“J’étais à Maïdan, et c’est le plus grand acte de ma vie”

mardi 20 décembre 2016
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Il y a trois ans, le 21 novembre 2013, éclataient à Kiev les premières manifestations contre la politique du président Ianoukovitch, manifestations qui furent le point de départ d’une véritable insurrection populaire dite de Maïdan.

Elle aboutit à la fuite de Ianoukovitch. En riposte, Poutine fit intervenir son armée sur le territoire ukrainien. La situation politique en Europe en reste durablement marquée.

Ces événements, et en particulier Maïdan, provoquèrent bien des débats parmi les militants. Et en provoquent toujours. Y compris dans la revue L’Émancipation. Raison de plus pour revenir sur la manière dont on peut, aujourd’hui, apprécier ces événements. Cela peut être d’autant plus nécessaire qu’au-delà de la seule question de Maïdan se pose une question de méthode : comment éviter en particulier une lecture biaisée d’événements de cette ampleur ? Car la réponse à ces questions n’est pas sans conséquences pour l’action militante.

Un combat unitaire

Depuis l’insurrection de Maïdan, diverses réunions se sont tenues à l’EDMP, avec des militants ukrainiens et russes, pour débattre de la situation en Ukraine et en Russie, et des tâches de solidarité. La création du collectif Koltchenko résulte des premières rencontres de l’automne 2014. Le caractère largement unitaire de ce collectif, regroupant syndicats, associations ukrainiennes, russes et françaises, et organisations politiques, mérite d’être souligné.

Dans le numéro de septembre de L’Émancipation, un article faisait le point sur la situation de quelques-uns des emprisonnés en Russie, militants antifascistes accusés par les sbires de Poutine d’être liés aux fascistes ukrainiens.

Cet article a provoqué, dans le numéro d’octobre, une réaction de notre camarade Pierre Stambul, réaction dont on peut interroger la pertinence.

Maïdan

On se souvient qu’au cours de la mobilisation de Maïdan, les medias se focalisèrent sur la présence de groupes ultra nationalistes, et fascistes, tel Pravy Sektor, venus parasiter cette mobilisation de masse.Cela contribua à masquer le caractère dominant de cette mobilisation, qui était une aspiration profonde à en finir avec la répression, la corruption et les méthodes antidémocratiques du régime, ainsi que la volonté clairement exprimée d’en finir avec la tutelle du régime de Poutine sur l’Ukraine. Et Poutine, redoutant de subir un jour le même sort que son compère ukrainien, engagea – en même temps que son armée prenait le contrôle de la Crimée et pénétrait à l’Est de l’Ukraine – une vaste campagne de propagande qui se poursuit aujourd’hui contre le fascisme en Ukraine.

Que disait l’article incriminé par Pierre ? Entre autres, que cette mobilisation n’était pas un combat “pour” l’adhésion à l’UE – cette question n’ayant servi que de détonateur – mais un combat contre la violence policière, pour chasser ce régime corrompu inféodé à Moscou, et qu’il traduisait une “aspiration à l’indépendance nationale”. Quant à la question de groupes fascistes, il indiquait qu’ils étaient moins puissants que ceux qui prospèrent à Moscou, et que les élections traduisaient leur place réelle (voir aussi l’article paru dans la revue de décembre 2014, page 21). Pour Pierre, cela devenait une apologie inacceptable de Maïdan.

Un “Maïdan” vu de manière unilatérale

L’article de Pierre, quant à lui, ne retient de Maïdan que ceci : “Derrière le mouvement populaire qui ne supporte plus la dictature mafieuse de Ianoukovitch, il y a l’Occident. Il y a aussi le rôle décisif que vont jouer les milices fascistes surarmées de Pravy Sektor et de Svoboda […]”.

C’est là une vision quelque peu complotiste de l’histoire, comme un écho involontaire de la propagande martelée par le régime de Poutine : l’insurrection populaire ukrainienne aurait été manigancée par “l’Occident”. Bien évidemment, les puissances européennes et les États-Unis ont des intérêts économiques en Ukraine (mais ils en ont de bien plus importants en Russie) et ils ont des “relais” politiques en Ukraine comme ailleurs, mais en dernière analyse, ce sont les masses qui font l’Histoire.

