu d’aligner les moyens attribués aux universités (financiers, taux d’encadrement, gratuité) sur ceux des STS, des classes prépa, on cherche de nouvelles économies tout en confortant les filières sélectives qui se développent à l’université.


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