ENS de Lyon : grève spontanée des agents de service et d’entretien

jeudi 29 septembre 2011
popularité : 63%

À l’ENS de Lyon, les agents du service d’entretien se sont mis spontanément en grève les 22 et 23 septembre pour dénoncer l’organisation et la surcharge du travail et le management autoritaire…

Dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), de l’application des lois (LRU, Pacte pour la Recherche…) et de la quête de l’"excellence", universités et organismes de recherche sont touchés par de multiples restructurations. Depuis le 1er janvier 2011, l’ENS de Lyon est un nouvel établissement issu de la fusion de trois établissements : ENS Sciences, ENS Lettres et Sciences Humaines, Institut national de recherche pédagogique (INRP).

Le 27 septembre, s’est tenu une AG de près de 100 personnes (sur 500 BIATOSS environ) avec la douzaine d’agents du service d’entretien et des délégations de certains services. La déclaration ci-dessous a été adoptée dans ses grandes lignes par applaudissement. L’AG a voté pour une grève la plus rapide possible, le 4 octobre.

À l’issu du CTP, l’intersyndicale CGT - FSU - SGEN CFDT - SUD Education - UNSA Education
a déposé hier un préavis de grève.

À la logistique, la grève a repris jeudi 29 septembre jusqu’au mardi 4 octobre.

* * *

Déclaration de l’assemblée générale de l’ENS de Lyon du 27 septembre 2011

Réuni-es ce jour, le 27 septembre 2011 en Assemblée Générale, nous, agents de l’ENS de Lyon, constatons que dans les faits la fusion de nos trois établissements n’est pas faite, et que les dysfonctionnements graves s’accumulent dans de nombreux services (Logistique, DSI, Éditions, scolarité, sécurité, ENS Média...) :
- intensification du travail : les deux fusions successives et l’augmentation de la fréquentation
de l’École (nombre d’étudiants, de chercheurs, de colloques et d’événements reçus) alors que les moyens sont constants voire réduits,
- appauvrissement du contenu du travail : le mode de management tend à nous rendre “mono-tâches” plutôt que polyvalents, cloisonnés et isolés les uns des autres. On ne peut plus s’entraider, s’organiser de manière autonome ; il n’est plus question de discuter l’organisation de notre travail ni de faire des propositions...
- management autoritaire et hiérarchies pléthoriques : on assiste à un empilement de niveaux hiérarchiques inefficaces, si ce n’est pour recevoir des primes supplémentaires. Ce système ne semble être organisé en réalité, que pour maintenir la pression et pour éviter que les problèmes ne remontent. D’un autre côté, un service de 20 personnes sera dirigé par un responsable à mi-temps... sans que la Direction ne trouve cela problématique. De plus, les cas individuels de grave souffrance au travail, voire de harcèlement, se multiplient du fait de pratiques de management autoritaire par trop tolérées par la Direction.
- communication interne : de gros problèmes de coordination et de communication interne, peuvent dégénérer sur des dysfonctionnements (des informations sur des pannes matérielles ne remontent pas, la Direction ne sait pas comment distribuer les bulletins de paie car elle ne sait plus où sont les gens...)
- formation : de gros manques de formation qui peuvent se révéler critiques dans certains services (informatique, l’obligation légale de recyclage à la sécurité...)
- désorganisation généralisée des services : répartition très disparate des tâches entre agents, non-remplacement chronique des congés maladie, maternité et départs en retraite, doublonnage des services et des missions,
- non-respect des règles de sécurité et de santé au travail : signalements répétés de problèmes psychosociaux et d’hygiène et de sécurité sans réponse depuis des mois.

Problèmes de sécurité incendie non pris en compte...

Nous considérons que ces dysfonctionnements constituent des risques organisationnels manifestes pour notre santé physique et morale.

Nous exigeons que tous ces problèmes soient pris en compte et demandons à l’intersyndicale de déposer un préavis pour une grève dès que possible, soit le mardi 4 octobre.


Documents joints

PDF - 13.7 ko
PDF - 13.7 ko