Observons que ce mode d’“analyse” est aussi utilisé pour disqualifier la révolution syrienne ouverte en 2011, et tend à se généraliser : quand les masses d’un pays se soulèvent, c’est la main des États-Unis…

Dans le cas de l’Ukraine, ce sont les masses populaires qui se sont mobilisées. Avec toutes leurs contradictions. Prenant le caractère d’eaux mêlées. Avec des heurts entre fascistes et antifascistes. Dès lors, mettre l’accent sur “le rôle décisif des milices fascistes” en écrivant que “Maïdan a eu incontestablement, sur le plan militaire, une composante fasciste importante” sans évoquer le combat des larges masses, leur auto-organisation des semaines durant, revient à nier l’essentiel de cette mobilisation, qui eut un caractère politique davantage que militaire se terminant par l’effondrement politique intérieur du régime. Cela revient à nier la richesse et la diversité de cette mobilisation. Exit la brigade de femmes animée par une militante féministe, exit l’occupation d’administrations par divers collectifs, exit le combat mené par Sentsov et Koltchenko….

“J’étais à Maïdan, et c’est l’acte le plus important de ma vie”

Certes, l’article de Pierre rappelle la nécessaire solidarité avec ces emprisonnés politiques. Mais avec l’image qu’il donne ensuite de Maïdan, on ne comprend vraiment plus ce que Koltchenko – pacifiste et antifasciste notoire – et Sentsov sont allés faire à Maïdan. Or, ils n’y sont pas allés par simple curiosité.

Il suffit de lire les déclarations faites avec fierté par Koltchenko et par Sentsov (sévèrement torturé par les services russes). Ce dernier lance à la figure du juge qui s’apprête à lui infliger 20 ans d’enfermement dans un camppénitentiaire : “j’ai participé à Maïdanet c’est l’acte le plus important de ma vie”. Peut-on passer cette déclaration – et ce qu’elle exprime de la réalité de Maïdan - aux pertes et profits ?

Certes, il y a entre les militants qui ont participé à Maïdan des différences d’appréciation quant à la place exacte qu’il convient d’accorder à ces groupes nationalistes ou fascistes. Encore faut-il les écouter (cf. la seconde partie de l’article).

Mais cette discussion a lieu à partir d’une position commune : ce mouvement insurrectionnel était légitime, même si c’est un autre gouvernement bourgeois – dirigé par Porochenko – qui a récupéré le pouvoir à la suite d’élections.

Un “mouvement populaire” n’est pas égal à un “mouvement populaire”

Pour conforter l’idée que la mobilisation ukrainienne aurait été préparée par “l’Occident” (et les fascistes), l’article de Pierre établit une identité avec ce qui s’est passé en Égypte… en juillet 2013:c’est “pareil” explique-t-il en rappelant la mobilisation contre Morsi, et le coup d’État de Sissi.

Sauf que cette comparaison ne vaut guère : la seule comparaison qui méritait d’être faite, sans négliger les différences, c’est avec l’insurrection révolutionnaire égyptienne du début 2011, quand le mouvement spontané chassa le dictateur Moubarak, et que le pouvoir fut récupéré électoralement par les Frères musulmans et par Morsi. “Un peu” comme l’oligarque Porochenko en Ukraine assura la continuité de l’État bourgeois. Dans les deux cas, cela exprimait les limites du mouvement spontané.

Par contre, l’Égypte de juin-juillet 2013, ce n’est plus une révolution entravée, c’est la contre-révolution : un froid coup d’État militaire pour se débarrasser de Morsi, parce que celui-ci n’arrive pas à stabiliser la situation. Et la mobilisation qui précède ce coup d’État n’a pas le même caractère que celle de 2011.

