En défense du statut ! Non à l’annualisation !

dimanche 12 février 2012
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Mardi 7 février 2012, Luc Chatel a dévoilé de nouveaux projets contre l’École et les enseignants, contre les professeurs de langues vivantes en particulier.

Premier projet : globaliser les horaires de langues vivantes en collège (un collège sur dix serait concerné dès la rentrée). Chaque collège aurait un volume horaire global pour les langues, et en disposerait à sa guise, tous niveaux et toutes langues confondues. Il n’y aurait donc plus d’horaires nationaux. (On peut imaginer de renforcer une langue à un niveau donné, ou pour certains élèves, et de quasi la liquider pour d’autres élèves ou dans certains niveaux). Gros avantage : on peut ainsi rentabiliser davantage les enseignants, et mettre les collègues en concurrence. Et les conséquences se répercuteraient sur les emplois de temps de toutes les disciplines.

Second projet complémentaire : annualiser le temps de travail des professeurs de langues, vacances incluses ! Le prétexte donné est de permettre « l’encadrement des stages pendant les vacances ». L’objectif réel est d’annualiser le temps de travail, ce qui implique de modifier le statut.

La modification du statut s’imposera alors à tous, qu’ils soient professeurs de LV ou non. Un certifié dont le statut prévoit 18 heures hebdomadaires sur 36 semaines, devra faire 648 heures de cours par an, avec des semaines variables, sur 9 mois ou dix mois ou plus... On imagine le chaos dans les emplois du temps, et le désastre pour la vie personnelle des enseignants (comment organiser la garde des enfants, ou la poursuite d’études, ou toute autre activité personnelle régulière avec des emplois du temps variables ?).

Cette flexibilité permettra de mieux rentabiliser les enseignants (quand les élèves sont en stages, par exemple, on pourra imposer aux enseignants de rattraper les cours non dispensés), ce qui permettra ensuite de supprimer de nouveaux postes.

Pourquoi cette annonce maintenant ? Chatel indique : « On portera la question devant les électeurs », et « On va réfléchir, dans le cadre du débat des élections présidentielles, sur le statut des enseignants. L’enseignement des langues est un bon exemple de ce que permettrait le changement de statut ».

Comme Sarkozy sait qu’il n’a plus rien à espérer du vote des enseignants, il va essayer de dresser les électeurs contre ces « fainéants » d’enseignants qui ne veulent pas modifier leur statut.

Quant à nous, la première revendication en ce domaine, c’est : « Pas touche au statut de 1950 ! Non à l’annualisation ! Les services doivent demeurer définis en heures de cours (avec réduction des heures dues pour charges particulières) ! »