Contre le projet de loi Peillon, pour son retrait

VOTEZ pour la liste Émancipation aux élections internes de la FSU
vendredi 16 novembre 2012
par  HB
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Le gouvernement maintient les piliers des "réformes" Sarkozy contre lesquelles les enseignants et personnels se sont mobilisés ; et les projets de lois (sur l’école, l’université, de décentralisation) montrent que de nouvelles et importantes attaques vont être portées à l’ensemble du système d’enseignement public et aux statuts des personnels.
L’urgence, c’est d’imposer la rupture des “concertations", "négociations" sur lesquelles s’appuie le gouvernement afin d’engager le combat pour le RETRAIT de ces projets de lois, pour la défense des revendications.

Peillon annonce qu’il présentera son projet de loi en janvier au Conseil des ministres. Mais, pour l’essentiel, le projet est écrit, il a été présenté aux directions syndicales et la loi doit s’appliquer dès la rentrée 2013.

À travers les rapports, discours et les comptes-rendus des diverses directions syndicales, il est possible de voir ce qui se profile… Aux piliers des lois Sarkozy maintenus s’ajoutent de nouvelles attaques.

Pour les élèves et les familles : encore plus d’inégalités

À l’école et au collège : le LPC, le socle commun de compétences seront maintenus et aggravés. Et avec eux l’évaluation des compétences y compris “civiques” (“morale républicaine” à l’appui). Le passage d’une organisation des enseignements par disciplines (contenus, évaluation) à une organisation par compétences s’approfondit. L’allègement des programmes, les enseignements complémentaires (dispositifs différenciés en 3ème) et les stages révèlent un “cadrage” national et des déclinaisons locales : un smic” culturel pour tous (avec un “plus” culturel pour certains).

Quant à l’orientation "choisie" mise en place dès le collège elle n’a rien à voir avec le libre choix du jeune : le pilotage de l’orientation et de toute la formation professionnelle (initiale et continue) par la région soumettra une masse de jeunes aux demandes du patronat local.

En lycée : maintien de la “réforme du lycée”. Une seconde de détermination serait “expérimentée” en lycée professionnel. L’apprentissage serait développé au sein même des LP qui pourraient être regroupés avec les Centres de Formation par Apprentissage gérés par les Chambres des Métiers : l’alternance deviendrait le modèle privilégié. En même temps, une priorité d’accès en STS serait donnée aux élèves titulaires d’un Bac pro (jusqu’à 40% de bac pro en STS !).

On s’achemine ainsi vers les deux voies (générale et professionnelle) annoncées par Peillon (la pérennité de la filière technologique est loin d’être acquise). Et pour la filière générale, l’extension du CCF (ou contrôle continu) menace directement le bac comme diplôme national.

Dans le supérieur : l’ensemble des formations post bac serait profondément remanié, dans la continuité la loi LRU d’autonomie et du LMD. Les formations courtes (BTS, DUT) seraient directement menacées, avec le développement des licences professionnelles, de l’alternance et des UFA (unités de formation par apprentissage) au sein des universités. Le reformatage des BTS (avec l’élaboration de référentiels) se combine au projet de Fioraso d’intégrer les BTS dans les licences pro (un bon moyen pour avancer dans la liquidation du BTS comme diplôme national reconnu dans les conventions collectives).

Avec l’individualisation des parcours et l’extension des évaluations en CCF (ou contrôle continu) c’est la généralisation de l’individualisation des diplômes : la destruction de leur valeur nationale.

Pour les personnels :

attaques contre le statut et dégradation des conditions de travail

On médiatise des annonces comme la scolarisation des enfants de deux à trois ans, le slogan "plus de maîtres que de classes", les rythmes scolaires… Mais qu’en est-il ?

Dans le premier degré, les devoirs se feront à l’école, après la journée de classe qui sera raccourcie d’une heure. Mais comment encadrer cette heure ? On annonce que les enseignants devront prendre en charge l’aide aux devoirs… après la classe. Avec une demi-journée supplémentaire le mercredi matin, les professeurs des écoles devraient travailler plus...

