Défendre le statut, les revendications, rompre avec le “dialogue social”

Préparationdu congrès académique des 6 et 7 mars 2012
dimanche 29 janvier 2012
par  HB
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Confrontés à des réductions massives de postes et à une avalanche d’attaques les personnels se sont largement mobilisés.

Mais, le gouvernement Sarkozy poursuit ses objectifs d’adaptation de l’école aux besoins du capitalisme français, détruisant les formations disciplinaires et professionnelles au profit des “compétences”. Émancipation considère que l’orientation de la direction syndicale a “accompagné” la politique gouvernementale au lieu de s’y opposer frontalement. La direction a privilégié la “concertation” et le “dialogue social” ; elle n’a cessé de proposer d’autres “réformes” plutôt que d’exiger le retrait pur et simple des projets gouvernementaux. Trop souvent, les demandes syndicales ont porté sur les aspects particuliers de la politique gouvernementale sans remettre en cause les lois et textes généraux qui en sont la base. Et l’action s’est donc réduite en général à des “journées d’action”.

Or, on ne peut lutter contre la mise en cause du statut, la “réforme des lycées”, le dispositif ECLAIR, contre la casse des filières technologiques, contre la mise en cause du Bac national par l’introduction du contrôle continu en LV, du BTS avec les référentiels de compétences, contre les fermetures de classes prépa,… sans exiger l’abrogation de la loi Fillon de 2005 et des lois collatérales (LRU, LMD, loi d’orientation et de formation tout au long de la vie de 2009…) qui en sont le cadre juridique. Mais ceci, la direction du syndicat s’y refuse.

Ainsi, en février 2010, la direction académique s’est limitée à demander “un moratoire” sur la réforme des STI “pour une autre réforme”, sur la mise en place de la réforme en Première (en décembre 2010), “un moratoire” sur le LPC (au lieu d’exiger le retrait du livret et de l’évaluation des compétences)… Et elle réclamait de nouvelles “négociations” pour une autre application… de ces lois au lieu de leur abrogation.

On ne peut lutter contre la précarité sans exiger le retrait du projet de loi “non titulaire” qui légalise le contrat à la place du statut, la titularisation immédiate des précaires, le rétablissement des MI-SE et le statut “d’étudiant-salarié”.

Ainsi, en janvier-mars 2009, alors que se développait la mobilisation à l’université, la direction UetA a refusé de reprendre la revendication du retrait de la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants. Elle en a demandé juste le report à 2011 et une renégociation des maquettes de master et des concours.

En septembre 2010, l’exigence du retrait pur et simple du projet de loi de casse des retraites était au cœur de la mobilisation. Pourtant, la direction académique (UetA/EE) a voté contre notre proposition : que la FSU rejette toute discussion sur les aménagements de la réforme des retraites.

Aujourd’hui, la mobilisation pour le retrait du décret sur l’entretien individuel d’évaluation montre la détermination des collègues. Ce texte concerne aussi le Premier degré. Il est l’application à l’enseignement du décret de 2010 généralisant à TOUTE la Fonction publique “l’entretien d’évaluation” afin de contraindre le personnel à “travailler autrement”… avec 80000 suppressions de postes. Or, il y a un an, UetA (et EE) ont voté contre la motion que nous présentions demandant l’abrogation du décret Fonction publique de 2010.

Ce qui est nécessaire c’est d’exiger le retrait pur et simple du décret Chatel (et non assorti de nouvelles négociations) et d’interdire sa mise en place. De même, il faut exiger le rétablissement de TOUS les postes supprimés.

Émancipation se prononce donc pour le vote contre à ce rapport d’activité. 6 janvier 2012

contact : emancipation.rhone@gmail.com -


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