Égypte : pour la libération des prisonniers politiques

jeudi 25 juin 2015
par  HB
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Les militants de la tendance Émancipation élus à la CA académique du SNES de Lyon sont intervenus, le 22 juin, afin que s’exprime la solidarité du syndicat avec les prisonniers politiques en Égypte.


Une répression très dure s’abat aujourd’hui sur les personnes et les militants qui se sont mobilisés en 2011 contre le régime de Moubarak et pour les revendications (« le pain, la liberté et la justice sociale »).

40 000 arrestations depuis un an (au nom d’une loi anti-manifestation ou de la lutte contre le terrorisme…).

La police anti-émeute a envahi les campus universitaires, des universitaires défendant les droits démocratiques ont été inculpés accusés de terrorisme et d’espionnage, des militants de syndicats indépendants sont arrêtés, des organes de médias indépendants ont été fermés, leur personnel accusé de terrorisme…

Les libertés démocratiques arrachées depuis la révolution du 25 janvier 2011 sont mises en cause. Ainsi, début juin, le syndicat des avocats égyptiens a organisé une grève générale pour protester contre les interventions de la police contre les avocats après l’agression par un officier de police d’un avocat à l’intérieur d’un tribunal.

En février 2014, un collectif Égypte Solidarité s’est constitué à l’initiative de personnalités universitaire, syndicales et politiques… appelant à la solidarité internationale avec les prisonniers politiques en Égypte. (voir la déclaration de fondation : http://egyptsolidarityinitiative.org/2014/02/10/founding-statement/)

Ce collectif appelle à organiser des manifestations à l’échelle internationale autour du 20-21 juin. Il s’agit d’exiger, en particulier « l’arrêt immédiat de la répression des manifestants », « la libération des prisonniers politiques », « le respect des libertés individuelles et fondamentales »…

Cela peut donner lieu à l’envoi de «  lettre collectives à l’ambassade égyptienne ». Et à l’exigence de l’arrêt de la vente d’« armes, munitions, véhicules, technologie de cyber-surveillance et autres matériels pour une utilisation contre ceux qui exercent leur droit de manifester »

Cette demande est d’une brulante actualité à l’heure où le gouvernement français apporte un soutien militaire et politique à cette dictature sanglante, en particulier par ses livraisons d’armes au régime de Sissi.

À Paris, un collectif d’organisations syndicales et politiques a décidé de diffuser un tract en « solidarité avec les prisonniers politiques égyptiens ».

Motion : Égypte : pour la libération des emprisonnés pour l’exercice des droits et libertés d’expression, de réunion

Au moment où, à l’initiative du collectif Egypt Solidarity – créé en février 2014 – est lancé un appel international à la solidarité avec les prisonniers et les prisonnières politiques réprimés par le régime du maréchal al-Sissi, la CA académique du SNES de Lyon, attachée à la défense des libertés démocratiques, à la défense de la liberté d’association (de former des syndicats et des partis), du droit de grève, s’associe à la demande de libération immédiate et inconditionnelle de ceux qui sont emprisonnés pour l’exercice des droits à la liberté d’expression et de réunion.

Alors qu’après le massacre d’août 2013, le régime de Sissi déploie tous les instruments de la contre-révolution pour réprimer dans le sang toute opposition, nous ne pouvons accepter que le gouvernement français apporte son soutien à la dictature.

En réponse à la demande du collectif Egypt Solidarity, la CA académique se prononce pour l’arrêt immédiat de la vente d’armes de la France à l’Égypte : cela vaut pour la commande récente des 24 Rafales comme pour toute « armes, munitions, véhicules, technologie de cyber-surveillance et autres matériels pour une utilisation contre ceux qui exercent leur droit de manifester » (plate forme du collectif Egypt Solidarity). Ces « aides » financières, militaires, politiques ne pouvant que renforcer la dictature pour réprimer les forces qui se sont mobilisées à partir de 2011 pour « le pain, la liberté et la justice sociale ».

Pour : 6 (2 Émancipations, 3 EE, 1 URIS)
Contre : 0
Abstention : 1 (EE)
NPPV : 22 (U&A)

Cette motion est donc adoptée.