"Moderniser le bac" ou détruire toute valeur nationale du bac (et de la licence) - CA académique du SNES 20/09/2017

lundi 25 septembre 2017
par  HB
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La réforme du bac est une pièce essentielle du programme de Macron sur l’école et l’enseignement supérieur et la recherche.

Le continuuum bac – 3 / bac + 3 de Macron-Blanquer-Vidl, conduit à liquider ce qui reste de diplômes nationaux, notamment le bac et la licence au profit de l’individualisation des formations, des qualifications redéfinies en termes de compétences individuelles.

La CA académique du SNES Lyon s’est tenue le 20 septembre 2017.

Le texte présenté par la direction U&A se contentait d’un descriptif des conditions de rentrée ; pas un mot sur la réforme-casse du bac de Macron, ni sur les attaques contre la Fonction publique.

Les militants Émancipation sont intervenus en mettant en évidence la relation entre la casse du bac (réforme Macron-Blanquer-Vidal), la sélection à l’entrée de l’université, la destruction de tout cadre national de la licence et la casse du Code du travail. L’objectif est de détruire le système de qualification (diplôme, grilles de qualifications et conventions nationales) qui limitent la concurrence entre les salariés au profit de l’individualisation des parcours de la maternelle à l’université et de la FTLV (LSUN, CPF, CPA).

L’essentiel de la CA a été centrée cette question, qui manifestement semblait essentielle à l’ensemble des participants.

L’EE est intervenue sur le bac, mais en réduisant le problème à la seule question d’une riposte dès maintenant (proposition de motions, pétitions).

Mais ni U&A, ni l’EE, ni URIS n’ont soutenu la nécessité que le syndicat se retire des groupes de travail mis en place par le gouvernement (dans le cadre de la concertation ouverte dès le 17 juillet). Pour la direction U&A, il conviendrait d’attendre que Blanquer ait mis sur la table son projet, et il fuat "avoir une vrai réflexion sur ce qu’on attend, armer les élèves sur le supérieur".

Motion Émancipation 1  :

En défense du bac

L’attaque contre le bac annoncée par Blanquer est partie intégrante de l’offensive engagée par Macron contre l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse. Il s’agit d’aligner totalement tout le système d’enseignement et de formation sur l’exigence du MEDEF et de tout le patronat de formation tout au long de la vie (FTLV) c’est à dire imposer au salarié d’être responsable de son employabilité, de rester en permanence employable selon l’évolution des besoins de l’entreprise, ce qui implique qu’il soit soumis à l’évaluation en permanence de ses compétences à l’intérieur de l’entreprise.

C’est la liquidation définitive des acquis arrachés de hautes luttes : la reconnaissance des qualifications et leur garantie dans les grilles nationales de qualifications reconnues dans les conventions collectives nationales. Or, le socle de ces grilles nationales de qualifications, c’est les diplômes nationaux dont le bac national est le pilier essentiel.

Le bac Macron "baccalauréat (4 matières obligatoires à l’examen final et le reste en contrôle continu) afin de rendre possible de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours, qui prépareront mieux à la poursuite d’études et à l’insertion professionnelle", sonne la fin du bac comme diplôme national, ayant la même valeur sur l’ensemble du territoire, premier grade universitaire et s’article avec la mise en place de pré requis à l’entrée de l’université.

Il induit une réforme du lycée avec une autonomie très large des établissements (le recrutement des enseignants par le chef d’établissement évoqué par Blanquer est une application du programme de Macron qui veut en finir avec une société de "statuts", de même que l’annonce de la mutualisation des options entre lycée, voire entre lycée et université conduisant à d’importantes suppressions de postes s’inscrit dans le cadre des réductions drastiques de crédits).

Blanquer et Vidal entendent procéder avec la même méthode de Macron utilisée pour les ordonnances. Les 11 groupes de travail (GT) mis en place n’ont qu’un but, faire légitimer par les syndicats la "réforme" du bac et ce faisant limiter les résistances. Comme pour les ordonnances, le projet est déjà écrit.

La défense du bac national, premier grade universitaire, ayant la même valeur sur tout le territoire, ouvrant droit à l’inscription à l’université (épreuves nationales et terminales sur tout le territoire, égalité de traitement entre les candidats avec des copies anonymes…), implique que le SNES dénonce cette opération, quitte les groupes de travail mis en place par le ministère, prenne contact avec les autres organisations syndicales et les organisations de jeunesse pour organiser la mobilisation, afin que le ministère renonce à ce projet.

Le fait que Macron mène une attaque globale contre le monde du travail et la jeunesse a été intégré dans le texte U&A, de même que les deux premiers paragraphes de notre motion, ainsi que la référence aux annonces sur la réforme du bac et du lycée et d’APB avec "des conséquences directes dès le mois de janvier".

Mais la direction U&A refuse d’en tirer les conséquences en publiant un texte qui mette en évidence tous ces aspects et en décidant de boycotter les groupes de travail Vidal-Blanquer. La direction académique annonce la tenue de "réunions de S1 dans chaque département à la rentrée des vacances d’automne en complément du stage du 25 janvier intitulé "quels diplômes pour quel lycée ?".

Nous avons soumis au vote le dernier paragraphe :

1 Pour, 5 abstentions (EE+Uris), 21 contre (U&A)

Motion Emancipation 2

Pour la prise en charge par l’ASE des jeunes étrangers isolés

La CA académique du SNES de Lyon demande la prise en charge immédiate par l’aide sociale à l’enfance (ASE) de tous les jeunes étrangers isolés et leur accueil dans des foyers éducatif avec l’encadrement éducatif, médical, psychologique… nécessaire.

La CA demande la scolarisation de tous les jeunes étrangers allophones dans des structures Éducation nationale permettant de réussir (UP2A, MLDS…) et la création de tous les postes nécessaires.

La motion sur les jeunes étrangers isolés a été intégré dans le texte académique précédée de la phrase : "Conformément aux mandats de la FSU…"