Depuis, c’est le talon de fer, qui écrase non seulement les Frères musulmans, mais tous les opposants, les journalistes, les grévistes, etc.

Cette comparaison montre les faiblesses de la logique formelle, et ne sert qu’à donner l’image d’une insurrection manipulée par les impérialismes et l’extrême-droite. Elle s’inscrit dans une logique d’ensemble portée par tout le texte : l’aspiration nationale ukrainienne est purement et simplement niée, ou réduite à des élucubrations réactionnaires et antisémites.

Problème de méthode

Bien des militants, combattant à juste titre nationalisme et chauvinisme, ont du mal à accepter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

On tente alors d’expliquer que cette aspiration nationale n’existe pas, ou qu’elle est réactionnaire. Pour cela, nul besoin d’une démonstration qui analyse l’ensemble d’une question : il suffit de quelques affirmations fausses et d’un choix d’arguments à “charge”.

L’article de Pierre tombe dans ce piège.

La question nationale ukrainienne

Cette question est suffisamment riche et complexe, et les affirmations de Pierre si problématiques, qu’il faudra y revenir avec précision.

Prenons un seul exemple : l’auteur prétend qu’il n’existait pas d’aspiration nationale ukrainienne à l’époque du tzar. Cela est posé en une phrase au début du texte. Elle est tout simplement fausse.

D’ailleurs, si cette aspiration nationale était inexistante, on se demande pourquoi il y eut tant de mesures et d’oukases interdisant l’usage de la langue ukrainienne (en 1863, 1876, etc.).

Et pourquoi des militants ukrainiens (populistes, révolutionnaires…) constituent – fin XIXe siècle et début XXe – des cercles et groupes qui expriment cette aspiration nationale…

De même, aujourd’hui, on se demanderait pourquoi Koltchenko et Sentsov affirment avec force qu’ils sont Ukrainiens, et qu’ils veulent le rester.

Mais pour l’instant, on choisira de rendre la parole à quelques acteurs de Maïdan.

Serge Goudard, 25 octobre 2015


Maïdan : paroles militantes


On a beaucoup entendu, en France ou ailleurs, de jugements péremptoires concernant Maïdan et la mobilisation révolutionnaire de l’hiver 2013-2014 en Ukraine. Mais on a trop peu donné la parole aux militantes et militants ukrainiens, et russes anti-autoritaires.

C’est la raison pour laquelle, le 15 octobre 2014, à l’EDMP fut organisée une réunion avec la participation de trois ukrainiens : deux syndicalistes se considérant comme social-démocrates (Olena Skomorochtchenko et Youriy Bouzdougane), et Nina Potarska, membre de la Ligue socialiste – opposition de gauche, qui participa, sur Maïdan, à un groupe féminin et féministe. Intervinrent également dans ce débat Kirill Bouketov, militant anarcho-syndicaliste russe, et Julia Gousseva, militante anarchiste féministe de Moscou. Cette dernière participe à l’animation du centre Praxis, une association russe faisant un important travail d’édition en russe et en ukrainien.

Bien évidemment, lors de ce débat, la question de Maïdan, fut abordée. Avec des paroles communes et des éclairages différents.

Olena Skomorochtchenko :

“Je voudrais mettre l’accent sur le défi de la propagande et des mensonges […]. Ce Maïdan a été fait non pour l’intégration à l’Europe, mais pour la justice sociale. Cette propagande sert en réalité à exploiter tous les peuples, peuple ukrainien et peuple russe.

En Ukraine, le problème du nationalisme n’existe pas. Il y a des nationalistes, mais moins de 2 % […]. Dans chaque pays, il y a des partis nationalistes. Heureusement, chez nous, ce sont des partis marginaux. Et je ne suis pas sûre qu’ils rentrent au parlement cette fois parce qu’il faut avoir 5 % des votes.
En Ukraine, il y a d’autres problèmes, et pour empêcher notre pays de résoudre ces problèmes réels, on nous a imposé la guerre”.

