Lille : régularisation de tous les sans papiers

lundi 14 janvier 2013
par  HB
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Compte-rendu de la CA académique du SNES (9 janvier 2013), suite

À Lille, depuis le 2 novembre, à l’appel du Comité de Sans Papiers (CSP 59), les grévistes de la faim, exigent la régularisation. Ils demandent un soutien et notre CA doit y répondre positivement.

D’autant plus qu’à Lyon, dans nos classes, nombre d’élèves continuent à vivre dans la peur. À la veille des vacances de Noël, au LP de Saint-Priest, enseignants et lycéens se sont mobilisés en défense d’André, élève en classe de CAP. À cette heure, une délégation est reçue à la préfecture. Accusé, sur la base de tests osseux, par le Procureur, le Conseil général du Rhône d’avoir menti sur son âge pour“profiter” de la protection que doit accorder le Conseil Général à tous les mineurs isolés, André a été condamné, comme un criminel, à deux mois de prison et à 3 ans d’interdiction de territoire pour usage de faux… D’autres jeunes, comme lui dorment encore en prison (à Corbas ou ailleurs), victimes de ces tests osseux (pourtant dénoncés par les milieux scientifiques pour leur manque de fiabilité) et victimes des lois Sarkozy toujours en vigueur.

Avec la nouvelle circulaire publiée par Valls le 28 novembre, c’est toujours la politique "d’immigration choisie" qui s’applique. Non seulement les critères de cette circulaire excluent la majorité des Sans Papiers, mais comme toute circulaire, ce texte n’est en rien contraignant. L’administration a tout pouvoir d’interprétation. Les lois Sarkozy continuent donc à s’appliquer.

Pourtant, Sarkozy battu, jeunes sans papiers, travailleurs et familles espéraient qu’il soit mis fin à la chasse aux sans papiers, aux enfermements, expulsions. Or, les expulsions continuent : deux sans papiers grévistes de la faim ont été expulsés en Algérie… Alors, qu’est-ce qui permet à Valls et au gouvernement Hollande de poursuive cette politique ? Depuis début octobre, après que Valls ait affirmé que - comme Guéant et Sarkozy - pas plus de 30 000 sans papiers par an seraient régularisés “au cas par cas”, des “concertations”, puis “négociations” se sont engagées entre Valls et des directions de syndicats (dont la FSU) et d’associations (dont RESF) signataires d’un texte envoyé au ministre qui demandait “un moratoire” sur les expulsions et des “critères nationaux améliorés”.

Exiger et combattre pour la régularisation de tous les sans papiers, en premier lieu des grévistes de Lille est contradictoire avec toute demande et toute discussion sur des critères. Car ce sont les “critères” et les textes qui les définissent qui créent les sans papiers.

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Motion 3

La CA académique du SNES de Lyon apporte son soutien aux sans papiers de Lille en grève de la faim et dont la vie est en péril et elle exige leur régularisation immédiate. Elle demande également le retour des deux sans papiers expulsés vers l’Algérie. La grève de la faim des sans papiers de Lille pose le problème général du sort réservé aux centaines de milliers de sans papiers (jeunes scolarisés ou non, travailleurs employés ou non, familles…) condamnés à la précarité, à la surexploitation, à la peur, aux expulsions…

La CA exige :

- la régularisation de tous les sans papiers,

- l’arrêt immédiat des expulsions (et non un “moratoire”) et la fermeture des CRA,

- la liberté de circulation et d’installation : abrogation du CESEDA, de toutes les lois Sarkozy…

La CA condamne les textes et circulaires qui organisent la régularisation de quelques uns sur la base de "critères" et l’expulsion des autres et toute loi “d’immigration choisie” (actuelle ou à venir). Elle considère donc qu’aucune “négociation”, concertation ne peut avoir lieu sur l’objectif de définir des “critères”.

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Le secrétaire académique a d’abord proposé, contre notre texte, que la CA se rallie à la motion de la CA du SNES de Lille dont personne n’avait connaissance car non publiée ! La secrétaire FSU (UA) a alors indiqué que dans la mesure où il y avait prochainement un congrès de la FSU, il faut que ce soit une position de congrès FSU. UA a donc appelé à voter contre notre motion ; l’EE a refusé de voter…

Et dans le même temps, la vie des sans papiers de Lille est en danger, les expulsions continuent…


À lire : le communiqué national d’Émancipation

Sans Papiers : À Lille comme ailleurs, tout doit changer !
(29 décembre 2012)

http://www.emancipation.fr/spip.php?article805