Unité contre la politique du gouvernement, UNITÉ pour le RETRAIT des ordonnances !

jeudi 7 septembre 2017
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Les ordonnances Macron brisent les acquis essentiels inscrits dans le Code du travail. Elles sont la première étape de l’offensive du gouvernement Macron contre les acquis des travailleurs. Cette offensive prévoit : 20 milliards d’économies sur le budget 2018, la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, la fin des retraites par répartition et du code des pensions, la casse de l’assurance chômage, de la Sécurité sociale, l’offensive contre la formation professionnelle, l’enseignement public, les diplômes… Les annonces des ministres Blanquer et Darmanin s’attaquant au statut des fonctionnaires et aux statuts particuliers participent de l’offensive.

École : autonomie renforcée, casse du bac, du statut…

La suppression de 160 000 contrats aidés (dont un très grand nombre dans les écoles : surveillants, agents d’entretien, administratifs, animateurs...) marque la rentrée Macron. L’objectif n’est pas d’en finir avec la précarité. L’appel aux "volontaires du service civique" pour assurer les "devoirs faits" en collège marque la volonté de remplacer le personnel qualifié par du bénévolat, du travail gratuit : précariser plus encore tout en augmentant la charge de travail des personnels en poste.

Poursuivant l’application de la loi de "refondation" Peillon et des décrets (indemnités, réforme de l’évaluation, des statuts…), des professeurs formeraient avec le chef d’établissement une "équipe de direction" chargée de piloter l’établissement autonome défini par son "projet" particulier. Quoi de mieux que d’instaurer des contremaîtres pour diviser les personnels, préparer le recrutement des enseignants par le chef d’établissement évoqué par Blanquer ?

L’évaluation individuelle des personnels s’inscrira dans le cadre de l’évaluation de l’établissement autonome et des équipes. Et "les projets éducatifs différents" que prône Blanquer fera définitivement voler en éclats le cadre national de l’enseignement, des diplômes et des acquis statutaires qui unifient les personnels.

Blanquer annonce une "réforme" du bac pour juin 2021 en relation avec la sélection à l’entrée de l’université, une "évolution"/réforme du lycée dès cette année, en continuité de la "réforme du collège", de substantielles économies de postes (mutualisation des options entre lycées, certaines seraient suivies à l’université, etc.), et une "concertation" dès octobre pour associer les syndicats à la dislocation du bac national et aux nouvelles attaques contre le statut.

Fonction publique : services publics et statut en ligne de mire

Le 10 juillet, Darmanin annonce une redéfinition des services publics pour les adapter "à un univers budgétaire très contraint". Après le non remplacement systématique des départs à la retraite, le gel du point d’indice, la numérisation des tâches, la réduction du paiement majoré des heures sup… Macron veut passer du "service public" au "service AU public", avec des règles différentes selon les territoires.
Les restrictions budgétaires (dont 13 milliards d’économies sur les collectivités), la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, le transfert annoncé de pouvoirs règlementaires aux préfets en matière économique, sociale… touchent de plein fouet les personnels et la grande masse des travailleurs et jeunes : diminution du salaire des personnels (augmentation de la CSG, mise en cause du point d’indice…), utilisation de contractuels voire de "bénévoles", fermetures de services, externalisation vers le privé… Les couches populaires seront les premières touchées, notamment dans l’accès aux services sociaux.

Le principal obstacle à la dérèglementation, c’est le statut unifié des fonctionnaires.
Qui peut croire que le syndicat puisse défendre les revendications, le point d’indice, le statut, les services publics, la sécurité sociale… en participant à "l’Agenda social" et aux "assises de la fonction publique" du gouvernement dont les objectifs sont de "redéfinir le périmètre du service public" et les "missions" de fonctionnaires, soit la négation même des revendications ?

