La Catho financée par des fonds publics

jeudi 18 octobre 2012
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Grâce au gouvernement de Sarkozy et à la LRU, l’université catholique de Lyon, est maintenant associée au pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) rassemblant 18 établissements du site Lyon/Saint-Étienne. Largement financée par des fonds publics, elle prévoit son extension.

L’université catholique de Lyon (La catho) est largement financée par le mécénat. Or, les entreprises-mécènes bénéficient “d’avantages fiscaux” (le mécénat est un bon moyen pour ne pas payer ou faire diminuer ses impôts). D’autres entreprises versent à l’université catholique la taxe d’apprentissage (laquelle est un impôt qui devrait alimenter la formation professionnelle publique).

Autant de moyen pour détourner l’argent public au profit d’une université privée catholique, alors que dans les universités publiques de Lyon, les étudiants doivent suivre des cours dans des locaux souvent exigus, vétustes, voir insalubres.

Sans compter les financements directs : le département du Rhône, dans son rapport d’activité de 2011, annonce qu’il soutiendra l’Université catholique de Lyon dans son projet de reconversion de la prison Saint Paul (Subvention du Département 4 M€ - Garantie d’emprunts à hauteur de 20 M€).

Ainsi les locaux du campus des Berges du Rhône de Lyon2 conçus à l’origine pour recevoir environ 20% des effectifs actuels, soit 5760 étudiant accueillent actuellement près de 15 000 étudiants. Dans certains bâtiments, les étudiants doivent suivre des cours dans des locaux vétustes ; certaines salles sous les toits manquent d’aération, certains cours ont même lieu dans des caves (souvent inondées).

Une première exigence immédiate : les fonds publics aux seules écoles et universités publiques.

GD 69

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Ci-dessous l’article paru dans le bulletin de juin 2012, Combat Laïque - 76

http://www.asso76.com/assofichiers/creal/bulletins/46CombatLaique76septembre2012.pdf

LYON : de la prison à l’université catholique

A Lyon, les prisons St-Joseph et St-Paul, qui étaient situées le long du Rhône près de la gare Perrache, ont fermé. En 2009, le Préfet avait refusé de classer les bâtiments, d’où des protestations. Puis la Mairie, qui ne voulait pas conserver ces bâtiments a approuvé le projet « confluence » au bénéfice de l’enseignement supérieur catholique. Le groupement qui a emporté le (gros) morceau est en effet composé de Dentressengle Initiatives (33 000 collaborateurs et beaucoup de camions), l’OGIC (aménageur et constructeur filiale de Dentressengle via la SOFADE), Habitat et humanisme (dirigé par un professionnel de l’immobilier devenu prêtre), l’OPAC du Rhône (que fait un organisme public de logement dans cette opération ?), Pôles et Développement (qui s’occupe de promotion et d’aménagement immobiliers) et bien sûr l’Université Catholique de Lyon (UCLy) fondée en 1875.

Le projet St Paul de campus pour 7000 étudiants s’étendra sur 35 000 mètres carrés sur un site idéalement situé, pour une dépense de 65 millions €. Alain Mérieux (de l’Institut Mérieux) préside la campagne de ratissage des dons aux côtés du gratin des patrons et banquiers de la région : 10 millions € sont attendus, défiscalisés à 60% ! Les participations financières publiques n’apparaissent pas mais existent sans doute... L’UCLy comprendra 5 facultés, 6 écoles supérieures, des instituts, et délivrera des masters en nombre. Ce projet se doublera d’un ensemble immobilier (l’îlot St Joseph) de logements, bureaux et jardins…

Tandis que les locaux des universités lyonnaises sont souvent délabrés, l’argent et les soutiens patronaux, financiers et politiques abondent pour cette université catholique privée.