Le pays qui voulait exister (1ère partie)

mardi 28 février 2017
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Le pays qui voulait exister

En février 1917, la révolution éclate à Petrograd, s’étend à tout l’Empire russe, fait exploser cette “prison des peuples” que constituait l’empire du tsar. Pour les nationalités opprimées, c’est une opportunité historique pour s’émanciper : le processus de la révolution sociale se combine alors avec l’aspiration démocratique des peuples à décider de leur propre avenir. Compte tenu de l’extrême diversité des situations, ce processus diffère selon chaque cas, et conduit à des débats complexes, et des évolutions très rapides. C’est le cas de l’Ukraine.
Une aspiration trop longtemps refoulée

En Ukraine, l’aspiration à constituer une nation a été longtemps refoulée par la plus brutale des répressions (cf. Le pays qui n’existait pas ; L’Émancipation n° 5). Cette aspiration s’était réfractée dans les premières organisations ouvrières de la seconde moitié du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Elle s’est encore exprimée à la veille de la Grande Guerre : le 11 mars 1914 à Kyiv, une manifestation (interdite) commémorant le poète nationaliste Chevchenko rassemble des dizaines de milliers de manifestants. Des manifestations ont lieu dans d’autres villes ukrainiennes.

La révolution qui balaie les territoires ukrainiens en février 17 libère alors une formidable énergie. La question nationale est immédiatement posée. Mais les “réponses” données à cette question varient selon les organisations, et “prolongent” les débats qui avaient traversé le jeune mouvement ouvrier avant 1917.

Surtout, ce qui rend alors confus les débats, c’est l’extrême rapidité avec laquelle se succèdent, sur le territoire ukrainien ravagé par la guerre puis la guerre civile, des événements de grande ampleur.

De février à octobre 1917

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==> La suite sur le site national :

Serge Goudard, article paru dans le n°6 de la revue L’émancipation syndicale et pédagogique, février 2017