Défense du statut : les "copier/coller" Peillon

vendredi 7 février 2014
par  HB
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Suite du compte-rendu du congrès de la FSU du Rhône du 4 février 2014

Lire le compte-rendu de la 1ère partie ICI :

Congrès FSU 69 : pour une autre orientation

http://69.emancipation.fr/spip.php?rubrique31

Intervention en défense des statuts

Aujourd’hui tout le monde sait ce qu’est un copier/coller ; pour ceux qui enseignent, leurs élèves le pratiquent au quotidien…

Pour les lois et “réformes” sur l’éducation : Darcos, Chatel, Fillon et Peillon en sont aussi un bon exemple.

Tous ces noms ne sont que des étapes d’une même politique : celle de la privatisation de l’enseignement, des retraites, de la fonction publique. Ceci par la casse des statuts, la casse de la sécu qui assure la solidarité entre les travailleurs.

Pour l’éducation, cette politique est menée aussi au Chili, au Québec, en Espagne, etc. Mais, là-bas les mobilisations sont fortes et gagnent parfois ceci grâce à un mot d’ordre clair : RETRAIT avant toute discussion. D’ailleurs en Espagne, la loi imposée il y a quelques semaines prend déjà du retard à cause des mobilisations.

Ici, toutes ces lois, décrets et circulaires qu’on nous assène le sont grâce à des concertations et autres dialogues sociaux qui riment avec plans sociaux.

Les exemples de cette casse provoquée par le dialogue social sont nombreux et, pour certains, ont été repris par des syndicats avec des vrai/faux explicites.

Je n’en donnerai que deux, presque au hasard.

Ainsi une des dernières victoires syndicale pour les enseignants serait d’avoir obligé le gouvernement à “couper” (supprimer) la référence aux 1607 heures dues pour “coller” à la place la référence au cadre de la fonction publique. Or… le décret qui régit la fonction publique annualise le temps de travail : ce sont toujours 1607 heures.

Deuxième exemple : Dans le premier degré, les professeurs d’école remplaçants ou sur plusieurs établissements devront une moyenne de 24 heures sur l’année … si ce n’est pas de l’annualisation ?!

Nous pourrions parler de la destruction du Bac via les LV, de l’ANI, de la LRU 1 et 2, des PEDT…

Nous avons tous des remontées du mal être des personnels, enseignants ou non, ils sont de plus en plus managés, tout simplement comme le prévoient les textes : les personnels des impôts, les inspecteurs du travail en grève, les infirmières…

Le problème dans l’enseignement c’est bien les statuts de 1950 que l’on présente comme imparfaits (notamment le SNES) pour en justifier la disparition au profit d’un accompagnement, aménagement des textes du gouvernement. Cette orientation d’“aménagement” des textes du gouvernement qui concernent aussi les retraites, les rythmes scolaires, bref : toute la fonction publique.

Or pour les camarades sur le terrain, les statuts sont la digue que le gouvernement veut détruire pour imposer la flexibilité, l’annualisation, la caporalisation, l’individualisation, la territorialisation… Les “missions”, les plus contraignantes possibles (rappelez-vous Ségolène Royale en 2007).

Pour finir, quelques exemples de luttes :

En France les enseignants de classes prépas ont réussi à faire reculer, pour quelque temps, le gouvernement.

En Espagne, la LOMCE (loi sur l’éducation, pour plus de privatisation) est reportée dans le secondaire ; la privatisation des hôpitaux de Madrid a été annulée entrainant démissions de responsables politiques. Les mobilisations, les marées blanches ont gagné après des mois difficiles de luttes sur un seul mot d’ordre retrait. Mais rien n’est acquis définitivement.

Ici, tant que la FSU ne coupera pas définitivement avec des concertations qui ne “collent” pas avec les revendications des personnels, tant qu’elle “collera” à l’air du temps de l’accompagnement, et bien elle ne fera pas “coller”, pardon adhérer de nouveaux militants et militantes. Car c’est bien la tendance actuelle : la baisse de la syndicalisation parce que l’orientation imposée par la direction du syndicat ne “colle” pas avec nos luttes.

Motion en défense des statuts

Attaché à la défense du cadre national de l’Enseignement public et des statuts nationaux des enseignants et personnels, le congrès de la FSU du Rhône, se prononce contre le projet Peillon de mise en cause des statuts.

La mobilisation des enseignants (CPGE, et aussi BTS, second degré) de décembre contre ce projet conjuguée à celle contre les rythmes a mis le gouvernement en difficulté : Peillon n’a pu publier, en décembre, son projet de décret. Mais il n’a pas l’intention de renoncer. D’où l’annonce, par exemple, de l’introduction d’un “grade à accès fonctionnel” (GRAF) dans l’enseignement (pour les directeurs), ce qui avec le projet de décret annualisant le service des PE remplaçants casse le statut des PE. En relançant les “concertations”, le ministre cherche à utiliser des procédés du même type pour dynamiter tous les statuts (mise en cause du principe de la séparation du grade et de l’emploi,…).

Le congrès se prononce pour le retrait total et définitif du projet Peillon sur les statuts des enseignants du Premier et du Second degrés (ainsi que du Supérieur). Et donc pour que la FSU (et ses syndicats) rompent immédiate des “concertations” sur les “métiers”/statuts.

Une telle position serait un point d’appui dans le combat contre la mise en œuvre de la loi Peillon.

Pour 8 ; Contre 26 ; Abstentions : 12 ; NPPV : 3


Suite du compte-rendu du congrès de la FSU du Rhône du 4 février 2014

Lire le compte-rendu de la 1ère partie ICI :

Congrès FSU 69 : pour une autre orientation

http://69.emancipation.fr/spip.php?rubrique31

Contre la loi sur la formation professionnelle, l’emploi et la démocratie sociale

http://69.emancipation.fr/spip.php?article124


Documents joints

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