Refuser le sauvetage du capitalisme, défendre les droits fondamentaux des travailleurs

lundi 28 novembre 2011
par  HB
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Nous publions ci-dessous la motion générale que la délégation Émancipation a défendue.

CDFN de la FSU, 22 – 23 novembre 2011

Motion Émancipation

Refuser le sauvetage du capitalisme, défendre les droits fondamentaux des travailleurs

Il y a urgence à armer le syndicalisme pour résister. Tout d’abord en expliquant clairement que c’est avant tout la crise du capitalisme. Mais aussi en rappelant un certain nombre de faits. Pour maintenir ses profits et ses privilèges la classe des possédants est prête à tout : désastres écologiques et nucléaires, guerres, ruine et mise sous tutelle de pays entiers… Ces prédateurs s’appuient sur la Commission européenne, les banques centrales, le FMI, les agences de notation, pour gagner sur tous les tableaux : perfusion par les États des banques privées, intérêts des dettes des États pour le privé, spéculations sur les déficits publics… Pour faciliter les pillages « légaux », ils favorisent les gouvernements d’unions nationales avec, comme en Grèce, les fascistes de triste mémoire et les banquiers prédateurs. Ces gouvernements ont la caution de l’écrasante majorité des partis représentés aux Parlements, voire des appareils syndicaux, comme en Italie.

La plupart des gouvernements de « droite », comme de « gauche » multiplient les cadeaux aux capitalistes et les plans d’austérité contre le monde du travail, et cela au plus grand profit des spéculateurs.

Le syndicalisme ne saurait donc être partie prenante de l’union sacrée pour sauver le capitalisme en perdition, qui revient à la mise en ordre de bataille de la classe dirigeante pour s’approprier l’essentiel des ressources et des richesses, dans le vain espoir de relancer ce système économique et financier en panne, mais en tout cas avec une certitude sur le prix à payer pour les humains, comme pour la planète.

L’heure n’est pas à un « audit », citoyen ou non, sur la dette, mais à son annulation. Car, quelles que soient les politiques gouvernementales mises en œuvre actuellement (politique de relance ou politique de rigueur, paiement de la dette rubis sur l’ongle ou restructuration de la dette, maintien de l’ouverture au marché mondial ou début de protectionnisme, stabilité des prix ou inflation), toutes ces politiques ne visent qu’à essayer de préserver les intérêts de la bourgeoisie, et impliquent pour les travailleurs davantage de chômage et de souffrances.

Et ces politiques s’avèrent toutes incapables de surmonter la crise parce que celle-ci est congénitale au système capitaliste lui-même.

Il convient plutôt de mettre en débat la nécessité d’en finir avec ce système capitaliste à bout de rustines et de mettre en avant des mesures immédiates en défense du monde du travail. Cela déboucherait sur un processus révolutionnaire, en lien avec ce qui se passe ailleurs dans le monde.

Or, dans cette véritable guerre de classe, le silence sur les véritables alternatives, autres que le replâtrage d’un système qui fait faillite est assourdissant. D’autant plus quand il est partagé par les directions syndicales et les partis qui se réclament du mouvement ouvrier, lesquels se situent sur le terrain de propositions alternatives pour gérer la crise du capitalisme. Ainsi au niveau européen et international la CES et CSI ont remercié Sarkozy et Merkel pour leur action. En France, « l’intersyndicale nationale » s’est prononcée unanimement pour la maitrise de la dette et du déficit public.

Pourtant la volonté d’un combat unitaire contre la politique du gouvernement s’exprime dans nombre de luttes, comme on l’a vu le 27 septembre dans l’Éducation. Dans ce contexte, les directions syndicales ont proposé une action interprofessionnelle le 11 octobre dont l’objectif était de faire pression sur le gouvernement et non de le combattre. On connait le résultat. Elles ont pris sciemment le risque d’un long tunnel électoraliste dédié aux élections professionnelles, puis politiques, et elles ont toutes tenté de sauver leurs appareils dans des élections professionnelles piégées et un dialogue social à « qui perd gagne ».

Le bilan de la faillite du dialogue social doit être tiré objectivement par les syndicats, à commencer par la FSU. Ces élections sont le résultat de l’adhésion au dialogue social orchestré par Sarkozy, dont a vu les conséquences, par exemple sur la formation et la revalorisation des enseignants. C’est l’échec sur à peu près tous les plans, sur les moyens et les droits syndicaux, en régression, mais avec des astreintes nouvelles (contrôle des finances syndicales…), sur la précarité, avec la généralisation progressive du contrat contre le statut, confortée par toutes les mesures de la période (ECLAIR, raccourcissement et régionalisation des vacances, réforme de la gouvernance et de l’évaluation sont liés…), sur la représentativité et l’accord majoritaire…Le gouvernement est dans une meilleurs situation pour faire passer ses attaques.

La FSU doit donc rompre le dialogue social.

Il y a toutes les raisons de refuser l’attentisme électoraliste ! Les réactions face au dernier projet gouvernemental sur l’évaluation des personnels montrent qu’il y a une volonté de lutter dès maintenant. Cette lutte doit s’articuler avec la mobilisation pour le retrait du plan d’austérité , contre le budget, en défense de la sécu, de la santé, des mutuelles, des minimas sociaux et des salaires, contre l’aggravation de la contre-réforme des retraites, contre l’augmentation de la TVA et le démantèlement des services publics…

Dans l’Enseignement public, le 27/09 est resté sans lendemain alors qu’il avait pourtant montré la volonté des personnels de combattre l’ensemble de la politique éducative actuelle : 14 000 nouvelles suppressions de postes, casse de la formation des enseignants, attaques contre les contenus d’enseignement (socle commun, livret de compétence, ENT, poursuite de la réforme des lycées et de leur soumission à la logique de l’entreprise, dispositif ECLAIR…), explosion de la précarité, mises en causes des statuts et des vacances d’été, management par l’évaluation soumettant la carrière à l’arbitraire du chef d’établissement, souffrance au travail, (suicide de notre collègue de Béziers). L’évaluation par les chefs d’établissement indique clairement que pour l’institution les contenus n’ont plus d’importance. La finalité de l’école étant la « pacification des sauvageons ».

L’objectif du syndicat n’est pas le sauvetage du capitalisme, mais la défense des intérêts des droits fondamentaux des travailleurs. Cela implique d’impulser la mobilisation sur les revendications :
- Défense du salaire, échelle mobile des salaires, 300 euros pour tous
- Défense de la sécurité sociale, suppression de toutes les exonérations de cotisations patronales
- Ce n’est pas aux travailleurs de payer la dette : expropriation des banques sous contrôle des travailleurs. Sur cette base, la FSU propose la mise en place de collectifs larges pour impulser la mobilisation.
- Retrait du projet gouvernemental sur l’évaluation des personnels. Cette attaque mérite une réaction immédiate.

Le projet n’est ni amendable ni négociable, c’est pourquoi la FSU appelle au boycott unitaire du CTM. La grève du 15 décembre ne saurait en rester à une journée de mobilisation sans suite. La FSU appelle à la tenue d’AG dans tous les établissements et à la grève jusqu’au retrait des projets d’arrêté et de décrets dès la rentrée de janvier. La FSU mènera campagne auprès des personnels de toutes les Fonctions Publiques, qui sont déjà soumis aux entretiens d’évaluation et en vivent quotidiennement les effets nocifs, pour inscrire cette lutte dans une mobilisation plus large.

La direction de la FSU a fait rejeter ce texte par le Conseil national


Documents joints

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