Pour la levée immédiate de l’état d’urgence

dimanche 20 décembre 2015
popularité : 16%

Lors du congrès de la FSU du Rhône, les militants Émancipation sont intervenus pour que le congrès prenne position pour la levée immédiate de l’état d’urgence.

Le congrès de la FSU a adopté à la quasi unanimité une motion qui se prononce pour la levée immédiate de l’État d’urgence, contre sa reconduction et contre sa constitutionnalisation. Nous avons approuvé en particulier ces points là (nous avons demandé un vote dissocié sur l’avant dernier paragraphe).

En outre, à titre complémentaire, Émancipation a présenté la motion ci-dessous qui soulève un point rarement abordé : les réunions entre le gouvernement les syndicats et le patronat pour suivre l’application de la loi d’urgence, ce qui revient à la co-gérer. De ce fait, la direction U&A:EE a appelé à rejeter cette motion.


Le texte adopté à la quasi unanimité par le congrès FSU Rhône : http://69.emancipation.fr/IMG/pdf/15_12_16-17_motion_etat_d_urgence-et_dissocies_fsu-69.pdf

Motion Émancipation sur l’état d’urgence

Au vu des mesures liberticides contenues dans la loi instaurant l’état d’urgence, et au vu des mesures pratiques prises depuis un mois en application de cette loi et visant des personnes et des militants qui n’ont rien à voir, bien au contraire, avec quelque activité terroriste que ce soit (perquisitions brutales, en pleine nuit, de domiciles familiaux ; assignations à résidence de militants écologiques, interdictions de rassemblements en défense des réfugiés, arrestations de manifestants pacifiques, etc.),

Le congrès départemental de la FSU du Rhône demande la levée immédiate de l’état d’urgence (un simple décret suffit).

Pour les mêmes raisons, nous refusons toute « constitutionnalisation » de l’état d’urgence.

Aussitôt l’état d’urgence instauré, le gouvernement a invité les « partenaires sociaux » (c’est-à-dire les syndicats de salariés et le patronat) à participer à une commission de suivi.

Deux réunions ont déjà eu lieu (le 24 novembre et le 3 décembre) avec la participation de la totalité des organisations syndicales (dont la FSU) pour associer les organisations à la politique sécuritaire du gouvernement. Est par exemple discutée de la « question centrale de la prévention de la radicalisation » en entreprise. Une prochaine réunion est prévue en janvier.

Il y a une contradiction complète entre la défense des libertés démocratiques, individuelles et collectives, et la participation à de telles réunions. Le rôle d’un syndicat n’est pas de co-gérer la mise en œuvre de l’état d’urgence.

Le congrès demande que la FSU se retire immédiatement de la commission de suivi.

Nous souhaitons que l’unité la plus large se réalise sur ces deux exigences, au sein de la FSU d’abord, et entre toutes les organisations, syndicales en particulier.



Rappel : intervention du 23 novembre 2015 au CDFD de la FSU

http://69.emancipation.fr/spip.php?article286