Congrès SNES - Thème 1 : le second degré

vendredi 30 mars 2012
par  HB
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Le mardi 6 mars après midi, les délégués au congrès se sont répartis dans 4 commissions. Chaque commission a travaillé sur un des 4 rapports préparatoires publié dans le supplément à l’US n°717 (janvier 2012).
On peut retrouver ces textes sur le site du SNES : http://www.snes.edu/-Congres-du-SNES-Reims-2012-.html

Ø CIO-CO-psy

Parmi les points importants abordés dans la discussion, la nécessité de la défense des CO-psy fait l’unanimité. Partout, en application de la loi sur “l’orientation et la formation tout au long de la vie” (24/12/ 2009), le Service public de l’orientation (SPO) se met en place. Son but : réguler les flux de formation en vue de “l’employabilité” nécessaire au patronat et définie par les plans régionaux pour la formation professionnelle (PRDFP). Or, les syndicats – dont la FSU, le SNES – sont associés à ce dispositif, avec le patronat et les représentants de l’État, dans le cadre du Comité de Coordination Régional de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (CCREFP). Cet organisme de “dialogue social” est consulté sur différentes questions : le “plan régional de formation”, les politiques d’orientation, l’ouverture de CFA... Par sa présence, le syndicat apporte sa caution à cette politique de casse de l’Enseignement public. C’est pour cela que nous avons proposé un amendement afin que le syndicat boycotte cette instance. Refus d’UA (le SNES avait, dans un premier temps refusé de participerjusqu’à ce qu’il obtienne un siège… grâce à un accord avec la CGT !).

Au §1.2.1 du rapport, nous avons proposé d’ajouter la demande l’abrogation de la loi d’orientation et de formation tout au long de la vie, loi qui démantèle les CIO, casse le métier des CO-psy et celui des enseignants. UA a refusé cet amendement (ce qui implique que cette loi pourrait être “amendable”).

Ø Majorations de service

Il nous semble nécessaire de préciser le §1.2.3 qui rappelle “l’importance du groupe classe” par : “le SNES demande à ce que la classe, division, ou section reste la norme, ce qui n’empêche pas de travailler en groupes, TP, etc”. Il s’agit là de s’opposer à l’administration qui sous couvert de groupes impose des majorations de service. UA et EE ont refusé cet amendement.

Ø “Socle commun”, LPC

Sur le second degré, nous avons proposé que le congrès se prononce pour la suppression du “socle commun”, du LPC, des systèmes de fichage des élèves qui s’étend aujourd’hui de la maternelle à l’université (suppression de la Base Nationale des Identifiants Elèves - BNIE -). Cette année encore, des enseignants ont décidé de boycotter le LPC. C’est le cas de la majorité des collègues du collège Louis Jouvet à Villeurbanne (voir leur texte ici : http://69.emancipation.fr/spip.php?article24 ). La mobilisation de parents, d’enseignants contre le fichage des enfants a poussé un grand nombre de collectivités locales, dont la région Rhône-Alpes, à prendre position en ce sens. (Voir le texte très documenté de la mise en demeure du gouvernement lancée par le CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2012/03/09/mise-en-demeure-14-mars/ ).

UA a proposé “l’abandon de la note de vie scolaire”, des évaluations de comportement et “du recours aux livrets de compétences”. Mais, ils refusent d’exiger l’abrogation des lois qui mettent en place tous ces dispositifs. D’où la motion ci-après que nous avons présentée.

Contre le “socle commun”, l’approche par compétences et le fichage : abrogation du LPC, retrait du nouveau livret du bac, abrogation des lois et décrets !

Ø Réforme des lycées

Enfin, si UA demande d’inclure dans le texte l’abandon d’ECLAIR, nous avons constaté que l’exigence de l’abrogation de la réforme des lycées n’est pas formulée et encore moins celle de l’abrogation de la loi d’orientation pour l’école de 2005. Or, ne pas demander l’abrogation de la loi d’orientation de 2005 et de la loi de 2009 (LROFTLV) met en danger les collègues. Les chefs d’établissement leurs opposent ces lois, lesquelles ont été votées suite à la participation au “dialogue social”. De plus, cela rend la position du syndicat très inoffensive alors que le contexte, et pas seulement électoral, demande plus que jamais que le SNES soit clair dans les revendications.

Nous avons déposé des amendements pour que le syndicat se prononce pour l’abrogation de ces deux lois. En dépit de l’appel d’UA à voter contre, ils ont recueilli entre 19 et 21% des voix.

Ø AED, vie scolaire :

Nous avons demandé à ce que le congrès se prononce pour le rétablissement du statut des MI-SE (§1.2.2), remplacés aujourd’hui par les AED (et une multitude de contrats précaires). UA s’oppose à cette demande en réclamant un statut pour les AED et l’appellation “d’étudiant surveillant”, mais refuse d’exiger le rétablissement du statut des MI-SE jugé “trop vieux” sans pour autant intégrer dans le texte quoi que ce soit définissant de façon concrète le “nouveau statut” réclamé.


Statut des MI-SE : quelques rappels

Recrutés par le rectorat sur critères sociaux (et non par le chef d’établissement), ils étaient stagiaires au bout de 6 mois et bénéficiaient d’une “délégation de droit public” de 7 ans sous condition de réussite aux examens.

Leur service était de 34h hebdomadaires pour les MI, 32h pour les SE(horaire ramené à 28h forfaitairement pour tenir compte des 4 h d’activités pédagogiques. Les services étaient répartis et négociés en début d’année en relation avec les emplois-du-temps universitaires et ils bénéficiaient de 4 jours de congés pour les examens ou concours. Non annualisés, ils avaient la totalité des vacances scolaires et d’un droit à mutation.

Leurs missions statutaires : surveillance et intervention éducative, aide aux devoirs, 3h seulement d’écriture hebdomadaire (saisie d’absences…). Autres missions (sorties scolaires, surveillance des devoirs, animation du foyer et de l’internat…) sur la base du volontariat, et en échange d’une contrepartie horaire ou pécuniaire.

Leur salaire de 1345,31 euros brut (2009) était versé sur l’année entière. Rien à voir donc, avec le recrutement sur contrat, par le chef d’établissement, des AED qui pour la même paye ont un temps de travail doublé, annualisé et 5 semaines de congés payés (1607 h par an pour un temps plein réparties sur 39 à 45 semaines).

Voir ici le tableau comparatif du SNES :

http://www.clermont.snes.edu/IMG/pdf/tableau_definitif.pdf



La suite du compte-rendu sera publiée ultérieurement