COMBATTRE RÉSOLUMENT LA "REFONDATION" DE L’ÉCOLE ET LA CASSE DU CODE DU TRAVAIL

mardi 17 mai 2016
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Contre les enseignants, le gouvernement organise la mise en œuvre de la "réforme du collège". Au-delà, c’est un bouleversement de l’ensemble du système scolaire qui s’engage. Alors, peut-on organiser la "résistance" sans mettre en cause la "refondation" de l’école ? Peut-on combattre la politique du gouvernement sans objectifs clairs ?

Combattre la mise en œuvre de la "refondation" Peillon ou l’aménager ?

Les 2 et 3 mai, se sont tenues deux journées de la "refondation" de l’école, avec la présence des ministres Peillon, Hamon et Vallaud-Belkacem ainsi que Valls et Hollande.

La ministre a clairement précisé le but : "parce que la refondation est née de la concertation et parce que je souhaite que sa mise en œuvre soit accompagnée par la même qualité d’échanges". Il s’agit de tenter d’associer les organisations syndicales à la mise en œuvre de la "réforme" et au-delà.

Alors, comment peut-on combattre pour le "retrait de la réforme du collège" sans mettre en cause la loi de "refondation" de 2013 en vue de son abrogation ? Sans exiger l’abrogation des décrets sur le socle, le LSUN, le DNB,etc.? En participant aux concertations de mise en œuvre (telles celles des 2 et 3 mai) et à la suite (lycée) ?

Organiser la "résistance" à la réforme du collège implique de stopper la "refondation". Ce qui commence par la rupture des concertations visant à la mettre en œuvre !

Retour de la réforme de l’évaluation des enseignants : Défendre le statut et les salaires ou appliquer l’accord PPCR ?

Appuyé sur le nouveau décret statutaire de 2014 (abrogeant le statut de 1950) et sur le décret sur la formation de 2007 (Fonction publique), le gouvernement impose les "formations" sur la réforme du collège. C’est un fait, le décret du 20 août 2014 élargit le temps de travail contrôlable au-delà des 15/18h d’enseignement.

Quant à l’accord PPCR, il prévoit de plus l’individualisation et l’allongement de la carrière du fonctionnaire. Dans l’éducation nationale, N. Vallaud-Belkacem travaille à une réforme de l’évaluation des enseignants : "il y a une discussion sur le PPCR qui va nous amener à revoir leur rémunération mais aussi leur évaluation".

Qui peut croire que de telles "concertations" pourraient déboucher sur autre chose qu’une évaluation locale avec un pouvoir accru des chefs d’établissements, dans le cadre des "réformes" en cours ?

Défense du statut : abrogation du décret de 2014 !
Retrait de l’accord PPCR : aucune participation syndicale à son application !

Défendre le statut, le code du travail ou faire miroiter de nouveaux droits ?

Comment combattre pour le retrait de la loi El Khomri sans montrer la continuité entre la logique du "parcours individuel de l’élève", de territorialisation et de dérégulation de la "refondation" de l’école, et la remise en cause des droits collectifs des salariés et des fonctionnaires, organisée par la loi travail ? Le Compte personnel d’activité (CPA) est le fer de lance de cette atomisation des salariés, des fonctionnaires.

Défense des droits collectifs statutaires : ni négociables, ni amendable ! Contre toute individualisation des droits : aucune application du CPA, ni dans la Fonction publique, ni dans le privé !
Retrait de la loi El Khomri !

C’est sur cette orientation que peut s’organiser et s’unifier la "résistance" à la mise en œuvre de la "refondation" de l’école, contre la casse du statut et du cadre national de l’enseignement public.


Dans le SNES, pour que cette orientation puisse être défendue dans le syndicat, votez Émancipation aux élections internes.



Le vote interne est organisé dans les S1. Il est aussi possible de voter par correspondance. Date limite : le 26 mai 2016