Brésil : solidarité en défense des travailleurs brésiliens, en défense des organisations ouvrières et démocratiques

dimanche 25 novembre 2018
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Motion Émancipation présentée au Cdfd de la FSU du Rhône le 12 novembre 2018

Au Brésil, la récente défaite électorale du Parti des travailleurs le 28 octobre se traduit par l’élection de Bolsonaro au poste de président, un fasciste qui a mené campagne en faisant notamment l’éloge de la dictature des années soixante à quatre vingt, regrettant seulement qu’elle n’ait pas tué suffisamment d’opposants. Cet ancien militaire raciste et homophobe a été élu avec l’appui des grands propriétaires fonciers, des forces dominantes de la bourgeoisie, de l’État major militaire, des églises évangélistes. Il promet de s’attaquer à l’ensemble des acquis sociaux des travailleurs, à leurs organisations, aux droits démocratiques élémentaires. Signe avant coureur des affrontements qui se préparent : entre le 23 et le 26 octobres, des opérations répressives ont été conduites, notamment par la police militaire, dans une trentaine de campus universitaires.

Dans cette situation, le mouvement ouvrier international ne peut être que solidaire des travailleurs brésiliens. La FSU notamment s’engage à mener une large information sur la situation présente et à venir, à renforcer les liens et à lancer des campagnes de solidarité, en particulier avec nos collègues brésiliens menacés par la répression, la remise en cause de leurs acquis et les attaques contre l’enseignement public, et en renforçant les liens avec leurs syndicats .

Ce soutien de principe ne signifie pas un soutien à la politique qui a été conduite par le PT quand il était au pouvoir. Nous savons qu’au Brésil même, nombre de travailleurs, nombres de militants syndicaux et associatifs ont critiqué cette politique, marquée en particulier l’impunité préservée de ceux qui torturèrent et tuèrent durant la dictature, par la défense des grands propriétaires terriens face aux revendications des paysans sans terre (grands propriétaires utilisant des milices armées et protégés par les juges) ; ce pouvoir du PT a aussi été entaché du retour à une politique d’austérité et par une immense corruption. Il appartient aux travailleurs brésiliens d’en faire le bilan et d’en tirer les conséquences.

Mais face au coup d’état constitutionnel qui s’est traduit par la destitution de la présidente Dilma Rousseff en 2016, face à l’emprisonnement de Lula alors qu’il était le candidat du PT, face à l’arrivée au pouvoir d’un président ultra réactionnaire , c’est une solidarité de principe que nous devons organiser en défense des travailleurs brésiliens, en défense des organisations ouvrières et démocratiques.

Intervention Émancipation au Cdfd de la FSU Lyon-Rhône 12/11/2018