ASSEZ DE CONCERTATIONS : RETRAIT DES MESURES BLANQUER !

samedi 29 septembre 2018
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L’annonce récente de la suppression de 2600 postes dans le second degré à la rentrée 2019, l’obligation possible de 2 heures supplémentaires, l’extension des postes à profil et du recrutement sur contrat participent de l’attaque frontale contre le statut annoncée par le Premier ministre. Dans un communiqué du 2 août, il décline les mesures du rapport CAP 22 dans le “Service de l’éducation”. Et Blanquer annonce une loi pour 2019.

UN BOULEVERSEMENT DU SYSTÈME ÉDUCATIF

Casser le cadre national de l’Enseignement public

La réforme du lycée et du bac, et celle du lycée professionnel, organisent la territorialisation de l’Éducation nationale. En effet, les spécialités vont être définies localement par bassin, en fonction des besoins en emplois. Ce dispositif mêlera établissements publics, privés et le CNED. Cela permettra une mutualisation des services entre établissements et leur mise en concurrence.... Ceci pour faire des économies et faire éclater le cadre de l’établissement scolaire qui structure la scolarité des élèves.

Pour les lycées professionnels, la réforme prévoit un regroupement de spécialités, une forte baisse des heures disciplinaires et l’introduction de l’apprentissage dans tous les établissements.

La fusion des académies à l’échelle de la région prévue pour 2021 va conduire à de fortes disparités entre les régions. Chaque région discute déjà des propositions d’organisation de l’enseignement à venir sur son territoire.

Des diplômes en miettes, attaques contre les droits collectifs

La territorialisation va fortement accroître les disparités entre les établissements. En outre, la réforme du bac aggrave ces inégalités puisqu’une partie des épreuves seront locales. Avec ce bac individualisé, dévalorisé et la sélection à l’entrée du supérieur, un grand nombre de jeunes seront éjectés du système universitaire : la sélection effectuée dès cette année avec Parcoursup sera encore accentuée. La réforme du lycée professionnel (L.P.) prévoit qu’un CAP pourra être préparé en un, deux ou trois ans : la valeur du diplôme deviendra locale et individualisée.

Avec ces diplômes à la carte, l’ensemble des conventions et statuts collectifs sont menacés de dislocation.

Une éducation “professionnalisante”

La réforme du lycée va conduire à une orientation précoce, dès quinze ans. Les choix des élèves détermineront les possibilités d’études supérieures. Mais, de plus, ces choix seront soumis à l’offre de spécialités générant un véritable tri social et territorial.
“Diffuser une culture de l’évaluation” (Blanquer)

La multiplication des évaluations nationales des élèves et des établissements doit permettre d’introduire un pilotage par les résultats. Une agence nationale “d’évaluation des établissements” serait mise en place dès 2019 (avec pour corollaires les contrats d’objectifs et in fine l’autonomie des établissements).

UNE ATTAQUE SANS PRÉCÉDENT CONTRE LES STATUTS

Réforme de la formation des enseignants

Blanquer présente la réforme de la formation des enseignants comme la mère de toutes les réformes. Sous couvert de rendre la formation “professionnalisante”, c’est un véritable formatage des nouveaux enseignants, qui est mis en place et c’est l’ensemble du métier et du statut qui sont ouvertement menacés (voir l’encart).

Attaques des Commissions Administratives Paritaires (CAP)

Les CAP se voient vidées de leur rôle de contrôle du respect des règles statutaires (mutation, avancement…). Le gouvernement pourra ainsi remplacer la gestion administrative des personnels par une“gestion des ressources humaines” à la main des chefs d’établissements. Postes à profil et recrutement sur contrat : tel est l’avenir.

Individualisation des salaires

L’évaluation permanente des élèves, des enseignants, des établissements va devenir le moyen d’individualiser les salaires, d’introduire un salaire au mérite.
Dès à présent, le Premier ministre a annoncé que le versement de la troisième tranche de la prime REP+ serait conditionné aux soi-disant progrès réalisés par les élèves et à la réalisation du projet d’établissement.

LEP : annualisation et apprentissage

La diminution drastique des heures d’enseignement, les nouvelles modalités de stage, le regroupement des spécialités par grandes familles de métiers, la transformation des diplômes en blocs de compétences et l’essor de l’apprentissage correspondent à la volonté de Macron de répondre aux demandes du patronat. Tout cela ouvre la voie à l’annualisation du temps de travail, à la polyvalence des enseignants et aux suppressions de postes.

Organiser la mobilisation contre l’application de la réforme du lycée implique de commencer par exiger le retrait des mesures annoncées par le gouvernement dans son communiqué du 2 août : ces mesures participent de la mise en œuvre des attaques de Macron et son gouvernement de la maternelle à l’université. L’unité contre ces attaques nécessite aussi que les directions syndicales quittent enfin les concertations qui se mènent, à tous les niveaux, dans la cadre de l’agenda de Blanquer et du gouvernement et que, sur ces bases, elles réalisent l’unité pour lancer une vaste campagne d’information auprès des personnels ouvrant la voie à la mobilisation unie.

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Formation “plus professionnalisante” ?

Sous couvert de formation “plus professionnalisante”, le gouvernement prépare une réforme du recrutement et de la formation (initiale et continue).

Après son admissibilité au concours en L3, le candidat prendrait en charge des classes en étant “accompagné”. Il serait alors utilisé comme contractuel. L’admission au concours en master pourrait n’être que la validation de compétences et du master débouchant sur une “habilitation à enseigner”. Ce CAPES (ou CRPE) “allégé” prendrait en compte les savoirs faire acquis sur le terrain : l’évaluation serait largement soumise au chef d’établissement. Admis, le lauréat irait alors se “vendre” : trouver un établissement qui le recruterait. À terme, il pourra s’agir d’un recrutement en CDI (comme à la SNCF).

De plus, sous couvert de “pré recrutements”, des AED étudiants pourront participer à des activités pédagogiques, voire à des remplacements de professeurs. Ces futurs enseignants seraient formés sur le tas (au détriment de leurs études), et soumis au chef d’établissement (lequel signe le contrat des AED). Selon l’estimation du SNES, cela permettrait de récupérer 30 000 postes d’un seul coup.

C’est donc la disparition annoncée du concours national sur la base d’épreuves disciplinaires, de lauréats titulaires d’un poste attribué selon des règles statutaires nationales ; la fin de la formation initiale payée par l’État et de l’emploi à vie (avec un traitement continué pour le retraité).

Quant à la formation continue, elle serait “plus systématique” (soit imposée aux actuels titulaires en dehors de leur temps de service) et plus “ciblée” (imposée aux récalcitrants, ce qui d’ailleurs commence à se mettre en place suite aux nouvelles inspections/évaluations). D’autant que, “Être professeur toute sa vie n’est pas une obligation”. (Blanquer, le 2/09/18).

C’est l’ensemble du statut qui est, dès aujourd’hui, menacé : tous les enseignants sont concernés. Blanquer ouvre de nouvelles “concertations” en septembre en vue de son projet de loi, concertations dont le seul but est de désarmer les mobilisations.

La défense du statut, de la formation initiale et continue payée par l’employeur, du code des pensions impose d’exiger le retrait pur et simple du projet gouvernemental et donc de cesser immédiatement les concertations avec Blanquer.


Documents joints

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