"Devoirs faits" : contre le travail gratuit dans l’Enseignement public

samedi 24 juin 2017
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Intervention et motion défendu à la CA académique du SNES de Lyon, le 19 juin 2017 [Compte-rendu de la CA académique du SNES de Lyon du 19 juin 2017]

Le ministre Blanquer annonce qu’au collège, dès la rentrée, les établissements devront mettre en place des études dirigées pour permettre aux élèves qui le souhaitent de faire leurs devoirs à l’école.

J.M.Blanquer veut faire appel aux enseignants volontaires et aussi qu’aux associations et aux jeunes en service civique (SCU). Cela correspond au programme de Macron qui veut, de diverses manières, étendre lr recours au bénévolat, à "l’engagement" pour assurer nombre de tâches qui relèvent de la responsabilité de l’État et qui sont assurées par un personnel qualifié, rémunéré et protégé par un statut. Dans le même temps Macron annonce la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires (dont 20 000 au ministère de l’Éducation nationale).

Alors qu’une masse de jeunes sont à la recherche d’un emploi (certains sont diplômés, qualifiés, d’autres souhaitent acquérir une qualification), le SCU n’est qu’un nouveau moyen pour faire diminuer les statistique du chômage. Il permet de développer un travail gratuit (rappelons que les jeunes en SCU ne signent pas un contrat de travail, mais un contrat "d’engagement"), voue les jeunes à la précarité et à la docilité.

Motion "Devoirs faits"

La CA se prononce clairement contre l’utilisation de jeunes en service civique ou des associations pour tenir des études surveillées dans les collèges. Elle demande le rétablissement du statut des MI-SE* qui comportait la possibilité de faire des études surveillées (une heure d’étude surveillée était comptée pour deux heures de service).

* Rappelons que le statut des MI-SE (maître d’internat et surveillant d’externat) (32h hebdomadaires pour les SE payées au SMIC) comportait 4 h de responsabilités pédagogiques à savoir, des études dirigées (à distinguer des permanences) : 1 heure était décomptée 2 heures. Le service des SE était donc réduit à 28h /semaine, non annualisées et sur la durée de l’année scolaire (circulaire du 01.10.68 et du 14.02.69).

De même, les MI-SE qui possédaient les diplôme requis et qui étaient candidats aux concours d’enseignants pouvaient-ils, sur la base du volontariat, effectuer des suppléances de courte durée d’un professeur absent ou des activités dirigées (circulaire du 30.10.1954). Et dans ce cas, une heure valait deux heures de service de surveillance.

Les MI-SE avaient ainsi les moyens de suivre des études universitaires : leur emploi du temps devait être "négocié" :"le chef d’établissement donnera le service global à effectuer, les surveillants le répartiront entre eux à parts égales et proposeront le tableau de service établi à l’agrément du chef d’établissement". (La circulaire du 19.06.1973)

C’est le ministre Ferry (sous la présidence de Chirac) qui, en 2003, considérant que le statut des MI-SE était "obsolète" (sic) fit adopter une loi y mettant fin et créant à la place les AED (assistant d’éducation), qui pour un salaire similaire doivent 39h/semaine, avec un service annualisé (1607h), ce qui leur interdit, dans les faits, de suivre des cours à l’université.


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