Gérard Collomb : le retour d’un migrant … Et quelques conséquences de sa politique

jeudi 25 octobre 2018
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Ci-dessous, le tract du Collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon-69

Gérard Collomb : le retour d’un migrant… Et quelques conséquences de sa politique


Au printemps 2017, Gérard Collomb abandonnait sa patrie lyonnaise et émigrait à Paris pour trouver un emploi au ministère de l’Intérieur. Seize mois plus tard, il revenait à Lyon, rejoignant le cortège des migrants à la recherche d’un emploi et de papiers.

Aussitôt, le Conseil municipal de Lyon s’empressa de lui offrir le poste de maire. On rêve d’un accueil aussi chaleureux pour tous les immigrants qui, dans la Métropole, sont dans la galère.

Ce retour de Gérard Collomb implique un bilan de sa politique et de la situation faite aux migrants, à Lyon : les conséquences de la loi qu’il fit voter pour le compte de Macron, quelques aspects de la politique mise en œuvre par ses amis Képénépian et Kimelfeld (expulsions de sans abris, externalisation de missions de l’Aide sociale à l’enfance, remplacement de travailleurs sociaux fonctionnaires par des contractuels, …). Quelques exemples :

Mineurs étrangers et jeunes majeurs

Contrairement aux promesses faites en 2017 par le président de la Métropole, des dizaines d’enfants errent dans les rues de Lyon, privés de toit, de nourriture, d’école, alors que la mission de la Métropole est d’assurer la protection des enfants en danger.

Le conseil métropolitain du 17 septembre 2018 a décidé de poursuivre l’externalisation, auprès d’associations prestataires de service, de “la gestion du dispositif de mise à l’abri, d’évaluation et d’orientation des Mineurs Non Accompagnés (MNA)”. Or, les interrogatoires pratiqués par le prestataire (Forum réfugiés) pour “évaluer” la minorité, et les décisions finales de la Métropole excluent nombre d’entre eux de la protection de l’enfance. Beaucoup sont exclus sur le critère de “l’apparence physique”, de “déclarations contradictoires”... ou par manque de places créées dans les établissements éducatifs.

La Métropole a lancé un appel d’offre pour le placement des MNA à 45 euros/jour (alors que le prix de journée est de l’ordre de 180/200 euros dans les établissements sociaux éducatifs). Et au lieu de créer des emplois stables d’éducateurs pour l’ASE, on supprime des postes de travailleurs sociaux fonctionnaires, on fait appel à des salariés en contrat précaire. Le gouvernement a fait voter la mise en place d’un fichier centralisé et automatisé des données collectées pendant l’évaluation, ce qui va renforcer la suspicion et la répression des jeunes étrangers.

Et la Métropole cherche à associer à cette politique des associations ou de simples citoyens en ouvrant des “concertations”… alors que l’essentiel des décisions sont déjà prises…




Organiser des résistances collectives

La guerre sociale que le gouvernement Macron mène sur tous les fronts pour détruire l’ensemble de nos conquêtes sociales est déclinée localement et sous diverses formes par la Métropole et le département. L’État veut imposer aux travailleurs sociaux de participer aux politiques de criminalisation et de répression des personnes étrangères en contradiction avec la déontologie du métier. Contre cette politique, organisons nous pour ne pas se laisser diviser et pour construire des mobilisations unitaires.


La Métropole de Lyon instaure la chasse aux exilés

Face au non accueil des pouvoirs publics, des squats se sont ouverts et autogérés en 2017 et 2018.

L’amphi Z à été ouvert à Villeurbanne dans un bâtiment vide, et dans la foulée, la maison Mandela pour héberger les familles expulsées de l’esplanade Mandela, puis la Trappe a hébergé des mineurs isolés étrangers avec l’aide d’étudiants, la Cabane, etc. Depuis septembre, l’ex collège Maurice Sève a été ouvert pour héberger les MNA qui vivaient dans les jardins de la Montée de la grande Côte à la Croix-Rousse.

