Accueil et scolarisation des élèves allophones

Intervention Émancipation à la CA académique du SNES de Lyon (suite)
jeudi 30 juin 2016
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La loi Peillon de "refondation de l’école" promeut, "l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction" comme enjeu "pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative". (article L.111-1 du code de l’éducation).

La circulaire n° 2012-141 du 2-10-2012 de 2012, qui organise la scolarisation des élèves nouvellement arrivés allophones (EANA) en France est conçue selon les même principes.

Il s’avère que cette "inclusion" physique se traduit dans nombre de cas par "l’exclusion" de ces jeunes d’une réelle formation générale (et même professionnelle). En effet, la maîtrise insuffisante du français (écrit, voire oral) conduit à une scolarisation chaotique. Alors qu’ils aspirent à étudier et travailler, les jeunes majeurs – et même mineurs – isolés "orientés" très rapidement dans des filières professionnelles (souvent selon les places restantes), de plus en plus privés de toute prise en charge matérielle, se trouvent marginalisés et en échec.

Et, faisant fi de cette situation, des décisions de justices s’appuient sur leur "dossier scolaire" jugé insuffisant pour refuser leur régularisation, voire délivrer des obligations de quitter le territoire.

Cette situation est inadmissible. D’autant que ce système dit "d’inclusion" et "d’individualisation du parcours" des élèves allophones préfigure ce à quoi peut aboutir la généralisation du "parcours individualisé" de l’élève.

Amendement Émancipation :

L’accueil des élève allophones doit se faire avec des moyens dédiés à la hauteur des besoins pour les jeunes de moins de 16 ans comme pour les plus de 16 ans, leur permettant d’acquérir le niveau nécessaire en français (et dans les autres disciplines) afin de pouvoir intégrer les cursus d’enseignement du système français.

La direction U&A a appelé à voter contre (Pour 7 voix, contre 23)

Suite à notre intervention, la direction académique (U&A) du SNES a introduit dans son texte l’exigence légitime de "création de structures UPE2A en nombre suffisant".

Pourtant, en demandant l’application la circulaire de 2012, elle apporte sa caution à la conception de "l’inclusion" inscrite dans ce texte et dans la loi de "refondation" Peillon.

En effet, sous couvert "d’éducation (...) à la formation tout au long de la vie", de "parcours individuel de l’élève" et "d’autonomie", ces textes organisent le désengagement de l’État.

L’État se dédouane ainsi de plus en plus de ses responsabilités : nombre de jeunes peuvent sortir du système scolaire sans avoir acquis le niveau nécessaire leur permettant de s’exprimer correctement, sans véritable qualification professionnelle, etc. Entrés dans le monde du travail, ils sont rendus responsable de l’acquisition des compétences nécessaires à leur employabilité...