LA RÉFORME DE L’ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS : UN OUTIL DANGEREUX

lundi 9 janvier 2017
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Un militant SNES de l’académie de Grenoble, secrétaire de S1 et élu au S2 de Haute-Savoie nous envoyé les positions qu’il a défendues dans le SNES et la Tribune qui a été publiée dans le journal du S2 SNES 74.

Nous la publions volontiers avec son accord.

TRIBUNE DU COURANT « POUR UN SYNDICALISME COMBATIF »
LA RÉFORME DE L’ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS : UN OUTIL DANGEREUX

Le gouvernement et les Ministres de l’Education Nationale ont refusé obstinément pendant quatre ans d’augmenter nos salaires.

Le gouvernement a décidé de mettre en œuvre l’accord PPCR en violation de la loi puisque les syndicats majoritaires avaient refusé de le signer.

A quelques mois des élections présidentielles et législatives il annonce des mini-augmentations (2 fois 0.6 %) qui n’empêcheront pas notre pouvoir d’achat de continuer à se dégrader. Il promet des augmentations plus substantielles pour 2017-2020 qu’il n’aura sans doute pas à tenir.

Plus grave, en échange, il modifiera en profondeur l’évaluation des enseignants en introduisant un système par compétences qui nous semble constituer une dérive managériale inquiétante. Certaines de ces compétences seront en effet directement renseignées par le chef d’établissement, comme « coopérer au sein d’une équipe », dont on voit qu’elle peut servir à faire rentrer dans le rang un enseignant montrant trop d’indépendance par rapport à sa hiérarchie. De même, l’évaluation de la compétence « coopérer avec les parents d’élèves » pose problème, puisqu’elle confirme une certaine logique de clientélisme des familles que nous voyons déjà à l’œuvre. Et que penser de la compétence « agir selon des principes éthiques » ? Ainsi ce système d’évaluation relègue l’enseignement au second plan au profit d’un cadre idéologique et donne, pour la première fois, un large pouvoir pédagogique aux chefs d’établissement, remettant en cause notre liberté pédagogique.

Toujours aussi inquiétant, le texte prévoit un « dialogue régulier avec le chef d’établissement », dont les modalités ne sont pas précisées davantage. Or jusqu’à présent le SNES a toujours été opposé - et à juste raison - aux entretiens professionnels menés par le chef d’établissement…

Pour le moment, cette évaluation aura peut-être un impact limité sur les carrières. Mais une fois cet outil créé, il pourra ensuite être utilisé à des fins nettement plus coercitives.

Nous pensons donc que ce système va favoriser l’arbitraire et encouragera la soumission aux directives de la hiérarchie c’est pourquoi nous demandons à notre syndicat le Snes de se prononcer publiquement contre cette réforme de l’évaluation et à ses militants de s’y opposer résolument.

Pierre Jallot (Passy), Jean-Pierre Richaudeau (Annecy)


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