Grève des enseignants-stagiaires grévistes de l’Espé de Grenoble – et Appel à une mobilisation nationale

mercredi 26 avril 2017
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Depuis fin mars, des étudiants et futurs professeurs de l’École supérieure du professorat et de l’éducation (Espé) de Grenoble sont en grève. Un mouvement soutenu par l’intersyndicale Snes-FSU, CGT éduc, FO, Snalc, et Sud éducation. Cette mobilisation est liée aux conditions de formation, de travail des étudiants et professeurs stagiaires : surcharge de travail scolaire, logique managériale et financière du système, mesures infantilisantes… Les motifs de mécontentement des futurs enseignants sont multiples, et à deux semaines des écrits du concours, on est passé de la grogne à la grève.

Les revendications des enseignants-stagiaires grévistes de l’Espé de Grenoble

Revendications dont l’application est demandée "à brève échéance" :
- Une prise en considération de leur statut de fonctionnaires responsables et adultes
- La suppression des menaces à la titularisation
- Pas de cours pendant les "vacances" (interruptions pédagogiques)
- Un allégement ou plus de souplesse concernant l’écrit réflexif et les divers travaux à rendre.

Revendications "à mettre en place en vue de l’année prochaine" :
- Une formation adaptée et de qualité
- La réadaptation ou la suppression des UE qui ne leur apportent rien
- Davantage de clarté en ce qui concerne les emplois du temps, les instances existantes et les
différents supports de travail
- Une meilleure répartition du temps de travail, notamment pas de cours pendant les vacances
- La réduction, voire la suppression des évaluations
- Donner aux stagiaires et aux étudiants un réel poids décisionnel (en donnant, par exemple, au conseil d’école un vrai pouvoir décisionnel et en permettant aux stagiaires de renégocier avec les formateurs le contenu des formations).

*Suite à la mobilisation, les étudiants n’ont plus l’obligation de justifier de leur présence via les fameuses fiches d’émargement. (Les étudiants devaient faire signer cette fiche à chacun de leur formateur pour justifier de leur présence en cours : une formalité fastidieuse et infantilisante) selon eux, et qui ne les responsabilisait pas. En décembre 2016, une pétition avait été lancée par le Snes-FSU, rejoint par FO : elle a été signée par plus de 250 stagiaires, soit les trois-quarts des promotions du second degré de l’Espé de Grenoble.

Appel de Grenoble à la nationalisation du mouvement des enseignant.e.s-stagiaires et étudiant.e.s des ESPE

https://800000feignasses.com/2017/04/05/appel-de-grenoble-a-la-nationalisation-du-mouvement-des-profs-stagiaires-et-etudiants-des-espe/

Et à Lyon

Suite à cet appel, à Lyon, les étudiant-e-s-professeur-e-s stagiaires de Lettres Modernes et Classiques à Lyon 2, tenaient deux assemblées générales. Le 8 avril, ils publiaient un texte dans lequel on peut lire :

« Nous remettons en cause les modalités de masterisation des concours de recrutement de l’enseignement définies au niveau national. Il apparaît évident que les conditions de travail et de formation des Masters de l’Education de l’Enseignement et de la Formation (MEEF) sont inhumaines et intenables et ne permettent pas de se consacrer pleinement à la réussite des élèves que nous avons en responsabilité. (…)
Nous demandons donc : « L’allègement des charges horaire et de travail (en moyenne 60h par semaines) rendues exponentielles par le triple statut étudiant, professeur en poste et professeur en formation », « La modification de ce triple statut », « L’allègement et la réduction drastique du nombre d’évaluations, qui surchargent inutilement la formation et la rendent contre-productive : elles créent une situation d’évaluation permanente particulièrement anxiogène ».

Le texte se concluait par un appel à une assemblée générale le mardi 11 avril 2017.
Lire le compte-rendu de cette AG sur le site du SNES de Lyon : http://www.lyon.snes.edu/spip/spip.php?article3329

Une nouvelle AG est prévue le mardi 9 mai à 18h00 à Lyon (salle à définir)


Quelques rappels :

Les ESPE, pièce maîtresse de la réforme Peillon dite de "refondation" de l’école

Les écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) mises en place par Peillon sont étroitement corrélées aux corrélée aux objectifs de la loi de “refondation” (loi Peillon de 2013) : L’acquisition des “compétences”, le “socle commun” deviennent “le principe organisateur de l’enseignement obligatoire”. Cette “refondation” redéfinit le métier d’enseignant et met profondément en cause le statut et les garanties collectives des personnels. Les ESPE sont une “pièce maîtresse” de la casse du métier et de la dislocation du statut.

À relire, l’article rédigé quelques semaines avant la mise en place des ESPÉ et publié en septembre 2013 dans la revue L’émancipation syndicale et pédagogique :

http://69.emancipation.fr/spip.php?article403


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