Retrait du plan Macron sur les migrants ; prise en charge de tous les jeunes étrangers isolés... (intervention au Cdfn de la FSU)

dimanche 1er octobre 2017
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À Lyon, à cette rentrée, ce sont 80 jeunes, mineurs, qui dorment dehors, privés d’école.

Le préfet traque aussi ceux qui, à 18 ans, font leur demande de titre de séjour : du jour au lendemain, des lycéens se trouvent à la rue, suite à une OQTF.

La Métropole à Lyon se partage, avec la police, les parquets et les tribunaux le soin de faire le "tri" entre les jeunes reconnus "mineurs" et les autres, déclarés "majeurs".
Si la métropole lyonnaise applique à la lettre la politique de Macron, avec l’appui du sous-fifre Gérard Colomb, cette situation se développe sur tout le territoire.

Car Macron, ainsi qu’il l’avait annoncé, durcit encore la politique de chasse aux exilés.

Tel était le but de la réception, à Paris, du Premier ministre libyen et du général Haftar, puis du sommet UE-Niger-Togo promu par Macron pour externaliser la gestion des flux auprès de dictateurs… au nom de "l’aide au développement".

Le plan Macron se résume ainsi : "expulser" plus, renvoyer plus avec la procédure du "retour volontaire", faire des économies drastiques.

⇨ Les 20 milliards d’économies sur le budget 2018, les 120 000 suppressions de postes, comme le plan de licenciement des 160 000 emplois aidés vont se traduire par la fermeture, la privatisation de services entiers, l’externalisation vers le privé, associatif ou lucratif.

Les services sociaux seront les premiers touchés. Les réfugiés, migrants, jeunes étrangers isolés, les couches populaires en subiront durement les conséquences.

Ainsi, le 5 septembre, Macron a indiqué que "la gestion des mineurs non accompagnés représente une charge croissante pour les conseils départementaux".

Et dans sa déclaration au Point, il promeut le bénévolat comme l’un des 4 piliers de l’économie, souhaite "faire entrer le bénévolat", "l’entraide" dans le "champ productif" !

Déjà, la métropole de Lyon envisage la "mise à l’abri" de mineurs isolés alors qu’ils relèvent de la protection de l’aide sociale à l’enfance (et que certaines places restent vides dans les foyers éducatifs).

Des associations sont déjà sur les rangs : va-t-on utiliser, comme à Lille ou ailleurs, des "contrats à impact social" (CIS) ? Si l’entreprise partenaire fait baisser les coûts elle reçoit un financement. Mais pour diminuer les coûts, on diminue le taux d’encadrement, on fait appel au bénévolat de jeunes en service civique, des retraités dont les pensions vont encore baisser… en échange d’une obole.
Avec les coupes budgétaires drastiques, c’est aujourd’hui, toute la protection de l’enfance qui est menacée.

⇨ La mobilisation massive du 12 septembre, marque la volonté des travailleurs, des personnels, de combattre Macron et l’ensemble de sa politique de casse de tous les acquis fondamentaux : liquidation du Code du travail, du statut des fonctionnaires, des bases même de la sécu, des retraites, de l’assurance chômage, des libertés fondamentales, de la formation professionnelle, des droits des étrangers, des réfugiés…

Car les mesures les 6 chantiers de Macron forment un ensemble qui doit très rapidement être mis en œuvre, avec l’objectif : "construire une société de mobilité plutôt que de statuts".

⇨ Comme pour le Code du travail, Macron entend faire cautionner la casse des services publics et du statut (lesquels sont liés) en associant les organisations syndicales à son "grand forum des services publics", et à l’Agenda social du ministre Darmanin. Or les plans Macron sont clairs : il s’agit de redéfinir les missions des services publics et donc des personnels afin de réaliser des économies drastiques.

Or, avec les ordonnances, on a vu le résultat des dizaines de concertations, du dialogue social durant l’été et aujourd’hui encore.

Ce qui peut centraliser le combat contre l’ensemble de la politique de Macron, c’est l’exigence de RETRAIT des ORDONNANCES, lesquelles ordonnent toute la politique du gouvernement.

⇨ Le plans de Macron contre les exilés, contre les jeunes étrangers isolés, n’est pas plus négociable, ni amendable que l’ensemble des projets du gouvernement contre les travailleurs et la jeunesse, décrets d’application sur les ordonnances inclus.

La place de la FSU, des syndicats n’est donc pas au "grand forum" et autres "concertations" de Macron, mais dans l’organisation du combat unitaire pour imposer le retrait des ordonnances Macron, lui infliger une défaite politique, pour exiger le retrait du plan de casse des services publics et de la Fonction publique, et pour exiger, notamment :

- le retrait du plan Macron sur les migrants et les jeunes étrangers isolés ;

- la prise en charge de tous les jeunes étrangers isolés par l’aide sociale à l’enfance afin que soient assurés, par les services sociaux de l’État, dans le cadre de foyers éducatifs, leur protection, leur hébergement, leur scolarisation ainsi que l’accompagnement éducatif, médical, psychologique indispensable  ;

- aucune mesure d’externalisation de missions de l’État ;

- aucune suppression de postes, d’emplois ; création de tous les postes nécessaires.

Intervention Émancipation au Cdfn de la FSU, le 19 septembre 2017.