Dans le second degré, par le biais d’“expérimentations ” de “l’école du socle”, la mise en place d’un cycle CM1-CM2-6e, la bivalence s’imposera aux enseignants de collège (et les professeurs d’écoles seront soumis au principal du collège). La réduction des horaires disciplinaires dans le second degré et leur globalisation partielle s’accompagnerait de l’annualisation du temps de travail des enseignants. La réforme des procédures d’orientation, le développement du contrôle continu permettrait “la reconquête du mois de juin”. Au moins pour les deux premières années du collège les élèves resteraient dans les établissements jusqu’à 17h, la journée devant comprendre, d’une part, une aide au travail personnel et, d’autre part, des activités culturelles, artistiques et sportives.

Un décret autoriserait des dérogations aux statuts des personnels et aux programmes nationaux. Et la généralisation de l’intervention de personnels hors Éducation Nationale, avec la mise en place d’une “charte nationale” de l’intervention en milieu scolaire, menace de suppléer à des postes d’enseignement non pourvus ou supprimés. Et ce d’autant que la réalité des postes budgétés (8281 pour 2013 pour 80000 suppressions en 5 ans) n’a rien à voir avec les annonces faites. Et, il faudrait, de plus, trouver 60 milliards d’économies sur le budget public d’ici 2017 !

Décentralisation : une dérèglementation programmée

Avec la nouvelle loi de décentralisation dont l’objectif est d’“assurer compétitivité de notre économie”, toute la formation professionnelle initiale et continue passerait sous la coupe des régions qui décideraient de l’ouverture de toutes les formations dans le secondaire, le supérieur, dans le privé et le public, auraient la main mise sur les LP…

L’extension du droit à l’expérimentation, “l’adaptation locale de la loi et des règlements” et “l’allègement des normes” annoncent la territorialisation et l’éclatement de tout le système d’Enseignement public et la concurrence généralisée. Si les COpsy, les professeurs de lycées professionnels sont les premiers visés par les nouveaux transferts de personnels aux régions, bien d’autres suivront…

Nombre d’éléments ne sont pas entièrement écrits dans la loi Peillon, mais relèveront de décrets, arrêtés (programmes, services des enseignants…). Et la “concertation” se poursuivrait… jusqu’en 2017.

| Ainsi, à l’abri des multiples “concertations”, “négociations”, c’est un nouveau coup majeur qui va être porté contre l’Enseignement public et contre les personnels. La participation de la direction de la FSU et de ses syndicats - et des autres directions syndicales - aux multiples “concertations” paralyse les mobilisations en laissant les collègues dans l’ignorance de ce qui se prépare, en ne montrant pas la cohérence des projets de lois Peillon, Fioraso et de décentralisation, en laissant croire qu’on pourrait “peser” sur le gouvernement.

Alors les "concertations" ça suffit.

L’exigence, c’est le RETRAIT des projets de loi à commencer par le projet Peillon et la satisfaction des revendications urgentes !

Pour faire face à cette nouvelle offensive, les enseignants et personnels ont besoin d’une FSU qui combatte contre le projet de loi Peillon, pour son retrait, pour le retrait des projets Fioraso et de décentralisation (et non qui collabore à leur élaboration et à leur mise en œuvre). C’est sur cette orientation que combattent les représentants d’Émancipation au CDFN (et dans les autres instances syndicales). Pour poursuivre et renforcer ce combat, en défense des personnels,

nous vous invitons à voter et à faire voter pour la liste Émancipation.

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Du 8 au 29 novembre 2012 ont lieu les élections internes pour le renouvellement du CDFN de la FSU. Puis les congrès départementaux (le 22 et 23 février dans le Rhône) et le congrès national du 11 au 15 février 2013 à Poitiers.

À lire : le texte Émancipation et la liste de soutien dans le supplément à la revue POUR d’octobre et sur le site : http://www.emancipation.fr/

http://www.emancipation.fr/IMG/pdf/1_EMANCIPATION_RA_FSU_2013.pdf


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