Contre le “socle commun”, l’approche par compétences et le fichage : abrogation du LPC, retrait du nouveau livret du bac, abrogation des lois et décrets !

mardi 20 mars 2012
par  HB
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Le congrès académique du SNES de Lyon s’est tenu les 6 et 7 mars 2012. La tendance Émancipation a demandé à ce que le congrès se prononce pour l’abrogation du “socle commun”, du LPC, des systèmes de fichage des élèves qui s’étend aujourd’hui de la maternelle à l’université. La direction académique UA a proposé “l’abandon de la note de vie scolaire”, des évaluations de comportement et “du recours aux livrets de compétences”. Mais, elle a refusé d’exiger l’abrogation des lois qui mettent en place tous ces dispositifs. D’où la motion ci-après présentée par Émancipation, motion qui a recueilli 16% des voix.

Thème1 : motion Émancipation  :

Contre le “socle commun”, l’approche par compétenceset le fichage : abrogation du LPC, retrait du nouveau livret du bac, abrogation des lois et décrets !

La mise en place en 2010 - 2011 du Livret Personnel de Compétences (LPC) en collège s’est heurtée à l’opposition d’une majorité de collègues. Le nouveau livret du bac correspond à la même logique.

Le LPC se trouve au carrefour de plusieurs attaques fondamentales.

L’approche par “compétences” est liée à la mise en place du “socle commun” déconnecté des programmes ; ces évaluations binaires de savoirs utilitaristes et de comportements se substituent de plus en plus à l’évaluation des connaissances, des capacités de raisonnement et de la réflexion critique.

Il s’agit aussi d’une vaste opération de fichage des enfants et des jeunes jusqu’à la Terminale et même au delà. L’Identifiant National de l’Élève (INE) facilite le stockage des données personnelles et les interconnections (Base élève, Sconet, APB…). Les droits d’accès et d’opposition à ces fichiers ne sont pas assurés comme ont pu le constater les familles qui en ont fait la demande. Les prises de position du CNRBE (Collectif National pour le Retrait de Base Élèves), de collectifs locaux, de municipalités, Conseils Généraux et Conseils Régionaux se multiplient pour refuser la mise en place de ces fichiers et en exiger l’abandon.

Enfin, cette évaluation des “compétence” met en cause le droit à un enseignement gratuit conduisant à des diplômes et des qualifications reconnus à l’échelle nationale et le droit à la formation continue payée par l’employeur. En réponse aux exigences patronales, sous couvert de formation "tout au long de la vie", chaque individu devra vendre ses compétences sur le marché du travail, "investir" dans des officines privées pour en acquérir de nouvelles ou pour actualiser celles déjà acquises dans son "portefeuille" individuel.

Dans la continuité, le nouveau livret scolaire du bac fait entrer l’approche par compétences au lycée avec les mêmes procédés qu’au collège (compétences disciplinaires, comportementales, B2i). Le développement des référentiels de compétences à l’université et dans le monde du travail montre que c’est tout le système des qualifications reconnues (conventions collectives, statuts nationaux) qui est ainsi miné.

Le LPC est une pièce maitresse du système où l’élève chargé de gérer son “parcours individuel” doit se soumettre à une “orientation active” dont l’objectif est de réguler les flux de formation en vue de “l’employabilité” nécessaire au patronat. Le nouveau référentiel métier des COpsy qui impose la destruction de leur qualification, la polyvalence et la flexibilité et géographique en est une concrétisation.

Le congrès se prononce pour l’abrogation du LPC, le retrait du nouveau livret scolaire du bac et des dispositifs qui tendent à remplacer l’évaluation des connaissances conduisant à l’obtention de diplômes et de qualifications reconnues dans les conventions et statuts nationaux par l’évaluation de compétencesqui organisent l’individualisation contre les acquis collectifs.

Le congrès se prononce pour que le SNES appelle au boycott du LPC.

Il se prononce pour l’abrogation de tous les systèmes de fichage ainsi que de tous les textes qui mettent en place ces dispositifs, en premier lieu la loi d’orientation de 2005, la loi d’orientation et de formation tout au long de la vie de 2009.

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Cette année encore, des enseignants ont décidé de boycotter le LPC.

La mobilisation de parents, d’enseignants contre le fichage des enfants a poussé un grand nombre de collectivités locales, dont la région Rhône-Alpes, à prendre position en ce sens.

Voir le texte très documenté de la mise en demeure du gouvernement lancée par le CNRBE : http://retraitbaseeleves.wordpress.com/2012/03/09/mise-en-demeure-14-mars/.


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