Dans l’enseignement public comme dans la fonction publique, Unité pour le retrait des réformes Macron-Blanquer-Dussopt !

samedi 9 mars 2019
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Dans l’enseignement public comme dans la fonction publique,

Unité pour le retrait des réformes Macron-Blanquer-Dussopt !


Partout, les personnels constatent les premières conséquences des mesures Blanquer. Dans les lycées, ils combattent la mise en place de la réforme du bac et du lycée, qui instaure un « bac maison » ainsi que la mise en concurrence des disciplines, des enseignants et des établissements.

Dans les écoles et collèges, les personnels sont confrontés aux suppressions de postes décidées par le gouvernement, qui se traduisent par des fermetures de divisions et l’explosion des effectifs par classe.

Mais, le gouvernement Macron est décidé à aller encore plus loin avec deux projets destructeurs, qui indiquent la logique de sa politique. Après des mois de concertations, le gouvernement a dévoilé le projet de loi Dussopt concernant la fonction publique, qui prépare la suppression de 120000 postes (dont 50000 à l’Etat), remet ouvertement en question de nombreux acquis statutaires des fonctionnaires mais aussi les services publics. En parallèle, l’adoption en première lecture du projet de loi Blanquer (« pour une école de la confiance ») témoigne de l’offensive générale du gouvernement contre l’enseignement public.


Projet de loi Dussopt fonction publique = remise en cause du statut


Avec le projet de loi Dussopt, le gouvernement prévoit d’élargir considérablement le recours au contrat. Il entend en parallèle vider les commissions paritaires (CAP) de tout contenu : il est ainsi prévu de leur retirer leur avis sur les mutations, l’avancement et les promotions. Avec cette atteinte au contrôle par les organisations syndicales du respect des règles du statut, il veut en finir avec l’essentiel des garanties statutaires.

En lieu et place, le gouvernement prépare la mise en place d’une « gestion des ressources humaines » (ce qu’il veut faire dans l’enseignement public) sur le modèle du privé, donnant de la « souplesse » aux chefs locaux et créant de l’arbitraire (rayant d’un trait de plume une des garanties fondamentales du statut). Au-delà, le projet de loi Dussopt ouvre la voie à la rémunération au « mérite », et permet des ruptures conventionnelles et même des départs « volontaires » !


Projet de loi Blanquer : vers la dislocation du cadre national de l’école


Le projet de loi Blanquer (« pour une école de la confiance ») qui vient d’être adopté en première lecture à l’Assemblée passera au Sénat en avril. Il imposera :

L’école du socle : mise en place des établissements publics des savoirs fondamentaux, qui regrouperaient écoles et collège du secteur. Une menace pour de nombreuses écoles élémentaires, les écoles maternelles et le statut des personnels.

La réforme territoriale par ordonnances : les 13 régions académiques pourraient adopter des politiques scolaires différentes, ce serait un pas important vers la régionalisation de l’enseignement !

Le lancement de la réforme de la formation initiale des enseignants : Avec la possibilité d’utiliser des étudiants sous contrat d’AED (dès la licence 2) ou des étudiants en master, comme moyens d’enseignement, de remplacement et même en responsabilité. Avec la professionnalisation annoncée des concours (décalés à la fin du M2, avec les pires craintes sur leur contenu), c’est la redéfinition du métier qui se prépare !

Un conseil de l’évaluation de l’école : des équipes mêlant notamment inspecteurs et usagers seraient chargées d’évaluer régulièrement les établissements dans une perspective d’autonomie des établissements ! Cette dictature du pilotage par l’évaluation et la mise en concurrence par les contrats d’objectifs s’imposera à tous les personnels !

Des mesures de dérégulation tous azimuts : il serait possible d’annualiser les horaires des élèves en fonction du projet d’école et d’établissement (avec des conséquences sur le service des enseignants) ! Des établissements locaux d’enseignement international seraient crées, ils pourraient être financés par des fonds privées ! Les PIAL (pôles d’inclusion et d’accompagnement localisés) seraient introduits, aggravant les conditions de scolarité des élèves et de travail des AESH.

