Liberté de circulation et d’installation ! Régularisation !

lundi 21 septembre 2015
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Nous publions ci-dessous, la motion présentée par les élus courant Émancipation lors de la CA académique du SNES de Lyon, le mercredi 16 septembre 2015.



"Concernant la question des réfugiés, nous sommes sûrement d’accord sur nombre de points. Il faut ainsi indiquer que la libération, le 8 septembre, de deux jeunes sans papiers enfermés au centre de rétention administrative (CRA) durant un mois est en relation directe avec l’intervention du secrétaire académique du SNES (avec SUD-éduc et la CGT educ’action), combinée à celle des anciens professeurs de César au lycée Jacques Brel, et à la mobilisation des militants de RESF appelant au rassemblement du 9 septembre devant la préfecture.

Mais on ne peut pas en rester à une accumulation d’interventions individuelles parce que pendant qu’on arrache la libération de certains jeunes, en même temps, d’autres sont contrôlés, enfermés, expulsés.

Pour cette raison, il faut aussi mettre en cause les lois qui se sont accumulées et celles qui, actuellement, continuent à être votées afin de faciliter les contrôles, les arrestations, les expulsions ; les lois qui entravent la liberté de circuler à l’intérieur d’un pays (le nôtre en l’occurrence), à l’intérieur de l’Union Européenne, entre l’Union Européenne et le reste du monde.

La vocation de ce texte est donc de répondre à une exigence générale.

Le secrétaire académique s’est interrogé sur un point concernant les réfugiés syriens : "Cela signifie-t-il qu’il faudrait aider certains groupes, brigades qui combattent en Syrie ?".

Que le secrétaire académique soit rassuré : on ne propose pas au secrétaire de se mettre à la tête d’une brigade internationale pour aller en Syrie. Il s’agit seulement d’affirmer un soutien politique aux comités civils, au combat et à la mobilisation populaire qui s’est développé en Syrie depuis 4 ans pour en finir avec la dictature de Bachar al-Assad, pour la liberté et la démocratie. C’est non seulement la position d’Émancipation, mais aussi celle d’autres syndicats comme Solidaires."

Motion Émancipation

Liberté de circulation et d’installation ! Régularisation !

L’arrivée massive de réfugiés et la multiplication des tragédies humaines modifient la situation politique en Europe.

Pendant que nombre d’habitants des différents pays se mobilisent pour accueillir les réfugiés, les différents gouvernements se déchirent pour repousser chez le voisin une partie des réfugiés, sans compter les mesures de tri (mise en place de "hotspots" aux frontières de l’Europe, voire propositions de tri dans les pays d’origine).

Ces hommes, ces femmes abandonnent leur pays soumis au pillage des puissances capitalistes, ou à la destruction issue des interventions impérialistes (Irak, pays d’Afrique, etc.).

Quant aux réfugiés Syriens, ils fuient les bombardements quotidiens, la terreur militaire et policière organisée par le régime de Bachar, la misère croissante, auxquelles s’ajoutent les exactions de Da’ech. Ce peuple qui s’est soulevé contre quarante ans de dictature, est confronté à la barbarie du régime de Bachar alors que Bachar bénéficie de l’aide ouverte de la Russie et de l’Iran. Ce peuple a été abandonné de tous ; l’insuffisante solidarité du mouvement ouvrier pèse lourdement dans cet isolement.

Et maintenant, Hollande décide de l’engagement de l’aviation française contre Da’ech en Syrie, ce qui implique une collaboration de fait avec l’armée de Bachar qui contrôle le ciel syrien.

Quant à la prétendue solidarité du gouvernement français elle se réduit à des annonces ridiculement faibles, alors que dans le même temps, les contrôles policiers et les expulsions de sans papiers se poursuivent appuyés sur les lois Sarkozy prolongées par la nouvelle loi sur l’asile et celle sur le droit des étrangers déjà votée en première lecture.

La solidarité internationale vis-à-vis des réfugiés comme vis-à-vis de tous les étrangers implique des mesures claires :

- l’abrogation du processus de Dublin, l’abrogation de FRONTEX, de tous les textes qui limitent la libre circulation. Fermeture des Centre de rétention administrative (CRA) !

- un accueil digne de ce nom et pérenne, libre de toute surveillance : régularisation !

LIBERTÉ de CIRCULATION et d’INSTALLATION

Cela implique de dénoncer, de combattre pour l’abrogation (ou le retrait) des lois qui limitent la circulation : celles déjà votée (dont les lois Sarkozy), la loi sur l’asile votée cet été et le nouveau projet de loi sur les étrangers qui va, entre autre, accentuer les violences qui s’exercent sur les étrangers (procédures de tri, surveillance permanente, rétention, expulsion, etc), et imposer aux salariés à participer à des opérations de délation.

Ce texte a été voté par les élus Émancipation et École Émancipée (le représentant d’URIS était absent). La direction académique et les élus U&A ont voté contre.