Déclaration des collègues du lycée Champollion (Grenoble) réunis en heure d’informations syndicales (27/02/14)

jeudi 27 février 2014
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Déclaration du lycée Champollion à Grenoble

à tous les collègues de tous les établissements,

à toutes les organisations syndicales (SNES-FSU, SNFOLC, CGT, Sud-Education, SGEN, UNSA, SNALC)

et à toutes les associations

Les collègues du lycée Champollion à Grenoble, syndiqués et non syndiqués, se sont réunis en heure syndicale le 27 février 2014 (35 collègues du secondaire et cpge), à l’initiative des syndicats (SNES, FO).

L’assemblée des collègues réunis refuse ce projet de décret qui détruit les statuts des enseignants actuellement définis dans les décrets de 1950 par des maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement disciplinaire, et conduit à l’abrogation des décrets de 1950. Nous nous opposons fermement à ce projet qui, en redéfinissant le statut en « missions » :
- dénature notre métier d’enseignant en introduisant une foule de missions obligatoires, conduisant à l’annualisation, par référence au « temps de travail applicable à l’ensemble de la fonction publique ».
- nie la réalité du temps de travail des enseignants (préparations, corrections), et, sous prétexte de « rendre visible le travail invisible » rend obligatoire et comptable un travail qui ne l’était pas.
- augmente considérablement le temps de présence et la charge de travail des enseignants
- conduit à des baisses de salaire (décharges supprimées, remplacées par des indemnités ou pondérations)
- institue la territorialisation de l’éducation nationale (prévue par la loi Peillon d’orientation et programmation de refondation de l’école adoptée en juillet 2013, et liée au décret sur les rythmes scolaires), en imposant des tâches découlant des projets d’établissement et décidées par le conseil d’administration. Ce projet accentuera l’évaluation locale aux examens, menant à la disparition du caractère national du baccalauréat. L’assemblée s’oppose à la régionalisation de l’école.

L’assemblée des collègues réunis a adopté les positions suivantes, toutes votées à l’unanimité.

1. L’assemblée se prononce de nouveau pour le retrait pur et simple du projet de décret Peillon sur les statuts et sans condition , et pour la défense des décrets de 1950 (qui restent une protection). Le projet Peillon est pour nous non négociable.

2. L’assemblée demande la satisfaction des revendications des enseignants : amélioration des conditions d’enseignement par la baisse des effectifs par classe et création des postes nécessaires, revalorisation des salaires par hausse du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat perdu depuis 30 ans.

3. L’assemblée demande aux directions syndicales de se prononcer clairement pour le retrait immédiat du projet de décret Peillon qui redéfinit les statuts.

4. L’assemblée demande aux directions syndicales de cesser immédiatement toutes les concertations avec le ministère sur ce projet. L’assemblée s’étonne que le ministre parle d’un « accord historique » avec les organisations syndicales sur un projet qui ferait « sauter le verrou » des décrets de 1950, pour reprendre l’expression de ceux qui se réjouissent de leur abrogation. Elle constate que les négociations et discussions n’ont fait que maintenir voire aggraver le projet, et ne sont faites que pour mieux le faire passer. Nous rappelons à nos directions syndicales qu’elles n’ont pas à cogérer la mise en place des réformes gouvernementales. Considérant que ce texte ne peut en aucun cas être une base de discussion, l’assemblée demande aux directions syndicales de ne pas participer au Conseil Technique Ministériel du 27 mars 2014 où Peillon présentera ses décrets qui annuleront les décrets de 1950.

5. L’assemblée demande aux directions syndicales académiques et nationales d’informer pleinement et très rapidement les collègues sur les dangers réels de ce projet de décret qui détruit les statuts et le métier des enseignants.

6. L’assemblée demande aux directions syndicales d’appeler à la grève nationale unitaire de tous les personnels de l’éducation nationale (primaire, secondaire, post-bac) pour imposer le retrait du projet Peillon sans condition.

7. L’assemblée décide d’informer massivement tous les collègues des autres établissements et les familles, et appelle à la mobilisation dans l’unité de toutes les catégories de personnels de l’éducation nationale (primaire, secondaire, CPGE, BTS, CPE,…) contre le projet Peillon.

8. L’assemblée lance un appel à tous les établissements pour qu’ils constituent en assemblée générale des comités de mobilisation, pour former une coordination nationale des représentants élus en assemblée générale et des représentants syndicaux mandatés, afin d’obtenir le retrait sans négociation du projet de décret sur les statuts.



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