À l’évidence, ce projet de loi va de pair avec la remise en cause du statut de fonctionnaire, qui permet d’avancer dans la dislocation du cadre national de l’école. La volonté de soumettre les personnels, de leur imposer un « devoir de réserve » s’inscrit dans cette logique.


Rupture des concertations, Unité pour le retrait des projets Macron-Blanquer-Dussopt !


De multiples déclarations du ministre Blanquer illustrent cette logique d’autonomie et de remise en cause du statut : « mon objectif est simple : des établissements avec des équipes unies, partageant un projet éducatif fort. Dans ce cadre, oui, il est logique que le chef d’établissement ait un rôle à jouer en matière de recrutement ».

Chacun mesure que la politique des journées d’action ne saurait constituer une réponse face à des attaques d’une telle ampleur. Alors que la volonté de combattre des personnels apparaît jour après jour dans les écoles et établissements (collectifs contre la réforme du bac et du lycée, actions dans les écoles et collèges contre les dotations horaires et les fermetures de classes …), il est nécessaire de centraliser les forces pour stopper cette offensive : ces projets concernent l’ensemble des personnels, de la maternelle à l’université.

Alors, comment faire échec à cette politique ? La première condition est que l’unité la plus large se réalise sur des mots d’ordres clairs :

Retrait du projet de loi Blanquer sur l’école ; retrait du projet de loi Dussopt contre la fonction publique ; arrêt immédiat des mesures déjà prises (réforme du bac et du lycée, Parcoursup…) et leur abrogation, rétablissement des postes et classes supprimées.

Cela implique en même temps que les directions des organisations syndicales (SNES, SNUIpp, SNEP, FO, CGT, SUD...) cessent de cautionner les plans gouvernementaux et rompent immédiatement les concertations, le dialogue social avec Blanquer, Dussopt et le gouvernement Macron.

Comment admettre ainsi qu’une intersyndicale de l’enseignement se contente de demander aux députés de ne pas voter la loi Blanquer en l’état ou que se poursuive le dialogue social s’agissant de la formation initiale ? Comment accepter que le communiqué commun de l’intersyndicale de la fonction publique se borne « à peser sur le dispositif engagé par le pouvoir exécutif » (communiqué intersyndical 25/02/19) ? Tout doit être entrepris pour imposer la rupture des concertations et l’unité pour le retrait des projets.

Cette clarté nécessaire peut contribuer grandement à la mobilisation qui doit être organisée démocratiquement par des AG d’établissement (et des coordinations à l’échelle départementale et nationale, avec des délégués élus, incluant les responsables syndicaux). Une telle coordination pourrait alors décider des formes d’action nécessaires pour gagner.

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Formater la jeunesse et museler les enseignants

Sous couvert d’exemplarité, “l’école de la confiance” de Macron et Blanquer veut restreindre la liberté d’expression et interdire toute critique de la politique scolaire du gouvernement ! Drapeaux tricolore et européen, paroles de la Marseillaise obligatoires dans les classes, pédagogie officielle imposée… Cela fait partie du formatage aux compétences de base pour la masse des futurs salariés. Les diplômes, garants du droit à la poursuite d’études, seront effacés au profit de parcours individuels pouvant, pour certains, conduire à des formations post bacs. Seront aussi effacées les qualifications reconnues dans les conventions collectives, libérant la concurrence entre les travailleurs munis de leurs “compétences individuelles”, renforçant la flexibilité à la baisse du “coût du travail”.

Dans le même temps, le gouvernement met en place le service national universel (SNU) obligatoire. Il engage une campagne de recrutement pour une phase pilote avec 3.000 “volontaires” dans 13 départements dès juin 2019 : après un mois en internat, les jeunes réaliseront une mission d’intérêt général auprès d’associations, de collectivités, ou de corps en uniforme pendant deux semaines entre juillet 2019 et juin 2020. Ce dispositif sera généralisé en 2022-2023.

Autant de mesures contraignant la jeunesse à se soumettre à “l’ordre” existant afin de renforcer les possibilités d’exploitation et la précarité au plus grand profit du patronat !
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Documents joints

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