Pétition : contre le projet d’évaluation des PE, des certifiés, des agrégés

mercredi 12 octobre 2016
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Les signataires certifiés, agrégés du Lycée Joliot-Curie d’AUBAGNE (13400) ont pris connaissance du projet de ré-forme de l’évaluation des enseignants. Ils constatent que le gouvernement entend remplacer le système de notation (aujourd’hui encadré et contrôlé paritairement) par 4 rendez-vous de carrière impliquant chefs d’établissement et ins-pecteurs, auxquels s’ajouteraient un bilan professionnel et des entretiens « réguliers ».

Ils considèrent que le projet d’évaluation par bien des aspects constitue une nouvelle attaque contre le statut et le caractère national de l’enseignement. Qu’on en juge :

• L’évaluation serait désormais basée sur 11 compétences, liées au référentiel des « compétences professionnel-les » : une seule a directement trait à l’enseignement disciplinaire, les autres sont liées aux objectifs de la « refondation ».

• Chaque enseignant serait contraint de réaliser un bilan professionnel (« document d’appui »), où il devra notamment décrire sa participation « à la vie de l’école/établissement et son implication dans les relations avec les partenaires et l’environnement » ou encore justifier de son engagement «  dans une démarche individuelle et collective de développement professionnel ».

• Selon qu’il s’agisse du primaire ou du secondaire, Les pouvoirs des inspecteurs ou chefs d’établissement seraient renforcés, y compris sur le plan pédagogique. D’autre part les inspecteurs seraient appelés à nous évaluer sur des critères extra-pédagogiques, éthiques. Outre la grille d’évaluation, les enseignants devront se soumettre, à chaque rendez-vous de carrière, à un entretien avec les chefs d’établissement ou inspecteurs après leur avoir transmis le bilan professionnel et qui donnerait lieu à une évaluation « littérale » qui ne serait pas contestable. Au-delà, les inspecteurs et/ou chefs d’établissement auront toute latitude pour conduire des entretiens/inspections « à intervalles réguliers », tout au long de la carrière !

• Un « accompagnement » décidé par les inspecteurs et/ou les chefs d’établissement serait imposé individuellement, collectivement ou à « une équipe inter-degré ». Il pourra être initié « à tout moment de la carrière » suivant le référentiel des « compétences professionnelles » et en fonction d’objectifs ciblés : « explicitation des orientations nationales et académiques en matière d’éducation », « évolution des pratiques pédagogiques », « modalités d’évaluation des élèves », « identifier les besoins en formation », « répondre à tout autre besoin exprimé localement. » Un BO précise entre autres, que les inspecteurs doivent maintenant veiller à l’« autonomie croissante des établissements » et (au) développement des partenariats avec les collectivités territoriales. ». Cette mesure acterait la soumission des objectifs pédagogiques à des impératifs économiques et politiques.

Un début d’individualisation des rémunérations, une hiérarchisation accrue et une mise en concurrence des personnels seraient rendus possibles : Création d’un troisième grade (« classe exceptionnelle », ancien GRAF) réservé à une minorité (10% à l’horizon 2023), le plus souvent lié aux « fonctions » exercées (enseignant dans le supérieur, conseiller pédagogique, formateur, etc.) et qui engendrerait des écarts de salaire entre personnels de l’ordre de 105 000€ sur l’ensemble de la carrière contre 30 000 € actuellement ; des « tuteurs » seraient « repérés conjointement par l’inspecteur et le chef d’établissement » pour participer à « l’accompagnement ».

Il s’agit là de la reprise des principaux axes du projet Châtel sur l’évaluation, massivement rejeté par les enseignants et les organisations syndicales en 2011.

Il traduit la volonté ministérielle de mettre les personnels sous tutelle, d’en finir avec leur liberté pédagogique, afin d’empêcher toute résistance à la mise en œuvre de la réforme du collège et plus généralement aux mesures visant à la territorialisation et à la réforme des statuts enseignants de la « refondation », combattues par les professeurs. Il a pour objectif de remplacer les garanties collectives par l’individualisation (gestion managériale), pour isoler les personnels.

Ce projet consiste à aller vers une évaluation fondée non plus sur un enseignement disciplinaire, mais sur diverses « missions » que le gouvernement entend imposer coûte que coûte. Contre le cadre national, il vise à imposer des règles édictées par les pouvoirs locaux, notamment les chefs d’établissement, face auxquels les personnels devront rendre des comptes et se « vendre » en permanence. Le recrutement local deviendrait alors inévitable.

Ce projet n’est ni amendable ni négociable, c’est pourquoi les enseignants du Lycée Joliot-Curie d’AUBAGNE (13400) se prononcent pour le Retrait du projet sur l’évaluation des enseignants.

Ils appellent à ce que l’unité des enseignants et des organisations syndicales (Snes, snep, FO, cgt, sud ...) se ré-alise sur le Retrait du projet ministériel et donc sur l’arrêt des discussions sur des bases aussi inacceptables, pour ouvrir ainsi la voie à la mobilisation unitaire de tous les enseignants contre ce projet destructeur.


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