NI BAC, NI LYCÉE MODULAIRES RETRAIT DES PROJETS DU GOUVERNEMENT

lundi 13 novembre 2017
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Le projet de réforme du bac et du lycée (bac et lycée modulaires) préparé par le ministre Blanquer s’inscrit dans la foulée du projet de loi (Plan étudiants) réformant l’orientation et les conditions d’entrée dans le supérieur que la ministre Vidal doit présenter en conseil des ministres le 22 novembre.

Vers la fin du bac, premier grade universitaire

Conformément aux objectifs de Macron, ce projet de loi bouleverse l’accès à l’enseignement supérieur.

Les universités pourront ne plus répondre aux vœux des lycéens, mais trieront, sélectionneront les étudiants : pour chaque formation, l’université définira les attendus. Les lycéens émettront 10 vœux non hiérarchisés. Les universités répondront "oui", ou "oui si". Dans ce second cas, on imposera à l’étudiant un stage de mise à niveau, un cursus adapté, une année supplémentaire… Dans les filières qui manquent de place, l’université pourra répondre "non".

Le projet de loi Vidal supprime du Code de l’éducation le principe suivant : "Tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix". L’inscription se fera alors "après vérification de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation initiale ou ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation."

L’objectif n’est pas de remédier aux difficultés des lycéens victimes des contre-réformes précédentes, des classes surchargées, ni de remédier aux conditions d’études à l’université fortement dégradées par l’asphyxie budgétaire et les lois d’autonomie (Pécresse, Fioraso…) : manque de places, de postes d’enseignants…

Cette sélection qui ne dit pas son nom doit servir de variable d’ajustement. Déjà, à cette rentrée, 169 filières étaient en tension : cela va empirer du fait de l’augmentation des effectifs étudiants. Le projet ministériel distingue "formation sélective" et "non sélective" dans les modalités d’affectation des bacheliers. En réalité, toute formation pourra devenir sélective d’une année sur l’autre, selon les capacités d’accueil fixées par le recteur. Et le manque de moyens contraindra à réduire les capacités d’accueil des universités.

Ce serait la fin du bac premier grade universitaire ouvrant le droit aux études universitaires de son choix.

Usine à gaz et nouvelle dérèglementation

Une "nouvelle plateforme" d’admission dans l’enseignement supérieur sera ouverte début janvier 2018.

Un vade-mecum (DGESCO-DGESIP) (transmis aux chefs d’établissements, aux directions syndicales…) annonce que deux semaines d’orientation seront organisées dans les lycées. L’une au 1er trimestre pour informer les lycéens "sur les métiers et les études à entreprendre pour y accéder" ; l’autre au 2e trimestre, des actions pouvant être mutualisées "au niveau des bassins de formation".

Pour chacun des 10 vœux formulés par chaque élève, les professeurs devraient remplir une fiche (pour chaque enseignant, des centaines d’avis à formuler). Le professeur principal en ferait la synthèse afin d’éclairer l’avis du chef d’établissement. Ces fiches seraient transmises aux établissements d’enseignement supérieur, lesquels auraient accès aux bulletins trimestriels de la 1ère et de la terminale, aux résultats des épreuves anticipées du bac.

En décembre, un 2e professeur principal serait nommé. Les professeurs principaux devront "assurer un suivi plus individualisé des élèves" (préparer les semaines de l’orientation, accompagner les élèves lors de visites de salons, etc.), recenser leurs intentions d’orientation pour le 1er conseil de classe ; coordonner la rédaction des "fiches Avenir", préparer, pour chaque élève, une synthèse des candidatures en vue du 2e conseil ; présenter aux lycéens le nouveau site d’admission…). Des formations académiques concernant ces nouvelles procédures seront mises en place. L’ISOE serait modulée selon "l’engagement" des professeurs.

Le rôle des psy-EN est ainsi marginalisé tandis que le gouvernement ferme des CIO ! Quant aux professeurs, ils seront davantage responsables de l’orientation et du "tri" des élèves imposés en amont du bac.

"Réforme" du bac et lycée modulaire

Une "mission" dirigée par P. Mathiot doit rendre un rapport sur le bac et le lycée en janvier pour application dès la rentrée 2018 en seconde. Des "discussions", en particulier avec les syndicats, débutent le 13 novembre.

Cette "mission" est totalement cadrée par le Plan étudiant et soumise aux objectifs de Macron qui annonçait "4 matières obligatoires à l’examen final et le reste en contrôle continu, afin de rendre possibles de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours".

La généralisation des évaluations locales en contrôle continu poursuivra les évaluations par compétences introduites au collège et leur inscription dans le Livret scolaire unique numérique (LSUN). Ce serait la fin de toute valeur nationale du baccalauréat, reposant sur des épreuves disciplinaires terminales, nationales et anonymes appuyées sur des horaires et des programmes nationaux.

P. Mathiot indique ainsi qu’il ne s’agit pas seulement d’une réforme du bac, mais d’une "réorganisation du lycée" avec une "individualisation des parcours". Un système modulaire, à la carte, avec des parcours intégrés lycée-supérieur remplacera les actuelles filières, annonçant d’importantes économies d’heures et de postes.

Et à l’université, les "parcours personnalisés" annoncent aussi la casse de toute valeur nationale des licences. Le projet de loi Vidal prévoit la possibilité de "suspendre temporairement, pour une durée maximale d’une année universitaire, sa présence dans l’établissement pour exercer d’autres activités". Cet article introduit la possibilité de valider des "compétences" hors du cursus universitaire sur initiatives entrepreneuriales. L’introduction de blocs de compétences dans la licence contribue à l’individualisation des diplômes, détruisant leur valeur nationale. Cela participe de la liquidation du système national des qualifications qui limite la concurrence entre les salariés.

Les projets Vidal et Blanquer vont de pair ! L’autonomie des établissements décuplée, la mise en concurrence annoncent une explosion des inégalités, avec des conséquences désastreuses pour les élèves et les étudiants rendus responsables de tout échec.
Et de nouvelles attaques contre le statut des enseignants sont ainsi programmées.

Unité pour le retrait du projet de loi Vidal, pour le retrait des projets Blanquer

Le gouvernement Macron veut poursuivre la réduction des moyens alloués aux enseignements (supérieur et secondaire, au lycée notamment) et soumettre les formations aux besoins des entreprises et des territoires.

Contre ces projets, l’unité doit se réaliser sur des mots d’ordre clairs :

Retrait du projet de loi Vidal ! Retrait du projet Blanquer de réforme du bac et du lycée !

Pour le maintien du baccalauréat, diplôme national, premier grade universitaire ouvrant droit à la filière universitaire de son choix, le rétablissement des horaires disciplinaires et des dédoublements nationaux supprimés par la réforme des lycées !

Pour casser les résistances, Blanquer reprend la méthode Macron utilisée par Vidal (trois mois de "concertations", 11 groupes de travail et plus de 55 réunions ont précédé le Plan étudiants) : avec la "mission" Mathiot, il s’agit de laisser croire qu’un "débat" doit s’engager alors que tout est déjà cadré.

Assez de discussions sur de telles bases : aucune participation syndicale à la "mission" Mathiot !

L’objectif des syndicats doit être d’informer et de mobiliser pour bloquer ces projets. Une défaite du gouvernement ouvrirait la voie au combat pour l’ensemble de nos revendications (abrogation de la réforme du lycée, celle du collège, création de postes…).


à relire : Enseignement : Macron-Blanquer, "en marche" vers la privatisation - Des projets à combattre : ni négociables, ni amendables


Documents joints

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