Vive la solidarité lycéenne : Alpha doit pouvoir poursuivre ses études en toute quiétude !

samedi 13 mai 2017
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Ci-dessous, le communiqué du Collectif RESF 69 jeunes du 7 mai 2017.

Convoqué à la police des frontières (PAF) mercredi dernier, Alpha, élève au lycée Condorcet de Saint-Priest, en est sorti au bout de quelques heures, sans garde à vue, ni OQTF. La solidarité qui s’est manifestée autour de lui n’y est sûrement pas pour rien ! 40 personnes, ses camarades de classe, des professeurs et personnels d’éducation du lycée, des parents d’élèves notamment, étaient venues en début d’après-midi devant les locaux où il était entendu depuis le matin.

L’émoi avait été grand la veille, jour de rentrée, quand sa classe avait appris les menaces dont Alpha avait fait l’objet pendant les vacances, à partir du moment où il avait manifesté auprès de ses éducateurs sa volonté de se rendre à l’Ambassade de Guinée pour faire enregistrer sa demande de passeport. Refus d’accompagnement et convocation à la PAF s’étaient enchaînés.

Le 30 juin 2016, Alpha avait déjà été convoqué à la PAF quelques mois après son arrivée à Lyon, alors qu’il avait tout juste 16 ans. Suspicion sur sa minorité, comme d’habitude, et tous ses papiers dès lors confisqués par la PAF ! Pourtant, une décision du juge des enfants, et même une décision du juge des tutelles ont confirmé sa prise en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE) et il a commencé ses études en 1ère SI au lycée de Saint-Priest… Alors, pourquoi une 2e convocation à la PAF ?

Avec cette politique qui utilise la suspicion permanente sur l’âge des mineurs (comme récemment pour Médie, Glodia, Ben Hassane…), avec la nouvelle habitude prise par le Préfet du Rhône de délivrer des OQTF sans délai avec interdiction de retour sur le territoire, il y avait tout à craindre de la nouvelle convocation d’Alpha. Ses camarades de classe et ses enseignants l’ont bien compris et leur mobilisation fut immédiate : informations, adresse au préfet et pétition en ligne des lycéens qui avait recueilli plus de 2000 signatures au moment où il était auditionné.

Les policiers ont déclaré n’avoir trouvé aucune preuve d’une supposée majorité, mais ils n’ont pas lâché l’affaire. Ils ont sorti leur carte “tests osseux” et n’ont pas manqué de faire pression sur Alpha, en le menaçant de faire arrêter sa prise en charge s’il éthiques récusent la validité de ces tests et condamnent leur utilisation à des fins autres que médicales ; de même, le Défenseur des droits considère-t-il que “Les tests d’âge osseux sont inadaptés, inefficaces et portent atteinte à la dignité de l’enfant”.
Alpha a donc subi l’humiliation des tests osseux. Maintenant, la menace du résultat de ces examens continue de planer sur lui.

Avec la mobilisation des enseignants, de ses camarades de classe et de leurs parents qui ne baisseront pas la garde, nous restons vigilants jusqu’à l’arrêt complet du harcèlement dont est victime ce mineur ! Comme pour Boubacar il y a quelques semaines, le Parquet doit cesser de l’inquiéter quels que soient les résultats des tests ! Alpha doit pouvoir poursuivre ses études sous la protection de l’État, avec les conditions matérielles nécessaires (ce qui implique le maintien de sa prise en charge par aide sociale à l’enfance).

Stop au harcèlement dont sont victimes tous les mineurs isolés étrangers ! Nous refusons que la suspicion devienne le principe directeur du droit au séjour et de la protection de l’enfance.

Lyon, le 7 mai 2017
. Collectif RESF 69 Jeunes

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