Une seule exigence : RETRAIT du projet Peillon

vendredi 30 novembre 2012
par  HB
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Au salon de l’éducation, Peillon a présenté le calendrier de la réforme de l’école : c’est la mise en œuvre par étapes d’un projet global.

Les annonces de la semaine dernière :

Mardi 20/11/12 :

F. Hollande permet aux maires d’étaler la reforme sur 2 ans mais allouera une enveloppe de 250 millions d’euros pour les maires qui la mettront en place dès 2013.

Mercredi 21/11/12 :

Devant le congrès des maires, V.Peillon annonce : "On s’est bien compris. (...) La réforme en 2013 et en 2014 tout le monde y est passé"
On reverra ensuite les rythmes en collège et en lycée ; puis les rythmes de l’année…
V. Peillon déclare aux maires : "Je crois au bricolage". Cela en dit long sur le contenu réel du "cadre global sur la refonte des rythmes” : on va vers un émiettement généralisé du système…

V. Peillon a assuré aux maires que les enseignants aussi feraient un effort pour le changement : "nous leur demandons de venir une demi-journée de plus sans leur proposer de mieux les payer", a-t-il expliqué.

Pour Eric Favey, le secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement, les heures libérées ne sont pas des "garderie" mais "des temps d’enrichissement éducatifs". Mais il sera impossible de recruter, pour 2014, suffisamment d’animateurs professionnels, alors il conseille de se tourner vers les "habitants qui ont des savoirs à partager" afin de "mobiliser des passions locales". (sic) (Blog Nouvel Observateur 21/11/2012)

Jeudi 22/11/12 :

Vincent Peillon au salon européen de l’éducation : c’est le lieu qu’il a choisi pour rendre les arbitrages sur le projet de refondation de l’école.

Vincent Peillon et Benoît Hamon, ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire, ont annoncé jeudi à l’occasion du Salon de l’Éducation que l’économie sociale et solidaire (ESS) pourrait bientôt être enseignée dans les écoles, collèges et lycées. Un accord-cadre visant à associer plus étroitement acteurs de l’ESS et enseignants est en cours d’élaboration et devrait être signé prochaine ment.

Rythmes : “c’est l’engagement de ma vie. Ce n’est pas seulement la semaine, il faudra aller plus loin.”

|Voici le contenu de la loi qui sera présentée fin janvier au Parlement (selon : Fil Twitter du Café pédagogique) :
- Mise en place des ESPE dès la rentrée 2013
- Dans le cadre des ESPE les enseignants seront formés au numérique ; un travail y sera mené également sur la transformation de l’évaluation
- La semaine de 4,5 jours sera mise en place, selon le calendrier annoncé par le président : 2013 pour les communes qui sont prêtes (avec recours à un fonds d’aide spécifique). 2014 pour les autres.
- Création prochaine d’un Conseil de l’innovation et de la réussite éducative
- Création d’un cycle CM2/6e, automatique, et sans passer par une phase d’expérimentation
- De nouveaux programmes à l’école élémentaire
- Création d’un cycle spécifique "maternelle" avec des enseignants formés
- Formation des enseignants à la problématique de la violence scolaire
- Réforme en douceur de l’évaluation des élèves (sans plus de précisions apparemment)Par ailleurs, le discours de Vincent Peillon annonce l’ouverture très prochaine de nouveaux chantiers :
- La question des rythmes scolaires au collège et au lycée
- La question du numérique à l’école (une conférence de presse est prévue en décembre)|

Le projet est écrit ; il est prêt. Mais sa mise en œuvre se fait par étape pour éviter une riposte d’ensemble…

On commence par la réforme des rythmes, des programmes de l’école élémentaire ; le formatage des futurs enseignants dans les ESPE et la liaison école-collège (CM1-CM2-6ème) qui va mettre en cause le statut de professeurs d’écoles et celui des professeurs du second degré… Puis on s’attaquera au second degré avec “la liaison collège/lycée”, la liaison “lycée-université” et au Bac. Le tout corrélé à la loi Fioraso ; la loi de décentralisation donnant le cadre de cette explosion du système d’enseignement public…

Et tout cela en s’appuyant sur la “concertation permanente” avec les directions syndicales…

Quant aux moyens ? Il n’y a pas d’argent pour rétablir tous les postes supprimés (80000 en 5 ans) ; mais on va allouer une enveloppe de 250 millions d’euros pour les maires qui mettront en place dès 2013, la réforme des rythmes : pour l’encadrement des enfants, l’État financera ainsi des emplois sur contrat privé, précaires, à la place de postes d’enseignants fonctionnaires !

Dans le même temps, il manque il manque 250 pro­fes­seurs des écoles en Seine-Saint-Denis. Et, pour Peillon, pas question de rétablir les REASED supprimés par Sarkozy. La crise du recrutement est très forte : mais les salaires sont bloqués. Quel jeune professeur peut se loger avec 1500 euros par mois (à bac +5) ?

La défense des revendications est contradictoire à la “négociation” du projet de loi Peillon. Il faut exiger le retrait de ce projet de loi.


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