Algérie « Non au 4e mandat + » : solidarité avec les travailleurs et la jeunesse algérienne

mardi 19 mars 2019
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Le Cdfd FSU-69 s’est réuni le 12 mars 2019. Nous publions ci-dessous, la motion adoptée lors de cette réunion.

Rappelons que depuis le 22 février des centaines de milliers d’Algériens descendent dans la rue. Au bout de 17 jours de manifestations quotidiennes, Bouteflika, président de l’Algérie depuis 1999, a renoncé à briguer un cinquième mandat. Mais il a annulé la tenue de l’élection présidentielle, annoncé la tenue d’une « conférence nationale » et indiqué qu’il resterait encore un certain temps. Les manifestants ont alors lancé « Non aux prolongations », « Système dégage ».
Et, le 12 mars à Djibouti, Macron a salué cette annonce : « je salue la décision du président Bouteflika qui ouvre une nouvelle page dans le développement de la démocratie algérienne, en décidant la mise en place de cette conférence, en présentant un cadre transparent, et en indiquant qu’il ne se représenterait pas pour un nouveau mandat ».

Trois jours plus tard, le vendredi 15, de nouvelles manifestations massives se tiennent dans toute l’Algérie. À côté des slogans « Non au mandat 4 + », « Système dégage », de nouvelles pancartes sont brandies dénonçant le soutien de Macron à Boutéflika et à son régime : « La France, 132 ans ça suffit, halte à l’ingérence », « Non à un système béni par la France ».


Le 12 mars, les militants Émancipation ont défendu une motion en soutien (en PJ). Finalement la motion ci-dessous a été adoptée (elle reprend une grande partie de la motion initiale).

Motion Algérie adoptée par le Cdfd de la FSU 69

Depuis plusieurs semaines, le peuple algérien se mobilise contre le 5e mandat et pour en finir avec « le système », c’est-à-dire avec un système corrompu et antidémocratique permettant le pillage du pays par ceux que les Algériens appellent les « 40 voleurs ». Contre ce « système », dans toute l’Algérie se poursuivent des manifestations pacifiques tandis que se multiplient les appels à la grève.

Finalement, le lundi 11 mars, le gouvernement algérien a opéré un recul tactique, annonçant que Bouteflika ne se représenterait pas. C’est un premier succès pour le peuple algérien, mais qui ne règle pas l’essentiel : Bouteflika reste en place en attendant un futur changement de constitution, le « système » reste en place contrairement à ce qu’exigent les manifestants.

Nous saluons cette mobilisation d’ores et déjà historique, apportons notre soutien à ce combat de tout un peuple, un soutien à l’exigence réaffirmée aujourd’hui d’en finir avec le « système » et ses manœuvres, et un soutien tout particulier aux salariés qui agissent pour construire un syndicalisme indépendant de l’appareil d’État.

Par ailleurs, force est de constater que le gouvernement français, qui ne rate pas une occasion de critiquer certains gouvernements étrangers (Hongrie, Venezuela), a par contre préféré se taire quant à la situation ubuesque d’un gouvernement dirigé par l’ombre d’un président n’existant plus aux yeux des Algériens qu’au travers de ses portraits. Le gouvernement Macron a préféré soutenir « le processus électoral » et mettre l’accent sur le fait que l’Algérie serait un « pays clé en Afrique et en Méditerranée ». Puis Macron lui-même, s’est réjoui des décisions prises par le pouvoir algérien, confortant ainsi ce pouvoir et ses manœuvres.

Nous condamnons cette connivence.

Nous proposons que la FSU nationale apporte son plein soutien au peuple algérien dans son combat contre le « système » et pour ses droit démocratiques, qui incluent notamment les droits à une activité syndicale indépendante du pouvoir.


Documents joints

Motion Emancipation : Algérie 12 mars 2019
Motion Emancipation : Algérie 12 mars 2019