Motion Émancipation : Retrait du projet de réforme du bac et du lycée ; rupture des concertations

mercredi 14 mars 2018
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Ci-dessous, l’intervention et la motion Émancipation sur la réforme du bac et du lycée


Le gouvernement a présenté, le 14 février, le projet de réforme du bac et du lycée, après la publication du rapport Mathiot. Le congrès du SNES de Lyon relève que :

- Le bac serait réduit à 4 épreuves terminales (dont un oral interdisciplinaire), complété par les épreuves anticipées de français (dont le contenu serait revu).

- Tout le reste relèverait du contrôle continu ou ponctuel et compterait pour 40% de la note finale. L’organisation des partiels en première et en terminale serait à la charge des établissements.

- Le lycée serait réorganisé de façon modulaire : les élèves choisiraient 3 disciplines de spécialité en première puis 2 en terminale, dans une logique d’individualisation des parcours, de lycée à la carte. De nombreuses combinaisons seraient possibles.

- Des disciplines disparaitraient du tronc commun (maths, SES, physique-chimie, SVT), des enseignements "transversaux" seraient crées (humanités scientifiques et numériques ; histoire géographie, géopolitique et sciences politiques ; sciences informatiques et numériques ; humanité, littérature et philosophie ; droit et grands enjeux du monde contemporain).

Le congrès de Lyon constate que sur ces bases, il n’y aurait plus un bac national, mais des bacs établissement par établissement. Ce serait la fin du bac comme diplôme national, ayant la même valeur sur tout le territoire. C’est en réalité le "parcours individuel de l’élève" qui donnera la valeur (ou non) du diplôme (Blanquer veut introduire, comme pour la licence, un "supplément au diplôme" ou "portefeuille de compétences et d’expériences").

Cette individualisation des diplômes permettra de passer d’un marché du travail où les salariés sont recrutés et payés selon des critères collectifs (diplômes, titres de qualification, ancienneté) liés à des conventions collectives à un marché des travailleurs où chaque salarié se vend avec son "portefeuille" de "compétences" individuelles.

Ce projet est relié à la loi Vidal dans le supérieur, qui autorise les universités à sélectionner les candidats sur la base "d’attendus" et en fonction des "capacités d’accueil", et aux projets de réforme de la voie professionnelle. Il s’inscrit dans la logique du bac-3/bac+3, il constitue le prolongement de la réforme du collège avec la poursuite de l’affaiblissement de l’enseignement disciplinaire.

Ce projet de réforme impliquera la mise en concurrence des disciplines et des enseignants, des "économies" importantes et l’explosion des inégalités entre lycées. Ce qui ne peut mener qu’à des conséquences désastreuses pour élèves et enseignants, en lycée comme en collège.

À l’évidence, un tel projet s’inscrit dans la logique d’une autonomie décuplée, et s’accompagnerait de mesures contre les personnels.

Qui peut croire que le lycée modulaire, les parcours individuels et l’introduction des enseignements "transversaux" seraient compatibles avec le statut des enseignants ? Le congrès remarque qu’une "concertation technique sur les modalités de mise en œuvre du nouveau baccalauréat et des évolutions du lycée débutera en mars 2018" !


Attaché à la défense du cadre national de l’enseignement, attaché à la défense du bac comme diplôme national (avec des épreuves nationales, terminales et anonymes) et comme premier grade universitaire, le congrès de Lyon considère que le projet ministériel n’est ni amendable ni négociable. Il se prononce pour le retrait du projet de réforme Macron-Blanquer du bac et du lycée.

Le congrès demande à la direction du SNES de se prononcer pour le retrait du projet de réforme du bac et du lycée, et de rompre les "concertations" sur ces bases. De lancer une vaste campagne d’information à destination des personnels, des lycéens et des parents, et de s’adresser aux autres syndicats pour ouvrir la voie à l’action et à la mobilisation unitaires sur ces objectifs. Infliger une défaite au gouvernement Macron sur le bac serait un point d’appui pour combattre toute la politique du gouvernement.


La direction U&A a appelé à voter contre ce texte


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