Congrès SNES - Intervention Émancipation

(expression des tendances en début de congrès)
mercredi 28 mars 2012
par  HB
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Le congrès académique du SNES s’est tenu à Lyon les 6 et 7 mars 2012. Nous portons à la connaissance des collègues les amendements et les motions défendues par Émancipation, ainsi que le résumé de nos interventions.
(Ce compte-rendu sera mis progressivement en ligne)

I- Notre congrès syndical se tient alors que s’achèvent les “années Sarkozy”, un quinquennat marqué par de nombreuses et violentes attaques contre les travailleurs et leurs acquis, en particulier par la mise en place de l’autonomie des universités, l’attaque contre les retraites, la suppression massive de postes, la réforme des lycées, etc.

Ces années ont été aussi marquées par de puissantes mobilisations, dont celles contre la LRU et celle en défense des retraites. Un fait notable est que toutes ces mobilisations se sont terminées, pour l’essentiel, par des échecs.

Le syndicat doit donc s’interroger sur ce bilan d’échec. On peut certes évoquer différentes causes, dont la nature très réactionnaire du gouvernement Sarkozy. Mais on doit s’interroger sur la politique suivie par le syndicat, par le SNES et la FSU. Le syndicat a-t-il fait ce qu’il fallait pour gagner ?

On peut commencer à répondre à cette question si l’on observe les différences importantes entre ces dernières mobilisations et celle, victorieuse, contre le CPE en 2006. Ce qui avait alors permis d’imposer l’abrogation de la loi instaurant le CPE, c’était l’existence d’un seul mot d’ordre, le retrait du CPE, l’unité syndicale et politique sur ce mot d’ordre clair et enfin le refus de négocier avec le pouvoir. Même Hollande avait dû renoncer à son désir de dialoguer avec le pouvoir. On avait ainsi gagné.

À l’inverse, la politique syndicale tout au long des années Sarkozy a été marquée par le dialogue social. Le dialogue social jour après jour, du matin au soir, sur toutes les questions.

Ainsi, la mobilisation en défense des retraites a été marquée par la demande permanente d’une négociation sans aucun un mot d’ordre clair : retrait du projet et maintient des 37,5 annuités. Le PS et certains syndicats ont donc, au cours de la mobilisation, abandonné l’exigence des 37,5 annuités. D’autres demandaient le retrait de la loi… pour une autre loi. Résultat : en dépit d’une exceptionnelle mobilisation, le gouvernement a gagné.

II- Malgré cet échec cuisant, la demande insatiable de “négociation” de “concertation”, de “dialogue social” se poursuit encore aujourd’hui alors que ce gouvernement vit ses dernières heures. Ainsi, après-demain 8 mars aura lieu un Conseil Technique ministériel. Ce CTM devra discuter du projet de nouvelle évaluation des enseignants. Tout le monde rejette ce projet. La seule position logique serait donc de boycotter ce CTM et d’affirmer : retrait du projet ! Il n’y a rien à négocier !

Mais au contraire, à l’heure actuelle, la direction du SNES annonce qu’elle y participera et apporte ainsi une dernière caution à ce gouvernement moribond. À l’inverse, Émancipation affirme l’exigence du boycott.

III- Dans quelques jours aura lieu l’élection présidentielle. Pour l’immense majorité de nos collègues, l’exigence est claire : Dehors Sarkozy ! Certains, en salle des profs, comptent même les jours qui restent avant que Sarkozy ne soit chassé. Mais ce n’est pas encore gagné.

Dans cette affaire, le syndicat ne peut rester indifférent. Non seulement il doit faire sienne l’exigence de chasser Sarkozy, mais il doit être plus précis : il doit appeler à voter contre Sarkozy, Le Pen et Bayrou, qui sont les trois principaux représentants officiels de la bourgeoisie.

Et il doit se prononcer en faveur d’un vote de classe, sans pour autant choisir un candidat particulier.

Il s’agit simplement d’affirmer une position de principe, et en aucun cas de soutenir un programme particulier.

IV- L’essentiel est la question du programme, de notre programme. Chacun a d’ailleurs remarqué que les textes préparatoires à notre congrès entendent revenir sur les rapports entre syndicats et partis. Et le SNES s’est adressé aux candidats, avec des questionnaires précis qui formulent en même temps nos positions. Drôles de questionnaires. Ainsi celui sur la “gouvernance” évoque l’autonomie et demande aux candidats s’ils sont “favorables” “à un élargissementde l’autonomie”. Il n’est pas venu à l’idée de la direction du SNES de demander :“êtes vous favorable à la suppression de l’autonomie” !

Or, sur ce point, nous devons être clairs : Sarkozy considère que la LRU est un modèle, et que l’autonomie imposée à l’université devra être étendue aux collèges et lycées (et aussi au primaire). Hollande se dit favorable à l’autonomie, même s’il dit vouloir corriger la LRU. Et on attend la réponse du Front de gauche.

Mais le SNES ? Quelle est sa position ? Pour Émancipation , la seule position, c’est le refus clair et net de toute autonomie, laquelle est d’ailleurs contradictoire à la liberté pédagogique. On y reviendra dans le débat sur les textes.

Il nous faut porter une appréciation générale sur les quatre rapports préparatoires au congrès. Ces quatre textes ont un point commun, que la discussion précisera : ils sont profondément imprégnés, imbibés, d’une démarche social-démocrate, comme s’il s’agissait de préparer le “dialogue social” avec le prochain et probable gouvernement.

Or nous ne pouvons accepter que le programme du SNES soit assujetti au programme d’un candidat et d’un futur gouvernement. Certaines questions sont décisives et il n’y a pas à transiger. L’autonomie ? Nous sommes contre. Nos statuts ? Sarkozy veut les détruire, et Martine Aubry veut revenir sur les décrets de 1950. Et nous ? Le SNES va-t-il ouvrir la boite de Pandore ? Nous devons être intransigeants : pas touche aux statuts de 1950 !

Les enjeux de ce congrès sont donc importants.

V- Un dernier point, qui peut sembler particulier mais qui nous tient à cœur. Les années Sarkozy ont été marquées par une avalanche de textes et de mesures sécuritaires et liberticides. L’escalade de la violence policière est sans précédent. Or, ces 6 et 7 mars, au même moment où se tient notre congrès académique, se déroule à Nantes le procès d’un policier mis en cause pour avoir gravement blessé un lycéen qui manifestait au rectorat contre la LRU, un tir de flash-ball ayant entraîné la mutilation de ce lycéen qui a perdu l’usage d’un œil. Tous les syndicats de Loire atlantique ont adopté une position commune de soutient à Pierre, ce lycéen. Le CDFN de la FSU s’est prononcé de manière unanime dans le même sens. Nous proposons que le congrès académique qui se tient au même moment manifeste également, de manière unanime, son soutient et sa sympathie à Pierre et à sa famille.


Motion adoptée à l’unanimité du congrès académique du SNES à Lyon, le 6 mars 2012

Au moment où se tient le congrès académique de Lyon, s’ouvre à Nantes, en présence de représentants du SNES et de la FSU, le procès qui fait suite à la répression violente de la manifestation du 27 novembre 2007.

Le SNES de Lyon exprime sa solidarité à Pierre, blessé par un tir de flash-ball et à sa famille.

Le SNES de Lyon rappelle son opposition à l’utilisation d’armes létales ou mutilantes pour le maintien de l’ordre public et dénonce toute répression du mouvement social.

Pour : 65 - Contre : 0 - Abstentions : 0