Parmi les exilés, nombreux sont arrivés par l’Italie : ils ne peuvent demander l’asile en France à cause de la procédure de Dublin. Un certain nombre d’entre eux refusent l’expulsion vers le pays d’arrivée en Europe et se voient donc déclarés en fuite. La préfecture a récemment durci ses pratiques en confisquant des dossiers administratifs de suivi lors des pointages : la menace d’arrestation augmente à chaque visite dans le service au cours de formalités administratives. Les habitants de l’Amphi Z se mobilisent pour demander leur sortie de la procédure Dublin et leur régularisation.

La Métropole consacre 1,8 millions d’euros pour vidéosurveiller ses bâtiments inoccupés au lieu d’y abriter les exilés. Elle lance des procédures d’expulsion contre la maison Mandela, contre la Trappe, les squats des Gratte ciel ; elle démolit les campements des familles moldaves place Sathonay, ceux des migrants de l’esplanade Mandela… Et la loi ELAN prévoit de faciliter les expulsions.


Il y a une unité indissociable entre la politique nationale menée par Macron et les politiques mises en œuvre sur le terrain dans l’agglomération lyonnaise
Au-delà des mots, c’est une même politique qui est mise en œuvre, à l’échelle locale, par Kimelfeld à la Métropole, par le département du Rhône, par la ville de Lyon, et par le préfet.

Le Collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon-69 s’est mobilisé contre le projet de loi asile immigration de Macron-Collomb. Il poursuit aujourd’hui la lutte contre l’application de cette politique avec des initiatives spécifiques ou en appui aux mobilisations des différents collectifs. Il revendique notamment :

Le respect des droits de l’enfant

- prise en charge par la Métropole ou le département de tous les jeunes mineurs isolés dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance : égalité des droits quelle que soit l’origine des jeunes, non à la prise en charge low coast des MNA, stop aux processus d’externalisation des missions de l’ASE, pour l’attribution d’un contrat jeune majeur après 18 ans permettant la poursuite d’étude ou de formation,

- respect du droit à l’enseignement pour tous et toutes dans le cadre de l’Éducation nationale : stop aux classes surchargées, ouverture des classes nécessaires à la scolarisation et à la formation débouchant sur un diplôme reconnu.

La liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous :

- droit d’asile sans restriction : abrogation des accords de Dublin (obligeant à demander l’asile dans le 1er pays d’enregistrement) et de la loi de mars 2018 permettant de placer les réfugiés en rétention

- régularisation de tous les sans papiers, ce qui implique notamment :
- l’arrêt des procédures d’expulsion des squats et terrains occupés par les exilés,
- la remise en l’état des bâtiments,
- l’ouverture des locaux appartenant à la Métropole.
- Droit au travail permettant à toutes et tous de vivre en autonomie
- Droit au logement immédiat pour toutes et tous
- Arrêt des expulsions ; fermeture des centres de rétention
- Des moyens pour l’accueil et non pour la chasse aux étrangers : aucune application des lois dites d’immigration choisie (à commencer par la loi Macron-Collomb)
- Suppression de l’Agence européenne des gardes frontières et des gardes côtes (ex-FRONTEX).


Collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon-69 : ATTAC-Rhône, CGT Vinatier, CGT-Éduc’Action Rhône, Union Départementale CGT, Union Départementale CNT, Collectif Agir Migrants, Collectif Amphi Z, Collectif des EtudiantEs étrangerEs, Collectif 69 Palestine, Émancipation-69, FSU 69, LDH Rhône, Migrations Minorités Sexuelles et de Genre, MRAP LYON 1-4 et 3-7-8, Planning Familial 69, RESF-69, Union syndicale Solidaires 69, Solidaires EtudiantEs, SUD santé sociaux 69, Solidaires Retraités 69, UJFP Lyon, Alternative Libertaire, Coordination des Groupes Anarchistes-Lyon, EELV 69, Ensemble ! 69, France Insoumise Migrations, L’insurgé, Lutte ouvrière, MJCF 69, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche 69, PCF, UPC…

Contact : collectifrefugie69@laposte.net


Documents joints

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