RETRAIT du projet d’évaluation - Rupture des "concertations"

lundi 10 octobre 2016
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Nous publions ci-dessous une prise de position de collègues

Retrait du projet d’évaluation des enseignants du gouvernement

27 collègues de la cité scolaire Lacassagne (Lyon 3e) considérant que les avancées du gouvernement durant l’été sur la nouvelle évaluation des enseignants ne font que confirmer les inquiétudes formulées, fin juin, par les collègues du collège Malraux de Marseille (voir ci-après) ont décidé de reprendre à leurs comptes les exigences adressées aux directions syndicales par ces collègues.

Ils s’adressent aux directions syndicales (SNES, SNEP, FSU, FO, CGT, Sud-éduc…) pour leur demander d’exiger le retrait pur et simple du projet du gouvernement, de rompre les négociations, d’informer précisément les collègues en publiant la totalité des documents gouvernementaux et sur ces bases d’appeler à la mobilisation pour imposer le retrait total de ces projets.

Et ils informent les collègues de Marseille de leur initiative.


MOTION ÉVALUATION DES ENSEIGNANTS Collège Malraux (Marseille)

Les enseignants du collège André Malraux de Marseille soussignés, ont pris connaissance du projet dit de « modernisation et revalorisation de la carrière des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation-psychologue », qui transpose le protocole fonction publique PPCR.

Ils relèvent que le projet ministériel contient des mesures salariales et une réforme de l’évaluation des enseignants, formant un ensemble cohérent visant à mettre en œuvre un « véritable outil de politique de ressources humaines » dans l’éducation nationale.

Ils constatent le caractère modéré de la « revalorisation » salariale (en regard des pertes subies depuis 2010), son étalement dans le temps (d’ici 2020 !), l’individualisation des rémunérations qu’elle prépare (un troisième grade réservé à une petite minorité, lié aux « fonctions » exercées), les incertitudes concernant l’accès de tous à la hors-classe (aucune garantie d’aller au bout des échelons, allongement des carrières …).

Ils considèrent surtout que le projet de réforme de l’évaluation des enseignants constitue une nouvelle attaque contre le statut. Qu’on en juge :

- Introduction des entretiens professionnels, avec des « rendez-vous de carrière » et une évaluation « régulière ». Volonté claire de donner un rôle important aux chefs d’établissement dans le « pilotage pédagogique » de l’évaluation.

- Substitution à la notation actuelle (qui est encadrée) d’une évaluation de « proximité » mesurant la mise en œuvre des réformes ( « expliciter le sens des réformes, participer à leur appropriation et contribuer ainsi à leur application au plus près des personnels et des élèves » ). Et s’appuyant sur « les compétences professionnelles attendues des métiers du professorat et de l’éducation (arrêté du 1er Juillet 2013) et sur les activités conduites, les missions exercées ou les responsabilités prises par les enseignants » pour le faire.

Il s’agit là de la reprise des principaux axes du projet Châtel sur l’évaluation, massivement rejeté par les enseignants et les organisations syndicales en 2011.

Ce projet s’inscrit clairement dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du collège, et au-delà des différentes mesures de la « refondation » combattues par les professeurs ; il traduit l’objectif ministériel d’adapter le statut afin de pouvoir les appliquer complètement.

Il consiste à aller vers une évaluation fondée non plus sur un enseignement disciplinaire mais sur diverses « missions », que le gouvernement entend imposer coûte que coûte aux professeurs. Ce qui ne peut mener qu’à l’arbitraire, à la restriction de la liberté pédagogique et à la division.

Les enseignants du collège André Malraux soussignés rejettent l’évaluation pédagogique par les chefs d’établissements, ils rejettent une évaluation basée sur le référentiel des « compétences professionnelles » et la mise en œuvre des réformes. Ils considèrent que ces orientations sont inacceptables, que ce projet ne peut constituer une base de discussion, qu’il doit être retiré.

Ils demandent aux organisations syndicales (SNES, SNEP, FO, CGT, Sud, SIAES...) de réaliser l’unité sur ces revendications contre ce projet régressif, et de ne pas participer aux groupes de travail lancés par le gouvernement à partir du 28 Juin et tout au long du mois de juillet (pendant les vacances !), à commencer par celui sur l’évaluation des enseignants.

Une telle décision porterait un coup aux projets du ministère et ouvrirait la voie à la mobilisation unitaire pour faire reculer le gouvernement, et au-delà à la remise en cause de sa politique scolaire.
24 signataires Marseille, le 27 juin 2016



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