17 jours de grève des éboueurs

jeudi 29 mars 2012
par  HB
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Le jeudi 29, les éboueurs de la COURLY ont été contraints de reprendre le travail, après 17 jours de grève.
Quelques uns d’entre eux ne reprendront le travail que le 2 avril. Pour l’essentiel, c’est un échec. Le maire de Lyon a maintenu l’intégralité de son plan visant à permuter les secteurs confiés au privé et au public. Néanmoins, il a dû faire quelques petites concessions : outre que ce plan serait limité à cinq ans, et la part du privé très légèrement écornée, ce qui n’engage à pas grand-chose, une équipe de 26 agents serait créée pour remplacer les arrêts maladie, dont 10 postes créés par réduction de l’intérim.
Mais si Gérard Collomb n’a pas lâché sur l’essentiel, l’importance de cette mobilisation a marqué la ville. Elle ne sera pas sans conséquences ultérieures.
Émancipation a participé aux rassemblements publics de soutien aux éboueurs (notamment devant le Palais de justice, devant l’Hôtel de ville). Ci-dessous le 2ème communiqué d’Émancipation.

Depuis le lundi 12 mars, les éboueurs du Grand Lyon sont en grève contre le projet de Gérard Collomb, qui est président du Grand Lyon et, paraît il, membre du Parti socialiste... Ils refusent la réorganisation du ramassage des ordures ménagères de l’agglomération, opération qui profitera au privé.

Jusqu’à aujourd’hui, les trusts privés (comme Véolia) avaient déjà obtenu une grande partie de la collecte des ordures, notamment dans la périphérie de l’agglomération. La Régie publique conservait le ramassage dans l’hyper centre de l’agglomération (une part de Lyon et Villeurbanne). Gérard Collomb a décidé de modifier cette répartition : la Régie publique serait chargée de la périphérie, tandis que le secteur privé récupèrerait la totalité de Lyon et Villeurbanne, c’est-à-dire un tonnage de collecte plus important avec des circuits plus courts. Cela revient à accroître la part attribuée au privé, et ses profits.

Pour faire passer la couleuvre, Gérard Collomb et l’exécutif du Grand Lyon promettent aux agents du service de propreté de la ville de leur octroyer un samedi sur deux, alors qu’ils l’avaient déjà obtenu en 2003. Mais cela n’a jamais été appliqué.

Les éboueurs rejettent cette manœuvre et exigent : le retrait du projet qui renforce la de privatisation de la collecte des ordures ménagères du grand Lyon, et le maintien en régie des rondes de collecte qui le sont actuellement sur Lyon et Villeurbanne. Ils exigent aussi l’amélioration de leurs conditions de travail.

Gérard Collomb a tenté de briser la grève en utilisant les contractuels. Puis, les dépôts étant bloqués par les grévistes, Collomb a assigné au tribunal de grande instance les responsables de sept syndicats ! C’est un fait sans précédent à Lyon. Et Gérard Collomb a finalement obtenu, le 21 mars, que les grévistes soient expulsés de l’enceinte de leur lieu de travail. C’est, par ce biais, une remise en cause du droit de grève.

C’est en se réunissant en Assemblées Générales, qui se tiennent aux abords de leur lieu de travail, que les éboueurs engagent leur troisième semaine de grève

Émancipation apporte son soutien à cette grève et à l’ensemble des revendications des grévistes, et appelle les collègues à manifester leur solidarité avec les éboueurs en grève afin d’imposer à Gérard Collomb qu’il satisfasse leurs revendications.

Lyon, le 24 mars 2012


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