Youriy Bouzdougane :

“Bien sûr, comme dans chaque pays, nous avons des nationalistes qui criaient beaucoup. Mais à la dernière élection en Ukraine, à l’élection présidentielle, il y a quatre mois, des candidats nationalistes, l’un gagne 0,9 %, le deuxième gagne 1 %”.

Nina Potarska :

“Les gens qui ont manifesté tout simplement pour la liberté, pour la liberté absolue et pour tous, c’était une majorité, mais une majorité non organisée. J’y étais, mais j’y étais non organisée.

Et c’étaient les groupes de droite, qui étaient minoritaires, qui ont donné le ton. Mais nous avons continué à participer dans le mouvement en disant que nous sommes de gauche, que nous sommes féministes.

[…] Je ne veux pas sous-estimer l’influence de la droite dans l’Ukraine actuelle… On a beaucoup de problèmes avec la droite. Chaque mois, il y a des bagarres avec les anarchistes et d’autres militants de gauche contre la droite. Mais ça se passe dans tous les pays”.

Julia Gousseva :

“Ce qu’on a vu en Ukraine, c’était vraiment une révolution, une révolution populaire, qui demandait les libertés, la justice sociale, qui a voulu se débarrasser du gouvernement corrompu qui était sur place. Et cette révolution a gagné. Ce fut un lourd combat, on sait qu’il y a eu une centaine de morts à Kiev”.

Elle rappelle qu’il y eut en Russie d’importantes manifestations contre l’intervention militaire en Ukraine et précise : “ce mouvement en Ukraine est devenu une pierre de touche pour les forces de gauche, pour les socialistes, pour les anarchistes.
[...] À mon avis, partagé par beaucoup de camarades, s’il y a une révolution populaire, ou des révolutions avec des revendications vraiment libertaires ou des revendications justes, la tâche, le devoir des militants de gauche est de soutenir les révolutions, et non de se proclamer neutre parce que ce n’est pas la révolution pure et dure que nous voulons”.

Autres paroles

Le 7 mars 2015, une autre réunion se tient au local de l’EDMP avec deux militants que le Jura libertaire (qui rend compte de cette réunion) présente en ces termes : “deux acteurs et témoins clés du mouvement social, dit « Euro-Maïdan », qui a ébranlé le monde en libérant l’Ukraine des valets de Moscou qui la rackettaient au nom de la loi, mouvement de la société civile auto-organisée, indépendamment de tout parti politique ou leader charismatique, dans un but de défense des droits humains et des droits civiques”.

Le premier est originaire de Louhansk, ville proche de la frontière russe, aujourd’hui contrôlée par les milices pro–russes. Ce militant participe à l’activité de l’association “Vostok-SOS” créée pour venir en aide aux enfants des rues. Il a contribué au Maïdan de sa ville. Le second est un militant anarchiste, antifasciste et antiraciste de Kiev, cofondateur en 2006 de l’association “No Borders Project” de soutien et d’assistance aux migrants.

Constantin Réoutsky :

“Nous avons participé de façon active dans le mouvement Euro-Maïdan et notre organisation était finalement devenue un des pôles, un des centres de l’organisation de l’Euro-Maïdan de la ville […]. Ce qui se déroulait dans le pays était plus apprécié par les habitants de Louhansk que ce qui se passait en 2004 (révolution « orange »). On ressentait plutôt que la population locale nous soutenait[…].

Le conflit a commencé par la création de petits groupes organisés par l’élite locale qui voulaient empêcher les gens de manifester sur Maïdan ; en décembre 2013 [...] c’était des cercles plutôt proches des cercles criminels.

À partir du mois de mars […] il y avait de plus en plus de personnes venues de Russie. C’était des gens qu’on appelait touristes politiques. En mars, il y a eu les premières agressions ouvertes de manifestants pro-Maidan […] Les élites locales ont commencé à armer les milices”.

Conséquence : “en mai 2014, notre ONG a été obligée d’évacuer Louhansk à cause des persécutions politiques”.

