Porter les revendications et mener le combat dans l’unité... Intervention Émancipation au congrès FSU du Rhône

dimanche 26 février 2017
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Le congrès FSU Lyon-69 s’est tenu le 9 février 2017 sur l’ordre du jour suivant :

- Bilan d’activités et perspectives (dans ce cadre, expression des SN et des tendances) et bilan financier.

- Impact local des réformes de ces 3 dernières années (Métropole, fusion des régions, territorialisation, rythmes scolaires, réforme collège,...).

- Bilan et perspective du travail avec les autres organisations syndicales - Invitation à la CGT et à Solidaires pour participer.

Ci-dessous l’intervention générale d’Émancipation

Notre congrès se tient à un moment où tout le monde fait le bilan de la politique du gouvernement depuis 5 ans voire depuis 10 ans.

C’est aussi le bilan de l’orientation de notre fédération durant ces années.

En 2012, certains électeurs pensaient mettre fin à la politique de Sarkozy. Et ils ont eu droit à la poursuite de la politique de Sarkozy. Certes avec plus d’aménité mais bien la même politique.

Sans faire le catalogue de toutes les attaques, comme fonctionnaires nous avons été confronté au blocage des salaires (et qu’on ne nous dise pas que les PPCR y ont mis fin), aux attaques contre les retraites, contre la Sécu et l’hôpital public, contre nos garanties statutaires…

En ce qui concerne l’Enseignement public, nous avons été confrontés, entre autres, aux lois Peillon et Fioraso…

Bien évidemment nous pouvons incriminer le PS. Mais il n’a pas été le seul à la manœuvre Par exemple, pour ce qui concerne la loi Peillon, il a eu le soutien des Verts et du Front de gauche. Or, les attaques dans l’Éducation découlent aujourd’hui de cette loi. Pour la loi Fioraso, le front de Gauche s’est abstenu.

Dans ce cadre, quel est le bilan de notre fédération ?

Malheureusement, il n’est pas fameux et il a conduit à la baisse du nombre de syndiqués comme dit précédemment.

La FSU a participé à un certain nombre mobilisations, par exemple sur les retraites, la loi El Khomri. Mais cela s’est fait par des journées d’action et dans le cadre d’une politique générale de dialogue permanent avec le gouvernement.

Dès 2012, Hollande a mis au centre de sa politique le “dialogue social”. On nous a souvent opposé le refus de la chaise vide... Nous en voyons aujourd’hui le résultat !
Mais la FSU n’est pas la seule à avoir accepté le cadre proposé par le gouvernement. Par exemple, sur la loi El Khomri, toutes les confédérations ont discuté en 2015 du projet du gouvernement avant que la colère explose en janvier de manière spontanée sous forme d’une pétition au vu du projet.
C’est parce qu’il y a eu une mobilisation spontanée et forte que les directions syndicales ont, dans un 1er temps, exigé le retrait du projet de loi. Puis, à partir du mois de mai, elles ont demandé des modifications à la loi !

Nous avons été confrontés aux mêmes problèmes de méthode sur les principales mobilisations qui ont marqué l’enseignement : par exemple, sur les rythmes, la réforme du collège… Sans compter sur les mois de concertations sur les PPCR qui se sont soldés par une revalorisation insignifiante et une nouvelle évaluation qui est une attaque à la liberté pédagogique.

Tous les projets du gouvernement ont été discutés avec les directions syndicales, et ce, dès la 1ère conférence sociale : la “refondation” (Peillon et Fioraso), les retraites, la décentralisation, les PPCR, le nouveau mode d’évaluation des personnels…

Quelles sont nos obligations pour les semaines qui viennent ?

a/ La première urgence est de rompre la politique d’accompagnement, le dialogue social qui permet au gouvernement de mettre en œuvre au quotidien sa politique et d’exiger l’abrogation des contre réformes qui mettent en cause les acquis statutaires, organisent l’externalisation de nombre de services…

b/ la deuxième urgence, est liée à la 1ère : c’est de préparer la suite :

- la FSU a tenu un colloque en décembre (le SNES va en tenir un le 29 mars…) : on constate qu’il n’y est nullement question de mettre en cause les fondements mêmes de la loi de 2013, loi de “refondation”, loi de “l’école inclusive” qui développe l’enseignement par compétences contre les savoirs, détruit le caractère national des diplômes, et s’accompagne d’attaques contre les garanties statutaires ;

- dans le rapport "1 million d’emplois pour le climat" (titre qui me fait penser malheureusement à une autre promesse du MEDEF) dont la FSU est signataire, il est proposé de créer des “emplois aidés” (230 000) et des “emplois publics” pour des personnes “acceptant de travailler au salaire minimum” !

- dans un appel de 150 personnalités signé par Aschiéri et Groison la proposition de réduction du temps de travail est assortie de l’idée que l’on ne doit plus “raisonner sur le temps de travail hebdomadaire”… L’annualisation, ce sera donc sur toute la vie ? !

Ce sont les revendications des personnels qu’il faut défendre.

- Peut-on combattre en défense des salaires, pour la hausse du point d’indice et le rattrapage du pouvoir d’achat perdu sans mettre en cause les PPCR qui soumettent la hausse du point d’indice au taux de croissance ? C’est impossible !

- Peut-on combattre la pression permanente exercée par la hiérarchie, les chefs d’établissement sur les collègues sans mettre en cause les lois d’autonomie (dont la loi de refondation) et les décrets qui ont redéfini le métier d’enseignant en une kyrielle de missions ? Sans exiger le retrait du projet d’évaluation des enseignants ? C’est impossible !

- Peut-on défendre la Sécu, militer pour une prise en charge à 100% sans combattre pour l’abrogation de la loi Touraine avec son pseudo tiers payant : C’est impossible !

- Peut-on défendre le droit à la santé sans exiger l’abrogation des lois Bachelot et Touraine responsables des sous effectifs, de la surcharge de travail, des fermetures de lits, de services ; sans exiger la suppression immédiate de toutes les exonérations de cotisation sociale qui dénaturent la sécu et l’asphyxient jusqu’à ce que mort s’en suive ? C’est impossible encore !

- Peut-on, enfin, défendre le maintien des SEGPA sans mettre en cause la loi Peillon pour l’école inclusive qui programme leur disparition ? Impossible encore !
Ainsi et pour insister sur l’importance de ce congrès, je me limiterai à l’évocation des deux derniers quinquennats.

Nous avons subi pendant 5 ans la peste puis pendant 5 autres le choléra. Toutes les composantes de la FP ont souffert et subissent encore les contre-réformes de ces gouvernements.

Quel est le choix qu’on nous propose aujourd’hui ?

Poursuivre dans l’accompagnement de la destruction du service public ?

Ou répondre, soutenir, promouvoir la lutte dans le respect des revendications de nos collègues ?

Vous voulez nous proposer, encore une fois, de choisir entre la peste et le choléra !

La FSU du Rhône se doit de porter les revendications et mener le combat dans l’unité, bien sûr, pour relancer les luttes !

Lire les autres interventions

 :

- Congrès FSU Lyon-69 - Intervention Émancipation à propos de la Sécurité sociale, du Revenu universel et de la CSG

- Congrès FSU Lyon-69 - Défense des SEGPA, des EREA, des ITEP, des IME Congrès FSU Lyon-69 - 9 février 2017

- PPCR et nouvelle évaluation des enseignants - Congrès FSU Lyon-69

- Contre l’application des nouvelles lois (asile, droit des étrangers, “protection” de l’enfant)