Le pays qui n’existait pas (2e partie)

mercredi 15 février 2017
popularité : 33%

2ème partie - Des difficultés à entrer dans l’Histoire

C’est assez classique : chaque État cherche à construire et promouvoir un “récit national” conçu comme un ciment idéologique nécessaire à sa cohésion, mêlant réalité et fiction. Quand il s’agit du “roman national” d’une puissance impérialiste telle que la France, ce roman se heurte frontalement à celui de puissances rivales, telle l’Allemagne. Mais un tel “roman” sert aussi à “écraser” les peuples dominés, contribue à perpétuer leur domination en sommant ces peuples dominés “d’entrer dans l’Histoire” (ce qui revient à nier leur passé, comme le fit Sarkozy à Dakar en juillet 2007), ou en prétendant qu’ils n’ont jamais eu de réelle aspiration à constituer une nation, traitant avec mépris les “romans” nationaux que cherchent à se donner les peuples opprimés.

Cela vaut pour l’impérialisme russe vis à vis, notamment, de l’Ukraine.

Le roman national russe

Dans le ce roman national, la Russie s’inscrit dans la continuité de la Rus’ de Kiev (Kyiv pour les Ukrainiens), une principauté slave qui eut son heure de gloire avec le prince Saint Vladimir Ier (fin Xe -début XIe siècle). Cette Rous (ou Rus’) imposa son autorité de la Baltique à la mer Noire et joua un rôle important jusqu’à ce que Kiev soit anéantie par les envahisseurs mongols en 1240. Cette Rous est présentée comme l’ancêtre de la Russie des tsars… et de la Russie actuelle.
(...)
==> La suite sur le site national :

http://www.emancipation.fr/spip.php?article1497

Serge Goudard, 23 novembre 2016

(article paru dans la n°5 de la revue L’émancipation syndicale et pédagogique, janvier 2017)