Mali : pour en finir avec le néo-colonialisme

jeudi 24 janvier 2013
par  HB
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Lors du congrès départemental de la FSU du Rhône (22 et 23 janvier 2013), les militants d’Émancipation ont défendu la motion suivante :

La situation à laquelle est confrontée la population du Mali – misère croissante, corruption et décomposition de l’appareil d’État, coups d’États et interventions de bandes armées dites “djihadistes” - est le produit inévitable du néo colonialisme, de la tutelle économique, politique et militaire exercée par l’impérialisme français sur le Mali et sur les pays de cette région.

Le but fondamental de l’intervention de l’armée française décidée par François Hollande n’est pas d’assurer la défense des droits démocratiques des Maliens en particulier, des Africains en général, et n’est pas plus de leur permettre de sortir de la misère. Il suffit de rappeler que le gouvernement français, comme tous ses prédécesseurs, apporte son soutien aux régimes les plus dictatoriaux de la région, et exige la mise en œuvre de politiques visant au remboursement des dettes que ces pays ont dû contracter auprès des banques et institutions financières impérialistes. De même faut-il rappeler que, en France, les travailleurs sans papiers issus du Mali et des pays alentour continuent à être l’objet d’arrestations et d’expulsions, et que l’actuel gouvernement ne remet pas en cause les accords bilatéraux imposés à la plupart des gouvernements de cette région visant à criminaliser ceux de leurs habitants qui cherchent à venir en France sans avoir obtenu de visa (sur ce point, les gouvernements successifs du Mali avaient au moins refusé un tel accord).

Le but fondamental de cette nouvelle intervention armée, comme les dizaines qui ont eu lieu dans le passé, est de préserver un ordre impérialiste issu de la période coloniale, et à préserver l’activité des groupes économiques français (banques, transports et télécommunications, mines, etc) qui pillent les peuples d’Afrique et leurs ressources naturelles.
De ce point de vue, cette intervention doit être qualifiée d’intervention militaire impérialiste et doit être condamnée.

Mais l’on comprend aussi que, dans un premier temps au moins, un partie plus ou moins grande de la population malienne ne se mobilise pas contre cette intervention militaire, voire s’en satisfasse, avec l’espoir – et l’illusion – que cette opération militaire leur permette d’échapper à la terreur moyenâgeuse exercée par les groupes armés “djihadistes” déjà installés au nord du Mali. entre le pire et le moins pire, il est compréhensible que l’on puisse préférer le moins pire. En même temps, cette intervention militaire ne mettra fin ni à la misère, ni au brigandage organisé par l’armée et l’État malien. Elle permettra tout au plus de maintenir en l’état l’emprise de l’impérialisme français sur le pays.

Dans ces conditions, l’exigence du retrait des troupes françaises n’a de sens que si l’on exige en même temps que soit mis fin à toutes les formes, économiques et politiques, d’intervention impérialistes. Cela implique, pour les organisations syndicales française, et donc pour la FSU, qu’elles fassent leurs les exigences suivantes : annulation de la dette du Mali (et des pays soumis à l’impérialisme), régularisation immédiate de tous les sans papiers dont, bien sûr, les sans papiers d’origine malienne, liberté générale de circulation et dénonciation des accords (migratoires, militaires, etc.) imposés, reconnaissance du droit fondamental des Maliens comme de tous les peuples de cette région à s’approprier ou se réapproprier l’ensemble des entreprises contrôlées par l’impérialisme français.