Projet de loi Blanquer "Pour une école de la confiance" : ni discutable ni amendable. RETRAIT

jeudi 11 octobre 2018
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Le 8 octobre, le ministre Blanquer a présenté aux syndicats son projet de loi intitulé "Pour une école de la confiance". Ce projet qui correspond au programme de Macron comporte d’importantes attaques contre le droit à l’enseignement et contre les statuts des personnels.

Le projet de loi Blanquer donnerait le droit au gouvernement d’effectuer sa réforme territoriale par ordonnances. L’article 17 du projet autoriserait le gouvernement à « prendre par ordonnance les mesures (…) rendues nécessaires par le nouveau découpage du territoire national pour l’organisation des services académiques ». Ainsi, chacune des 13 académies (issue de la fusion des actuelles 28 académies) pourrait être réorganisée différemment, en adaptant les formations selon les besoins exprimés par le patronat. Cela donnerait une place déterminante à la région dans les décisions et orientations prises, mettrait fin à tout véritable cadre national.
En relation avec la réforme du lycée, du bac, les horaires d’enseignement pourraient aussi varier selon les établissements accentuant la mise en concurrence des EPLE.

Pour la jeunesse cette régionalisation de l’enseignement est une mise en cause du droit à l’enseignement pour tous, de l’égalité des droits sur l’ensemble du territoire.

Avec le regroupement des académies à l’échelle des régions, les procédures d’affectation des enseignants pourraient ainsi être effectuées à l’échelle locale.
Qui peut croire qu’avec cette régionalisation de l’enseignement, les droits des personnels (progressions de carrière, promotions ,affectations, mutations...) codifiés dans l’actuel statut national pourraient être maintenus ?

Les ÉSPÉE seraient réformées pour devenir des “Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat” (INSP), lesquels seraient directement placés sous la coupe du ministre. Tout cela en relation la réforme de la “formation” derrière laquelle se cache une importante attaque du statut [1]

► Un article prévoit d’autoriser "des travaux de recherche en matière pédagogique... dans des écoles et des établissements publics ou privés sous contrat".

Une nouvelle instance “placée auprès du Ministre de l’Éducation Nationale” chargée d’évaluer l’organisation scolaire serait créée au 1er trimestre 2019. [2]. Ce Conseil d’évaluation serait chargé de « méthodologie et des outils d’évaluation ».

L’introduction de la scolarité obligatoire à 3 ans en maternelle est une véritable opportunité pour l’enseignement privé  : les écoles maternelles privées percevront la subvention versée par les communes.

Le texte doit être soumis à la concertation, en CSE et en CTMEN les 15 et 17 octobre.

Pas plus que la “réforme de la formation”, ce projet de loi n’est ni discutable ni amendable. Il faut en exiger le RETRAIT pur et simple.

Cela implique aussi d’imposer aux directions syndicales qu’elles rompent les concertations liées à l’Agenda de Blanquer (à commencer par le CSE et le CTMEN les 15 et 17 octobre) et qu’elles appellent, sans trader, à la mobilisation d’ensemble sur ces revendications.

La participation à concertations contribue à re-légitimer Macron au moment même où, jour après jour, la presse fait part des difficultés du Président et de son gouvernement. Il faut, au contraire, mettre à profit les difficultés de Macron pour engager l’offensive sur des objectifs clairs : imposer le retrait de ses projets.

Émancipation 69 11/10/2018


[1 Formation “plus professionnalisante” ? [http://69.emancipation.fr/spip.php?article526]

[2Sur l’évaluation des élèves, qui servira à celle des établissements et des enseignants et sur la future Agence nationale d’évaluation des établissements ! [http://69.emancipation.fr/spip.php?article527]


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