Comment combattre contre la réforme des retraites annoncée par Macron ?

mercredi 11 juillet 2018
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Le gouvernement Macron s’apprête à réformer les retraites.

Les réformes précédentes ont déjà considérablement dégradé la situation des salariés retraités. Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire dans le privé, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a conduit à d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.

Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, a adressé aux syndicats un document de travail sur la base duquel il entend organiser la "concertation" ?

Le système de retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé (cf. les rapports du conseil d’orientation des retraites / COR de 2017). Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales.

La réforme structurelle annoncée va conduire à un véritable tsunami car il s’agit de mettre à bas le système de retraite par répartition d’un salaire mutualisé pour les salariés du privé et le code des pensions pour les fonctionnaires.

Ci-dessous l’intervention des élus Émancipation à la CA académique du SNES de Lyon, le 25 juin 2018.

En défense des retraites

En 2010, la jeunesse s’est mobilisée contre la réforme des retraites attestant qu’il s’agit d’un acquis essentiel pour tous les travailleurs et les jeunes.

Avec le gouvernement, il ne s’agit pas simplement d’une "réforme de plus". Appuyé sur les dégradations précédentes, Macron prépare une véritable explosion des systèmes de retraites. J.P. Delevoye a été chargé de mener une concertation tout au long de l’année 2018, afin que "l’ensemble des textes puisse être finalisé d’ici à l’été 2019". Ces discussions s’organisent en 6 blocs dont 3 avant l’été (chaque bloc correspond à 2 réunions : une sur le "bilan", l’autre sur des propositions avec différents scenarii). La première réunion s’est tenue le 26 avril.

Ce n’est pas un hasard si le gouvernement parle non pas de "réforme" mais de construction", de "création" d’un système radicalement nouveau. Car le régime par répartition d’un salaire mutualisés des travailleurs du privé et le Code des pensions sont voués à disparaitre.

Pour les fonctionnaires, il s’agit de mettre fin au "salaire continué" (le calcul de la pension correspondant aux 6 derniers mois de salaire).

Et pour les salariés du privé, il s’agit d’en finir avec un système financé par le salaire mutualisé (cotisations sociales), système qui organise la solidarité entre salariés actifs et salariés retraités. Le montant de la pension étant au départ calculé sur la base des 10 meilleures années (sur les 25 meilleures années depuis la contre réforme Balladur). Toutes les études montrent que, compte-tenu des différences de carrières, ces calculs ne permettent pas de dire, comme l’affirme le gouvernement, qu’il y a inégalité de traitement entre les salariés du privé et les fonctionnaires. Le problème est celui de la baisse des pensions imposée par les contre-réformes précédentes.

Le gouvernement s’orienterait vers un régime par points (plutôt que par "comptes notionnels ainsi qu’il l’avait initialement envisagé).

Avec ce système, les points acquis fixeraient la base du calcul de la retraite. Mais la valeur du point, n’est pas connue a priori, et elle pourra varier selon l’espérance de vie moyenne de la profession et/ou selon la conjoncture économique.

Il s’agit d’inciter le salarié à retarder le moment du départ en retraite et à constituer une épargne retraite individuelle (système par capitalisation). C’est une importante baisse du "coût du travail" qui est ainsi programmée : le patronat de s’approprierait tout ou partie du salaire mutualisé, le salaire continué des agents de l’État disparaitrait.

Émancipation soumet donc au vote le texte suivant :


La retraite par points s’inscrit dans un processus d’individualisation des droits ; elle participe d’une attaque en règle contre le statut des fonctionnaires dont le code des pensions est une pièce essentielle.

Face aux nouveaux coups qui se profilent contre les droits à la retraite des salariés, la CA du SNES de Lyon considère que le SNES et la FSU doivent défendre les acquis en matière de retraite, à commencer par le code des pensions. Ils doivent réaffirmer les revendications : retour aux 37,5 annuités pour tous, retour de l’âge légal de départ à 60 ans, abrogation des contre-réformes successives… Le SNES (et la FSU) doivent clairement exprimer leur opposition au projet Macron de retraite par points, en exiger le retrait, et quitter les concertations prévues pour le préparer et s’adresser en ce sens aux autres organisations syndicales !


Pour : 2 – Contre : 24 – Abst : 0 – NPPV : 0


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