En défense des travailleurs brésiliens, en défense des organisations ouvrières et démocratiques

vendredi 11 janvier 2019
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Motion Émancipation défendue à la CA académique du SNES de Lyon (1), le 9 janvier 2019

Au Brésil, la défaite électorale du Parti des travailleurs le 28 octobre se traduit par l’élection de Bolsonaro au poste de président, un fasciste qui a mené campagne en faisant l’éloge de la dictature des années soixante à quatre vingt, regrettant qu’elle n’ait pas tué suffisamment d’opposants. Cet ancien militaire raciste et homophobe a été élu avec l’appui des grands propriétaires fonciers, des forces dominantes de la bourgeoisie, de l’État major militaire, des églises évangélistes. Il promet de s’attaquer à l’ensemble des acquis sociaux des travailleurs, à leurs organisations, aux droits démocratiques élémentaires.

Dès son entrée en fonction le 1er janvier 2019, il a confirmé sa volonté de nettoyer idéologiquement les administrations publiques, d’en chasser tous les personnels soupçonnés d’être trop proche de la gauche.

Les premières mesures sont tombées : suppression du ministère du Travail, et de celui de la Culture, suppression de la revalorisation automatique du salaire minimum ; droits des personnes LGBT exclus des lignes directrices des institutions chargées de la promotion des Droits de l’Homme… Quant à la fondation nationale des indiens (Funai, qui est un organisme gouvernemental), elle perd ses compétences concernant la démarcation des terres des peuples indigènes, cela au profit du Ministère de l’Agriculture dirigée par une représentante de l’agrobusiness.
D’ores et déjà, une réforme majeure visant à détruire l’actuel système des retraites doit être décidée rapidement.

Dans cette situation, le mouvement ouvrier international ne peut être que solidaire des travailleurs brésiliens. La CA académique du SNES demande donc que le SNES, nationalement, informe largement de la situation au Brésil, lance des campagnes de solidarité, en particulier avec nos collègues brésiliens menacés par la répression, par la remise en cause de leurs acquis et par les attaques contre l’enseignement public, et renforce les liens avec leurs syndicats.

Ce soutien de principe ne signifie pas un soutien à la politique qui a été conduite par le PT quand il était au pouvoir. Nous savons qu’au Brésil même, nombre de travailleurs, nombres de militants syndicaux et associatifs ont critiqué cette politique.
Mais face au coup d’état constitutionnel qui s’est traduit par la destitution de la présidente Dilma Rousseff en 2016, face à l’emprisonnement de Lula alors qu’il était le candidat du PT, face à l’arrivée au pouvoir d’un président ultra réactionnaire , c’est une solidarité de principe que nous devons organiser en défense des travailleurs brésiliens, en défense des organisations ouvrières et démocratiques.

9 janvier 2019
U&A a voté contre ; l’EE, NPPV

(1) Interventions à la CA académique du SNES de Lyon 9/01/19