UNITÉ POUR INFLIGER UNE DÉFAITE AU GOUVERNEMENT MACRON !

mardi 10 octobre 2017
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Gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, hausse de la CSG, les annonces contre les fonctionnaires se multiplient. D’autre part, la volonté exprimée de supprimer 120000 postes et d’économiser 60 milliards d’euros indique que la fonction publique est ouvertement menacée par le gouvernement Macron.
Ces mesures s’inscrivent dans une offensive générale qui vise le code du travail, la sécu, les retraites, l’éducation nationale… en clair l’ensemble des acquis des salariés et de la jeunesse.

La fonction publique dans le viseur !

E. Philippe annonce le 26 septembre qu’il met sur pied “le comité action publique 2022”.

Les pistes tracées par le gouvernement témoignent de l’ampleur de l’offensive prévue contre les fonctionnaires et les services publics : il s’agit notamment de “proposer des transferts entre les différents niveaux de collectivités publiques, des transferts au secteur privé, voire des abandons de mission”.

Pour avancer dans cette direction, le gouvernement compte notamment s’appuyer sur le “Grand forum de l’action publique”, une consultation sur les “missions” des fonctionnaires et des services publics, étroitement liée aux objectifs du “Comité action publique 2022”.

Le ministre Darmanin explique la logique du “Grand forum de l’action publique” de la façon suivante : “nous réfléchissons aux missions du service public avant de le transformer et de faire des économies”.

Or, redéfinir les “missions” et le périmètre du service public, implique de revoir les “missions” des fonctionnaires, c’est-à-dire leur service. L’objectif répété de “donner la possibilité d’avoir plus de souplesse dans la gestion des carrières, des rémunérations plus individualisées, et des mobilités” atteste de la volonté de remettre en cause les garanties statutaires (mutation, promotion, avancement …).

Excluant toute augmentation indiciaire et collective, le ministre ajoute que la question salariale ne se posera que dans un deuxième temps, “notamment en prenant davantage en compte le mérite”. Le ministre de l’éducation nationale Blanquer relie une éventuelle revalorisation “dans les temps futurs”, à “de nouvelles organisations” à l’échelle des écoles et établissements (c’est à dire après les attaques contre le statut).

Code du travail, sécu, retraites, éducation nationale, bac… les mêmes attaques sur tous les terrains !

“Passer d’une société de statut à une société de mobilité”, tel est l’objectif fondamental de Macron pour en finir avec l’ensemble des garanties collectives arrachées par les luttes antérieures.
C’est la logique des ordonnances contre le code du travail, qui donnent la primauté aux accords d’entreprises dans des domaines décisifs (salaires, contrat de travail...), facilite les licenciements...

C’est également la logique de l’autonomie des établissements voulue par le gouvernement. Les annonces sur le recrutement local des enseignants par les chefs d’établissement témoignent de la volonté de s’en prendre au statut ; la remise en cause du bac comme examen national et premier grade universitaire montre l’étendue de la menace qui pèse sur le caractère national de l’enseignement, sur les diplômes et les qualifications.

Au-delà, la hausse de la CSG constitue une attaque d’envergure contre la sécu. La suppression des cotisations sociales maladie et chômage constitue le vol d’une fraction importante du salaire (le salaire mutualisé qui finance la sécu et organise la solidarité entre les salariés), menaçant les fondements même de la sécu.

La mobilisation ou le dialogue social ?

Assurément, la mise en œuvre d’un telle politique rencontre de plus en plus de résistances. Le gouvernement surveille la situation (par exemple, les étudiants) et craint une “coagulation des mécontentements”.

Les ordonnances sur le code du travail attestent de la méthode du gouvernement et montrent où mène le dialogue social : plus de 48 réunions gouvernement-syndicats pour déboucher sur la casse du code du travail, sur un texte pour l’essentiel écrit à l’avance !

Pour mettre en place de telles mesures et paralyser les mobilisations, le gouvernement Macron compte plus que jamais sur les “concertations” qui sont tout le contraire de négociations sur nos revendications.

Ainsi, le gouvernement tente d’associer les organisations syndicales à la remise en cause du statut des fonctionnaires via “le Grand forum de l’action publique”.
Le “rendez-vous salarial” reporté au 16 octobre est cadré par le gel du point d’indice. Il ne s’agit donc non de “négocier” l’augmentation du point d’indice, mais d’amener les directions syndicales à cautionner la politique salariale du gouvernement et les mesures contre la Sécu.

Appuyé sur les ordonnances, Macron veut passer à “la deuxième étape des réformes sociales” en convoquant les dirigeants des organisations syndicales le 12/10 à l’Élysée, précisément pour préparer la suite.

Mais, peut-on appeler à la mobilisation et participer en même temps à des “concertations” sur la feuille de route gouvernementale ? Est-il possible de défendre les acquis tout en acceptant le cadre fixé par le gouvernement, qui se situe aux antipodes des revendications des salariés ?

Infliger une défaite au gouvernement !

Les salariés ont déjà montré leur disponibilité à combattre le gouvernement ; la mobilisation des routiers, la volonté d’aller vers l’action commune public/privé, la résistance au sein de FO à l’orientation nationale de Mailly, la participation aux manifestations, expriment la recherche de l’affrontement avec le gouvernement.

Face à une politique ouvertement antisociale, il y a nécessité de parvenir à la mobilisation unie, appuyée sur des revendications précises et un objectif clairement affirmé : infliger une défaite à Macron !

C’est pourquoi tout doit être entrepris pour la rupture par les organisations syndicales des “concertations” avec le gouvernement, en particulier par le refus de participer au “Grand forum de la fonction publique”, pour le boycott de la réunion du 12 octobre à l’Élysée et pour que soient avancés les mots d’ordre suivants :

-  Le retrait des ordonnances Macron contre le code du travail ! Abrogation de la loi El Khomri !

-  Le retrait des projets contre le service public et contre le statut des fonctionnaires !

-  Non au rétablissement du jour de carence, hausse du point d’indice, hausse des salaires et rattrapage du pouvoir d’achat perdu !

-  Le maintien de tous les emplois pour les personnels en contrats aidés, la création de tous les postes statutaires nécessaires !

-  Défense de la sécurité sociale, non à la hausse de la CSG !

-  Défense du baccalauréat comme diplôme national et premier grade universitaire !