La deuxième mort de Descartes

mercredi 24 janvier 2018
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En novembre dernier, alors que Mathiot auditionnait, peaufinait son rapport sur la réforme du bac et du lycée en réponse à la Lettre de mission du ministre Blanquer et conformément au programme de Macron, se tenaient à Paris, sous le patronage de J.M. Blanquer, Les controverses de Descartes.

La problématique donnée en dit long sur ce que Blanquer et Macron nomment : former des enfants, des adolescent et des adultes à même de « réfléchir de manière raisonnable, rationnelle et scientifique » :
« L’école, en améliorant les processus d’apprentissage, peut-elle développer ainsi une fonction essentielle du cerveau : la résistance cognitive ?
La résistance intellectuelle est-elle plutôt le résultat d’une médiation culturelle régulière ? Ou bien est-ce à travers une réconciliation entre spiritualité et laïcité que l’école rendra ses élèves plus résistants à la manipulation ? »

Nous portons à la connaissance de nos lecteurs le communiqué de L’union des familles laïques (UFAL).


La deuxième mort de Descartes : l’enseignement privé confessionnel pour formater les maîtres du public !

UFAL le 20 novembre 2017 Communiqués de presse *

Les « Controverses de Descartes » sont des manifestations à l’intention des enseignants, coorganisées par le rectorat de Paris, le ministère de l’Éducation nationale, le Centre International de Formation et d’Outils à Destination des Maîtres, les éditions Nathan, et la Fondation SNCF. La prochaine édition, prévue le 29 novembre prochain à la Sorbonne, sous l’égide et en présence du ministre de l’Éducation nationale, a pour thème « Apprendre à devenir un résistant intellectuel »

Brillant et noble sujet… sauf que sont conviés, au côté du ministre et du recteur, un psychologue et un psychopédagogue (normal)… et deux représentants du seul enseignement privé catholique : M. Balmand, Sectéraire général de l’Enseignement catholique et M. Petitclerc, coordinateur de l’association DON Bosco : cherchez l’erreur. On croit rêver : des membres d’une religion qui subordonne totalement l’enseignement et la recherche à l’autorité du pape enseigneraient « la résistance intellectuelle » ? Qu’on se rassure, le programme suggère lui-même la solution : c’est « à travers une réconciliation entre spiritualité et laïcité que l’école rendra ses élèves plus résistants à la manipulation ». Superbe sottise, puisque la laïcité est le cadre juridique assurant la liberté de conscience, qui comprend donc celle de refuser toute spiritualité ! Voilà une « réconciliation » qui sonne comme un enterrement de la laïcité. En fait de résistance, c’est plutôt l’occupation par les cléricaux que le ministre Blanquer couvre de son autorité.

L’UFAL a protesté contre un précédent pseudo-colloque à usage des enseignants donnant la parole sans contradiction aux militants de l’islamisme politique. Nous élevons la même protestation contre cet entrisme clérical catholique. L’Université est et doit demeurer laïque, c’est la loi.

L’UFAL appelle le ministre à faire respecter l’art. L.141-6 du Code de l’éducation : « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. »