Langues vivantes : retrait du nouveau système d’évaluation au bac

jeudi 17 janvier 2013
par  HB
popularité : 28%

Intervention à la CA académique de Lyon du 9 janvier 2013 sur l’évaluation au Bac en langues vivantes.

Refusant de mettre en cause les objectifs même de ce nouveau type d’évaluation (liquider les diplômes nationaux au profit de certifications individuelles), d’en exiger le RETRAIT, la direction académique (comme la direction nationale) s’en tient à proposer des aménagements introuvables

Les nouvelles modalités d’évaluation, en particulier la CO (compréhension orale) et l’EO (expression orale) en LV sont issues des textes règlementaires et législatifs de l’UMP que le nouveau gouvernement met en œuvre. La réponse de la Rectrice lors de l’audience du 8 janvier accordée au SNES montre qu’à l’évidence, il n’est pas possible de modifier localement les textes nationaux organisant les nouvelles épreuves de bac.

Or, ces nouvelles épreuves qui se mettent en place de façon insidieuse (TPE, SVT, SP, puis LV…) constituent une importante mise en cause du caractère national du bac et du statut des enseignants.

Arrêtés et circulaires imposent une adaptation locale du calendrier et des sujets, l’évaluation par les enseignants de l’établissement, ce qui constitue une énorme charge de travail supplémentaire imposée aux collègues. Pour les élèves, c’est une importante mise en cause de l’égalité devant les conditions de l’examen.

Plus encore : en imposant une modification importante du contenu des évaluations, on remplace pas à pas l’évaluation des connaissances disciplinaires acquise dans le cadre des programmes disciplinaires et des horaires nationaux par une évaluation des compétences individuelles. Ainsi, par exemple en LV on s’achemine vers une adaptation de l’évaluation : elle morcelle de façon artificielle l’apprentissage en cinq sous-compétences au cours de la mise en œuvre des "activités langagières". Ce qui, à terme, ne peut que conduire à transformer l’évaluation des connaissances disciplinaires (oral et écrit en LV) en “certifications”.

Or, les “certifications” (prônées par le patronat et l’Union européenne et mise en place dans certains pays comme la Suède) ne sont pas des diplômes. Et contrairement au diplôme national, la durée de la certification est limitée. On comprend pourquoi le nouveau gouvernement maintient les “réformes” de Sarkozy lorsqu’on lit, dans le projet de loi Peillon, que le Bac devra non plus sanctionner un niveau de connaissances disciplinaires mais “une culture et des compétences” !(p.11)

Motion 2

Considérant que le système d’épreuves de Compréhension Orale de LV pour la session du bac 2013 (puis d’EO en mai) se déroule “pendant le temps scolaire”,

- considérant que l’organisation laissée à la charge des collègues (“sur des supports audio ou vidéo, qu’ils sélectionnent en fonction des équipements disponibles dans les lycées et des apprentissages effectués par les élèves” - BO 24 nov 2011) - sort du cadre d’un examen national,

- considérant que ce type d’épreuve met en cause l’égalité des candidats devant l’examen,

- considérant qu’elle constitue une importante charge de travail supplémentaire pour les enseignants et qu’elle les soumet à la pression des IPR et des pouvoirs locaux,

la CA du SNES se prononce pour le retrait de ce système d’évaluation au bac 2013 et le retour aux modalités de 2012 pour cette session. Ceci dans un souci d’égalité des candidats devant l’examen, de défense du caractère national du Bac et dans un souci de protection des collègues en cas de dysfonctionnement.

La CA se prononce pour la mise en place de moyens nécessaires à la tenue d’oraux de LV dans le cadre des épreuves terminales du bac (épreuves orales organisées à l’échelle nationale, dans le cadre de jurys d’enseignants convoqués dans un cadre national et évaluant les connaissances acquises définies dans le cadre de programmes et des horaires nationaux).

Ignorant totalement le contenu même de notre motion, la direction UA a indiqué : "on ne peut demander le retrait" car le SNES est pour une évaluation orale, ce qui n’est pas le débat ! Argument dont l’objectif est de tenter de justifier le vote UetA contre la motion.


suite...

À lire :
- l’article paru dans la revue n°1 de L’émancipation (septembre 2011) :
Enseignement des langues vivantes et cadre européen commun (Oriane Brandon)
http://69.emancipation.fr/spip.php?article65

- l’article paru dans le n°9 de L’émancipation (mai 2010) :
L’évaluation des compétences : quels enjeux ? (Hélène Bertrand)
http://www.emancipation.fr/spip.php?article566