Ordonnances Macron : faire exploser les garanties collectives et assujettir les syndicats

Les ordonnances Macron se fondent sur "le principe de la destruction du droit du travail en en sapant le fondement qui est de compenser un peu l’inégalité juridique, inhérente au contrat de travail entre l’employeur et le salarié, par la fixation de règles légales, les mêmes pour tous, et, quand cela est possible par des accords collectifs, nationaux, de branche ou d’entreprise, chaque niveau ne pouvant être que plus favorable que le précédent". (Lire l’analyse détaillée de Richard Abauzit, inspecteur du travail retraité : http://69.emancipation.fr/ ).

"La loi ne doit plus faire la loi"  : la loi Travail (El Khomri) s’est déjà engagée sur ce terrain en ce qui concerne la durée du travail, les repos et les congés. Macron veut faire de même pour le salaire, le contrat de travail, le droit disciplinaire, la rupture du contrat de travail, la sécurité, la santé, les représentants du personnel, la négociation collective, la formation professionnelle, les prud’hommes et aussi les syndicats. "Droits individuels", "droits nouveaux"… sont autant d’expressions visant à masquer la réalité des ordonnances : en donnant aux accords d’entreprises la primauté dans nombre de domaines, c’est la dislocation des droits collectifs fondamentaux arrachés et garantis à l’échelle nationale qui est ainsi organisée.

Le renforcement du "dialogue social", la disparition des délégués du personnel, des CHSCT (fusion des instances représentatives des salariés), les moyens donnés aux employeurs permettent de mieux assujettir les délégués, de réduire encore l’indépendance syndicale.

À terme, cette soumission institutionnelle des syndicats s’appliquera aussi dans le secteur public. Il s’agit d’ôter aux salariés leur cadre élémentaire d’organisation, l’outil syndical qui leur permet de s’organiser indépendamment de l’État et du patron afin de défendre leurs intérêts spécifiques, et de soumettre toute action syndicale aux intérêts de l’entreprise dans le but de flexibiliser, précariser toujours plus.

Appuyé sur les multiples concertations (du 23 mai) auxquelles les directions syndicales acceptent de se soumettre, légitimant ainsi les plans de Macron, ce dernier entend faire adopter les ordonnances le 22 septembre en conseil des ministres. Immédiatement publiées au Journal officiel, elles pourront être très vite appliquées (la ratification par l’Assemblée croupion "En Marche" est acquise d’avance).

Seule la mobilisation unie et de masse peut mettre en échec cette offensive. Cela implique notamment de défendre l’indépendance syndicale gravement menacée : Rupture des "concertations", du "dialogue social" avec le gouvernement qui détruisent l’indépendance syndicale et conduisent à la division syndicale !

UNITÉ CONTRE LA POLITIQUE DU GOUVERNEMENT MACRON, POUR LE RETRAIT DES ORDONNANCES !

Retrait des projets contre la Fonction publique, le statut des fonctionnaires et contre tous les personnels !

Retrait des mesures Blanquer-Vidal contre l’enseignement public, les personnels enseignants !

Défense du baccalauréat national, premier grade universitaire !

Réemploi (avec un vrai salaire) de tous les emplois "aidés" licenciés. Création de tous les postes statutaires nécessaires !


Une priorité : la tenue d’AG pour informer, discuter, s’organiser


Manifestation à Lyon : mardi 12/09, 11h30

Manufacture des Tabacs - Bellecour

(à l’appel de : CGT, Solidaires, FSU, CNT, CNT-SO et UNEF)


Disparition annoncée de la Sécurité sociale

Macron annonce la suppression des cotisations sociales qui financent l’Assurance maladie et l’assurance chômage. Il prétend que cela donnera un surcroît de salaire net, or celui-ci sera repris par l’augmentation de la CSG.

Il annonce la mise en place d’un système à points pour les retraites : la disparition des retraites par répartition et du Code des pensions induira une diminution drastique du montant des pensions.

Il indique qu’à terme, l’objectif est d’en finir avec la sécu de 1945.



Documents joints

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