À propos de la “rhétorique du fascisme”, Constantin Réoutsky observe :

“Il est difficile de parler de fascisme en Ukraine puisqu’il n’y a pas de phénomène de masse qui puisse être qualifié de fascisme. Au début l’utilisation du mot semblait très étrange. Lors de l’Euro-Maïdan, on a pu comprendre quel était le but de toute cette campagne”.

Maxime Boutkévitch :

“Bien sûr, ce que je présente est quelque chose de subjectif parce que j’ai participé de façon active dans le Maïdan, mais j’essaye de rester objectif.

Pour la majorité des gens qui ont participé au Maïdan, c’était l’évènement le plus marquant de leur vie. C’est un événement qui était assez spontané, son évolution était assez imprévisible, et on pourrait même dire qu’il n’est pas terminé. Maïdan, ce n’est pas juste la place centrale de la capitale de l’Ukraine, mais c’est plutôt un mouvement, c’est une sorte d’organisation très, très complexe du point de vue social. D’une part le Maïdan peut être décrit comme un mouvement pour les droits de l’homme, pour les droits des citoyens, auquel participaient des gens tout à fait différents […] ; et ce mélange social qui existait au sein du Maïdan a poussé les gens à devenir plus tolérants vis-à-vis de toutes sortes de diversités qui existaient dans la société. Un exemple triste mais que l’on peut quand même donner, c’est que les premiers morts du Maïdan, c’est un Arménien, enfant de réfugiés arméniens qui sont venus en Ukraine, le deuxième était un Biélorusse et le troisième était Ukrainien.

Sur Maïdan, il y avait également certains symboles plutôt ethniques-ukrainiens, nationalistes ukrainiens, qui étaient apportés par certains militants de droite. Et pour un observateur extérieur, ils pouvaient donner parfois une fausse impression ; comment est-ce qu’on peut avoir en même temps un mouvement qui se bat, qui est là pour défendre les droits de l’homme, les droits des citoyens et en même temps avoir certains symboles qui peuvent être plus nationalistes ?

Ce qui a déclenché le Maïdan, au départ appelé Euro-Maïdan, c’était le refus de signature d’accord d’association, mais dans le temps le mouvement a évolué, et plus tard ces questions d’intégration dans l’Europe étaient devenues secondaires et ce qui était beaucoup plus important c’étaient des questions sociales : l’opposition à la violence policière, l’opposition au gouvernement qui ne respectait pas les droits des citoyens, et la nécessité de faire des réformes radicales de tout le système étatique. Et dès le jour de la fuite de Ianoukovitch, ces réformes se sont mises en route. Malheureusement, ce qui s’est passé, c’est que pratiquement une semaine, voire cinq jours après ce début de processus de réforme, il y a eu l’arrivée des forces en Crimée. Donc ça a arrêté complètement ce processus de réforme de l’État.

À titre d’exemple, […] dès la fuite de Ianoukovitch, nous avons occupé le bâtiment du service de l’immigration. Cette occupation était tout à fait pacifiste. Son idée, c’était d’empêcher le gouvernement, les fonctionnaires de l’État qui étaient en train de fuir de détruire les documents, ces documents qui concernaient en particulier les demandeurs d’asile et les immigrés qui étaient en Ukraine, parce que ces documents, en particulier tout ce qui concernait la délivrance du droit à l’asile, ces documents là contenaient beaucoup de choses scandaleuses ; et donc nous avions peur que ces documents puissent être détruits soit par les fonctionnaires de l’ancien gouvernement, soit par des militants de l’extrême droite.

Cette occupation, son résultat fut le lancement d’une réforme de la législation sur l’asile. Le service d’immigration, qui jamais ne voulait coopérer avec les ONG, s’est mis à travailler avec nous […]. Par la suite, avec le début de la guerre, ils nous ont dit : « mais il y a la guerre, donc on ne peut pas faire de réforme avec la guerre ».

Mais malgré tout, cette idée des réformes, elle existe, les gens maintenant sont bien conscients que c’est quelque chose qui va prendre très longtemps mais ils ne sont pas prêts à abandonner”.